‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 70 sur 171 · Cont. Croyî. 566. — More, j · texte numérisé non relu

Cont. Croyî. 566. — More, j

2. More affirme que lord Ri vers fut de ce noml>rc, mais ton erreur a élé suffisamment démontrée, le testament de ec seigneur étant daté du 23 juin. Turncr est porté h croire qu'aucun des seigneurs renfermés avec lord Rivera à Pontefract ne fut eiéculé avant lui. (/7i«f. of Ettft during tke middte açct, t. Ml, p. 459.)

allait hériter de ses droits au trône, et s'il survivait au jeune roi, le fruit du meurtre ne serait point reeueilli par son auteur. De vives instances furent donc faites à la reine pour qu'elle confiât son second fils à celui qui déjà tenait l'autre en son pouvoir. Une députation de lords, ayant à sa tête le cardinal archevêque de Cantorbéry, vint dans l'asile de Westminster demander le jeune prince à sa mère : la reine, jugeant avec raison toute résistance inutile, affecta de montrer une confiance et un contentement qui étaient sans doute bien loin de son cœur. Elle appela son fils , l'embrassa, le remit aux mains de l'archevêque, et se détournant, elle fondit en larmes. Le duc d'York rejoignit son frère dans la Tour. Le protecteur alors leva le masque : il déclara ses neveux illégitimes en contestant la validité du mariage d'Edouard IV avec Elisabeth Woodville,

leur mère, comme conclu au mépris d'une promesse antérieurement donnée à lady Eléonore Butler. Déjà, pour décrier les mœurs de son frère, il avait infligé une pénitence ignominieuse et publique à Jeanne Shore, l'une de ses nombreuses maîtresses; et il poussa l'infamie jusqu'à flétrir la duchesse d'York, sa propre mère, dont il se disait le seul fils légitime. Un prédicateur à sa dévotion, nommé Shaw, et le duc de Buckingham déclamèrent l'un et l'autre contre le mariage de la reine devant le peuple assemblé, et Buckingham présenta au protecteur un acte signé, disait-il, par les trois étals du royaume, et par lequel Richard, duc de Glocester, était reconnu pour le seul prince légitime de la maison d'York. Ce même jour, lord Rivers fut décapité à Pontefract. et le lendemain , 26 juin, le

Uptitemmi protecteur s'assit sur le trône royal dans le palais de pn>ciamp Westminster et fut reconnu roi sous le nom de Ri-

Ktrkanl III.

chard III. Le parlement , dans la session suivante, proclama nul le mariage d'Edouard IV el d'Elisabeth, attendu son union probable avec lady Eléonorc Butler, et, en conséquence, il prononça que Richard était le vrai et indubitable roi d'Angleterre, et que la couronne passerait , après lui , aux héritiers issus de son corps.

Nul, depuis cette époque, ne vit plus le jeune roi Edouard V ni le duc d'York, son frère, dont la destinée fut quelque temps un mystère. Le bruit de leur mort cependant ne tarda point à se répandre. On assure que, dans le mois d'août de cette même année, Brockenbury, lieutenant de la Tour où les princes étaient renfermés, permit que la garde en fut confiée, pour une nuit, à un homme infâme et perdu de dettes, Meurirc nommé sir James Tyrrel : deux scélérats, meurtriers d'EJouardT en sous ordre, Dighton et Forster, furent introduits, de wu frèw. vers minuit, dans la chambre des jeunes princes et les étouffèrent l'un et l'autre *. Les assassins et ceux qui avaient pris une part indirecte à ce meurtre abominable en furent récompensés, dit sir Thomas More,

| , Les auteur;: conlcniporains qui ont écrit l7kii(oire de cette époque sont Fabien, Haute et le continuateur de ta Chronique de Croyland : le premier rap porte succinctement que, d'après le bruit public, le roi Richard mit secrètement a mort daus la Tour les deux fils de son frère (p. 5IU). Rouse noua apprend qu'un très-petit nombre seulement connut de quelle manière ils souffrireul le martyre (p. 215). Le troisième dit que les Gis d'Edouard étaient morts, mais que nul ne sait quel genre de mort violente ils subirent (p. SCO). Le récit que nous avons donné et qui est aujourd'hui généralement adopté comme authentique est celui de sir T. More qui vécut a une époque un peu pos-

et les faveurs qu'ils obtinrent de Richard furent le signe irrécusable de leur ignominie.

Ce prince s'était fait un marchepied sanglant de tous ses adversaires, et c'est lorsqu'il paraissait n'avoir plus d'ennemis dangereux à redouter, qu'il en trouva un dans Buckingham, confident et complice de ses crimes. Il est difficile d'apprécier les motifs qui portèrent Buckingham à se séparer de Richard, mais il est certain qu'il fut l'àme d'une vaste conspiration, dont l'objet était d'établir sur le trône Henri de Hichmond, chef du parti de Lancastre, et que nous avons vu réfugié en Bretagne après la chute de sa maison.

Le jour fut pris pour une révolte générale : Henri i0«urreciion. mit à la voile à Saint- Malo avec quarante bâtiments, mais il fut longtemps retenu par les vents contraires , et lorsqu'il atteignit la côte de Devon , déjà l'entreprise avait avorté. Buckingham avait déployé son étendard à Brecon , tandis que beaucoup de nobles se déclaraient pour Henri sur d'autres points du territoire, et le proclamaient roi. Henri n'osa débarquer, et avant que ses partisans fussent parvenus à se réunir, Buckingham, abandonné de ceux qui l'avaient suivi, fut trahi et arrêté : Richard lui fit trancher la tète. Les principaux complices de Buckingham, Morton, évèque d'Ely, l'évêque d'Exeter et le marquis de Uorset, échap-

téricure, mais qui »e dil parfaitement informé. — En l'année 1674, sous t liarl*» 11. des manœuvres trouvèrent sous un escalier dans la Tour, a dix pieds de profondeur, les squelettes de deux enfants d'environ douze ci treize ans. On fut wnJuil, en considérant l'âge et le lieu, a reconnaître, dans ce» ossements, le» reste» d'Edouard V et de sou frère, et ils furent enscvclii comme Ida à Wcsl mii«*tcr.

pèrent aux recherches : ils rejoignirent Henri de Richmond sur le continent , où cinq cents exilés vinrent avec eux lui rendre hommage comme à leur souverain , et la conjuration, que Richard avait cm étouffer en frappant son principal auteur, se montra de nouveau menaçante et redoutable.

Le protecteur épouvanté essaya de se rapprocher de celle qu'il avait privée de ses amis, de son frère et de ses enfants, de la reine, veuve d'Edouard IV, d'Elisabeth Wood ville, et il se proposa comme époux à sa 011e, afin, disait-il, de fortifier leurs droits au trône en les confondant. La voix publique s'éleva contre ce projet monstrueux , que Richard abandonna : ses ennemis méditèrent alors d'unir la fille d'Edouard à Henri de Richmond, qui, poursuivi et menacé en Bretagne par les intrigues de Richard, s'était réfugié en France auprès du roi Charles VIII, successeur de Louis XI, et méditait une nouvelle entreprise en Angleterre. DéUrqnfmeiii Le l*r août de l'année ii8r», ce prince mit à là voile «le RichwêLd. à Harfleur : six jours après, il débarqua sur la côte du (i ,85) W8 (,e Galles» a Milford, avec les bannis et une troupe de deux mille hommes, rapidement grossie par la défection et la révolte. Richard , au premier bruit de rapproche de son ennemi , marcha résolument à sa rencontre, et quinze jours après le débarquement de Richmond , les deux armées se trouvèrent en présence dans le comté de Lcicester, à deux milles d<* Bosworth.

Henri avait compté sur le concours de sir William Stanley, qui commandait des forces considérables dans le voisinage : il eut avec lui et avec lord Stanley.

son frère , plusieurs conférences secrètes : mais sir William a\ ait un lils près de Richard, cl savait le roi implacable dans sa colère : il n'osa donc se prononcer ouvertement, et reculant avec son corps devant Richmond à mesure que celui-ci avançait, il se tint à distance égale des deux partis et prêt à se décider suivant l'événement !.

Richard, la veille de la bataille qui devait décider Bataille de son sort et de celui du royaume, eut une nuit eBo,wolM sans repos et des visions affreuses dans lesquelles il (U85) crut reconnaître les ombres vengeresses de toutes ses victimes 2. Il annonça que cette journée, quelle que fût son issue, serait fatale à l'Angleterre, et fit serment d'infliger un effroyable châtiment aux comtés qui s'étaient insurgés pour son rival. Stanley qu'il avait mandé n'arrivant pas, le roi commanda de trancher la tête de son fils ; mais on différa d'exécuter cet ordre, et le jeune homme fut sauvé. Malgré son trouble et sa fureur, Richard fit d'excellentes dispositions militaires, mais les principaux chefs étaient irrésolus et préoccupés de leurs propres ressentiments et de leur intérêt plus que du sien. L'action s'engagea, et comme l'aile droite de Richard fléchissait et qu'il prenait lui-même à l'écart un moment de repos, on lui amena un cheval léger à la course en l'exhortant à chercher son salut dans la fuite. Mais Richard remettant sur son front sa couronne 3 pour

1. Plusieurs auteurs mentionnent à ce sujet l'inquiclude de Henri. Voyei Turner. (Bist. of Englouti during the middte age$.)

2. On sait le parti que Shakespeare a tiré de cette tradition. ( A iao Richard III, acl. V, se. III.)

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