Elle est intitulée : Concordanct de* htitoircs
(a) C'est ainsi <j o* l'historien John Koote donnant l«t motifs de la faite de qaelqoes seignevr» •■tUis .près la mort d'Edouard IV, dit « . Qnod ipsi eomtnwiueni morte* protectoris Angli». .
l'histoire d'Angleterre depuis le milieu du xin* siècle sont donnés par les célèbres historiens français Jean Froissard, Knguerrand de Monstrelet et Philippe de Commines.
Deux Anglais seulement, savants jurisconsultes l'un et l'autre, sir Thomas Littlelon1 et sir Jean Fortescue2, se sont fait, au xve siècle, dans les lettres et dans les sciences, un grand nom qui est encore en honneur aujourd'hui.
tomidéroiioos si n0l,s considérons l'Angleterre au point de vue du in guerre I>roKr^s social accompli, durant la plus grande pardc*acusno*r* tie du xve siècle, il faudra reconnaître avec Bacon *ct résultais. qu'il y a des déserts dans le temps comme dans l'espace : mais pour l'humanité comme pour le monde physique, les tempêtes et les cataclysmes , quoique n'apportant avec eux en apparence que ravage et désolai ion, sont quelquefois nécessaires et préparent la voie pour les améliorations qui ne se produisent que dans l'avenir. La confiscation des possessions continentales du roi Jean avait eu au xnr* siècle d'heureux résultats pour le développement des richesses et des forces intérieures du royaume, il en fut de même au xve après la perte des conquêtes de Henri V et, quoiqu'à cette dernière époque le royaume de France ait été considéré par les conquérants comme une annexe ou une dépendance de la couronne
1. Il fui juge des plaids communs et auteur d'un très-savant traité »ur les lenures féodales.
2. Jean Fortescue, graud justicier a la cour du Une du roi en 1442, fartagea les malheurs de Henri VI qui le nomma chancelier d'Angleterre à une époque tu déjà il n'était plus lui-même roi que de no n. Fortescue demeura fidèle à lu reine Marguerite et vécut en France auprès d'elle et du prince Edouard son (ils dont il soignait l'éducation et pour l'instruction duquel il composa son colchre traité De lautttbu* Icgum Augliœ.
l'angleterhe al x\* siècle.
d'Angleterre, néanmoins, et par la force naturelle des choses, si un roi anglais fût parvenu à fonder une dynastie en France, l'Angleterre serait devenue, avant un siècle, à l'égard de ce royaume, une province dépendante et subordonnée, ou elle se fût ruinée en argent et en hommes pour le tenir sous le joug. La nation anglaise, lorsqu'elle eut perdu l'espoir de se créer un grand empire continental, put employer toutes ses ressources et diriger toutes ses forces dans son intérêt propre et véritable; mais en rentrant dans son île et en s'y repliant sur elle-même, la puissante aristocratie militaire s'y trouva trop à l'étroit: habituée à vivre aux dépens de l'étranger, il fallait maintenant ou qu'elle vécût aux dépens du peuple anglais en le dévorant, ou qu'elle se dévorât elle-même, comme elle fit durant vingt-cinq ans, et c'est là le sens véritable de la longue guerre des Roses pendant laquelle les maisons d'York et de Lancastre ne représentèrent aucun principe différent, soit religieux, soit politique : leur querelle laissa le gros de la nation à peu près indifférent1, donnant seulement une occasion aux factions aristocratiques de mesurer leurs forces et de se décimer en se combattant, sans autre intérêt réel que celui de la possession du pouvoir.
On a prétendu que cette fureur dont l'aristocratie fut saisie, durant un quart de siècle, n'avait été fatale qu'à elle-même, et d'excellents esprits2, s'appuyant de l'auto-
1. Les classes inférieures dans la ville de Londres el dans les roml&Toisins demeurèrent cependant plus attachées à la maison d'York qu'à celle de Lancastre.
2. Voyez a ce sujet les considérations de sir James Mac-Intoïli dans son Histoire d'Angleterre, et de sir Henri Uallam daus son Histoire de l'Europe au vwijen âge, clinp. vil.
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rité de deux hommes considérable?, Gommines el Fortescue, ont présenté l'Angleterre, au milieu du débordement de tant de passions détestables, comme un modèle aux nations étrangères pour l'ordre et la régularité avec laquelle, disent-ils, les lois y étaient obéies1. On a tiré, selon nous, de quelques traits épars dans ces auteurs , des conclusions hasardées et beaucoup trop générales. Le temps était loin où des lois respectées et des coutumes aussi respectées que les lois, devaient donner, dans la pratique habituelle , au gouvernement représentatif de l'Angleterre des bases immuables. Nous avons vu que la représentation était le plus souvent fictive el que les trois grandes forces de la nation, le trône, l'aristocratie et les communes, mal contenues l'une par l'autre, passaient fréquemment de L'impuissance à l'abus, de l'inertie à la violence extrême. Ces désordres se produisirent au XV* siècle dans une pro-
I . Scion mon avis, d'il Commines, entre louie» le* seigneuries dn monde dont j'aie connaissance, où la chose publique est mieux traitée el où règne moins de violence sur le peuple, c'est l'Angleterre, et tombent le sort el le malheur sur ceux qui font la guerre (Mémoire», I. V, ch. 19). Fcrlescue, écrivant â cette époque un traité à l'usage du fils de Henri M, lui dit : ■ Un roi d'Angleterre ne peut changer a ton gré les lois du pays, car ta nature de sou gouvernement n'est pas teulement royale, mais encore politique... Il ne peut donc introduire aucun changement dans les lois du royaume «ans le consentement des sujet», ni charger ceux-ci cootre Icor volonté d'impôts extraordinaire» ; de sorte qu'un peuple gouvemé par des lois faites avec sou consentement et son approbation, jouit tranquillement de ses propriétés, sans craindre d'en être dépouillé (De loudibus Ugvm Anglut). — Commines jugeait a distance et Tut surtout frappé de l'extermination trop réelle d'une grande partie de la noblesse anglaise sans prétendre en apprécier ou en prévoir les résultats jour le reste de la nation. Forlescue, d'autre part, écrivait un livre destiné à inspirer a son royal élève la respect de» lois el l'amour do son pays. Ce livre est un panégyrique bien plut qu'une appréciation : il énonce les principes sans examiner le» faits.
L'ANGLETERRE Al XV' SIÈCLE. 251
portion jusque-là inouïe. Tous les principes furent alors méconnus dans les faits de chaque jour, mais non pas oubliés. Les vieilles coutumes existaient dans les traditions, dans les souvenirs, et c'était beaucoup. Tout acte arbitraire était en conséquence une infraction, une violation du droit, et tout appel au passé une protestation éloquente: mais pour protester avec succès il fallait le faire avec désintéressement et courage, avec les hautes vertus morales ou religieuses qui portent l'homme à sacrifier son existence pour la chose publique, pour la justice et pour la vérité. L'Angleterre donna plus tard ce spectacle lorsqu'un nouveau souffle de vie l'eut animée et eut rendu fécondes toutes les semences glorieuses du passé. Mais, après la guerre des Roâes, la nation frappée au cœur ne retrouvait intérieurement, ni dans ses croyances politiques, ni dans sa foi religieuse, un ressort assez puissant pour suppléer aux forces qu'elle avait perdues et pour la relever en face des tyrans. L'aristocratie fut, il est vrai, presque seule d'abord, du moins en apparence, victime de ses propres excès, et l'on vit s'évanouir, par suite de l'extermination d'une si grande partie de la noblesse, cette force exubérante qui serait devenue un péril pour la nation; mais celle-ci perdit en même temps son véritable rempart contre les abus de la prérogative royale. Les classes moyennes, malgré les incontestables progrès du commerce et de l'industrie, et l'opulence de ceux qu'ils avaient enrichis étaient faibles et sans lien commun, et autant une étroite association avec l'aristocratie avait été jadis avantageuse à ces elasses et devait, dans la suite, leur profiter encore, autant elle leur eut été funeste au milieu des con-
\ irisions périodiques d'une guerre dont l'issue était sans aucune importance pour elles ou pour les destinées générales du pays. Dans ces tristes et interminables querelles que personnifie à nos yeux le grand comte de Warwick, changeant de parti comme de bannière, selon le caprice ou la passion du moment, aucun grand but invariable, aucun mobile généreux, ni la loyauté héréditaire, ni l'amour des libertés'Jraditionnelles n'invitaient au dévouement et au sacrifice et n'élevaient les âmes au-dessus des nécessités journalières ou des étroits calculs de 1 egoïsme et de la vengeance. La porlion de l'aristocratie qui avait échappé aux champs de bataille et aux échafauds, subit les conséquences fatales de cet état de choses et perdit son caractère en s'habituant à combattre, non pour des principes généraux, mais pour des intérêts mesquins et privés, et en substituant d'étroites questions de personnes à la grande cause nationale pour laquelle autrefois son sang avait coulé. Cette vaillante noblesse s'affaissa ainsi, pour un temps, sur elle-même et perdit toute dignité morale. Epuisée d'âme plus que de sang après une si longue série de guerres individuelles et effroyables, partagée tout entière entre la crainte de perdre et la soif d'acquérir, elle borna toute son ambition à la jouissance des biens matériels dont elle savait la possession si précaire, prête pour se l'assurer à accepter un maître quel qu'il fût, et à ramper à ses pieds.
Le découragement s'emparait des meilleurs lorsqu'ils voyaient les institutions même établies comme des garanties de liberté, le parlement et le jury, changées en instruments de servitude; l'espérance comme l'honneur
i. anglkterre ai X\r SIÈCLE. 2*i.'<
ne savaient plus où s'attacher; la conscience était muette ou avilie parles appels que les partis vainqueurs lui adressaient tour à tour, et les serments multipliaient les parjures. Le sens moral s'éteignait, et les hommes qui, revêtus d'un caractère sacré, auraient dû en être les interprètes ou les guides, étaient eux-mêmes sans considération et sans influence. Les désordres du clergé, dont tous les écrivains catholiques font mention, vers la fin du xve siècle, et qui furent une des principales causes des rapides progrès de la Réforme, étaient aussi grands en Angleterre que sur le continent1, et la loi morale en reçut comme la foi des peuples une atteinte profonde. Pour toutes ces causes, la nation tomba dans un avilissement presque sans exemple ; il s'y rencontra tout à la fois un clergé sans mœurs, une aristocratie mutilée et sans vertu héréditaire, des classes moyennes faibles, sans union comme sans esprit public; partout l'impuissance et partout I egoïsme substitués aux nobles inspirations de la foi, du patriotisme et de l'honneur : l'heure des tyrans était venue : on a vu Richard 111, Henri VIII n'est pas loin.
I. Voyez, entre »ulrcs, le coinpte-rcnJu Je» j*rii'f* eiprimt's Jans le concilr •**eml»lé à Sainl-Paul Je l.oudrc» le 13 février 1485. (W ilk., Concit. , t. m.l