‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 76 sur 171 · I . T. I*', pflsjrim · texte numérisé non relu

I . T. I*', pflsjrim

i/aNGLETERRE Al XIV ET Al XV' SIÈCLES. 243

Nous avons dit lu part bienfaisante que prit le clergé à ce grand résultat dans les siècles précédente, soit en contribuant à faire disparaître toute distinction humiliante entre les Saxons et les Normands, entre le peuple conquis et le (>euple conquérant, et en favorisant partout l'affranchissement des serfs », soit enfin en favorisant de toutes ses forces l'étude du droit civil, et en formant comme un lien naturel entre l'aristocratie et la bourgeoisie, avec lesquelles il faisait cause commune pour la défense des institutions libres du pays.

Le rapprochement des ordres ou des classes fut aussi préparc, en Angleterre, par le déclin de la chevalerie qui, après avoir concouru grandement à la civilisation de L'Europe, était devenue, par sa nature même, un obstacle à ses progrès ultérieurs. D'autres causes, encore très-anciennes et très-profondes, se combinant, en Angleterre, avec là situation maritime du pays, concoururent a cette fusion désirable des diverses classes de la nation, et aucune n'y contribua plus que l'accroissement rapide des villes, en importance et en richesses, par les progrès du commerce et de l'industrie.

Pendant longtemps le commerce principal et presque unique des villes d'Angleterre, fut l'exportation de la «l

industrie.

I. Je suis porlé a croire qu'on a un peu exagéré, non le» vœux, mais le» succès du clergé au moyen âge comme étnancipateur des serfs auxquels, a-Ion dit, ses propres rangs demeuraient toujours ouverts. De grandes entraves furent apportées par les seigneurs, en Angleterre comme partout, a l'entrée de leurs serfs dans les ordres sacrés • Ce ne fut que sous flrnri IV, dit le docteur Henry, que les laboureurs et les paufres artisans obtinrent la permission d'envoyer leurs enfants h l'école, et longtemps encore après il leur fallut une permission spéciole de leur seigneur pour faire instruire leurs enfants. » (RM,

Commerce

laine brute ou manufacturée, cause première de sa richesse. La Flandre était, comme on le sait, au moyen âge, le pays le plus renommé pour la fabrication des étoffes. Les marchands y arrivaient de tous les points du monde : Bruge possédait dans son enceinte les comptoirs de dix-sept royaumes », et nous avons vu plusieurs rois d'Angleterre, empressés d'attirer les artisans flamands, faire beaucoup d'efforts pour introduire chez eux une industrie qui avait reçu, dans un état voisin, de si prodigieux développements. Des guerres perpétuelles, la difficulté des transports, la barbarie des mœurs, l'absence de garanties suffisamment efficaces pour la fortune et la vie des trafiquants, arrêta quelques temps l'essor du commerce dans tous les états du continent. Edouard III en fit, comme son |>ère Edouard II 2, l'objet de sa haute sollicitude ; il appela sur lui l'attention spéciale du parlement, et un très-grand nombre de statuts , relatifs aux intérêts commerciaux du pays , datent de son règne. Ce fut lui aussi qui, en couvrant d'une protection spéciale les ouvriers flamands qui émigraient de préférence en Angleterre, donna une si rapide et si heureuse impulsion à l'industrie anglaise, qui prit un grand essor au commencement du xv* siècle.

On vit, à cette époque, s'introduire ou plutôt se perfectionner en Angleterre, entre autres arts, celui de tisser la soie , d'imprimer sur étoffes, et de dorer les

\ . Erat uempè Flandria tolius propè orbit Habile raercatoi ibu» emplonum. Scptemdecim ragnoruni negolialorei lum Brugis tua cerla babuere domicilia ac aedea, prelcr coroplurw incognilat pene génies qua» (indique cunflurbaot.

(Meyer.)

Page 1