‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 88 sur 171 · I. Hume. Hisl. d'Angl., léfliio Je Henri Ml · texte numérisé non relu

I. Hume. Hisl. d'Angl., léfliio Je Henri Ml

politiques, fut moins sans doute le produit de leur sagesse que de leur lassitude ou de leur effroi.

Une institution fameuse, celle de la Chambre étoilée, C«"!îéT dont l'autorité ne reposait primitivement que sur la coutume, reçut sous ce règne la sanction du parlement. Le premier objet de celte cour parait avoir été la suppression des associations illégales, dangereuses pour la tranquillité publique, et elle n'eut point alors dans ses attributions la poursuite de la plupart des délits politiques : formée de cinq conseillers révocables à volonté, arbitre des sentences des jurés qu'elle cassait à volonté, elle s'affranchit avec le temps du joug des lois, elle de - \ int, sous le nom de Chambre ardente, l'instrument principal de la tyrannie des Tudors, et si enfin la constitution ne l'eût renversée, elle aurait renversé la constitution *■

Voyif,r*

Ce fut pendant ce règne que le génois Christophe de Colomb Colomb découvrit le monde occidental, et la fortune priva Henri VU d'une grande part dans la gloire de cette entreprise. Instruit des projets de Colomb par son frère Barthélémy, il l'avait invité à se rendre auprès de lui. Barthélémy, chargé de cette mission, fut pris par des pirates; et dans l'intervalle, jusqu'à son retour. Colomb, ayant obtenu l'appui d'Isabelle de Castille, équipa une flottilleet exécuta son entreprise. Henri, à cette nouvelle, envoya Sébastien Cabot, vénitien, établi à Bristol, à la recherche d'autres terres : Cabot découvrit Terre-Neuve, et l'on ne sait si c'est à lui ou au florentin Améric Vespuce qu'appartient l'honneur d'avoir le premier découvert la

i. HalUm, ffMf.coMfif.f4yf., c. vu.

Découverte du

Auim terre ferme tlu nouveau continent. Vers le même temps. déMwrin. lc portugais Vasco de Gama doubla le cap de Bonne- Espérance et ouvrit un nouveau passage aux Indes- Orientales. Ces grands événements eurent les conséquences les plus importantes pour toutes les nations de l'Europe : partout l'impulsion qu'ils donnèrent au commerce et à la navigation se communiqua à l'industrie et aux arts : les classes moyennes ou bourgeoises se créèrent des richesses d'une nature nouvelle qui les aidèrent à conquérir une part dans la possession du sol. L'importance de la propriété mobilière s'accrut ainsi rapidement, et arriva par degrés à balancer celle de la propriété foncière, sur laquelle le système féodal avait assis la société au moyen âge.

Beaucoup de changements s'introduisirent à cette époque dans le monde à la suite d'autres grandes découvertes. L'usage de la poudre à canon, devenu général au xv* siècle, priva la noblesse de l'immense supériorité que lui donnaient, dans les combats, les armes usitées jusqu'alors. Elle perdit de son importance politique , et ses forces militaires, irrégulièrement convoquées et tenues passagèrement sous les drapeaux, firent place aux armées permanentes, dont l'influence fut si considérable sur les destinées de la société européenne. Ces grands • changements furent accompagnés d'une révolution plus profonde : celle-ci , puissamment aidée par la découverte de L'imprimerie, fut la réforme religieuse ; elle s'annonça eu Allemagne dans la première partie du xvr siècle, et elle changea la face de l'Europe.

IIKNRI VIII

Première partie du règne de Henri VIII, jusqu'à la mort du cardinal Wolsey.

Henri VIII monta sur le trône le 20 avril 150U : il avait Avén«mcnt alors dix-huit ans; et six semaines environ après la mort Henri'vm. de son père, il accomplit son mariage avec la veuve de son frère Arthur, Catherine d'Aragon, à laquelle il avait été longtemps fiancé. Il réunissait en sa personne les droits des deux maisons d'York et de Lancastre, et il eut ce remarquable avantage sur les rois ses prédécesseurs, qu'il fut le premier, depuis un siècle, dont les titres à la couronne n'eussent point été contestés. Il donna des espérances aux gens de bien dans les premières années de son règne, et rien ne fit pressentir alors les horreurs qui en marquèrent la suite : on en peut juger par le portrait remarquable qu'a tracé du prince un ministre de Venise à Londres, lorsque Henri avait à peine vingt-neuf ans. « Ce monarque, dit-il, est parfaitement bien fait, et fort au-dessus, à cet égard, de tout autre prince chrétien... Il est excellent musicien et compositeur, cavalier et lutteur admirable, et il connaît assez bien les langues latine, française et espagnole. Les jours où il va à la chasse il entend trois messes; les autres jours il en entend jusqu a cinq Il est extraordinairement passionné pour l'exercice de la chasse, et ne s'y livre jamais sans fatiguer huit ou dix chevaux. Affable et débonnaire, il n offense personne. 11 dit souvent : « .le voudrais que chacun pût se contenter de sa condition :

284 LIVRK IV. CHAPITKK 1.

nous nous contentons de nos îles.» Il possède de grandes richesses, et désire beaucoup maintenir la paix1. » Toutefois, les observateurs attentifs découvraient déjà, dans son caraclère , les germes d'un orgueil excessif, d'un effrayant égoïsme , et de cette opiniâtreté singulière (]ui a fait dire de lui : « Plutôt que de renoncer à la moindre partie de ce qu'il désire , il mettra la moitié de son royaume en danger : prenez donc bien garde à ce que vous lui mettrez dans l'esprit, car rien ne l'en pourra faire sortir8. » Henri était destiné à faire connaître à quel degré dans le crime peut descendre un homme, doué d'ailleurs des dons de l'intelligence et de qualités brillantes, lorsqu'il a secoué tous les freins et n'écoute plus d'autre loi que le caprice ou la passion. Affiirc» Les guerres d'Italie occupaient l'Europe à l'avènement de Henri VIII; elles étaient le premier grand événement auquel tous les chrétiens eussent pris part depuis les croisades. Louis XII régnait en France : il s'était laissé éblouir, comme son prédécesseur Charles VIII, par l'espoir de conquérir une part de l'Italie, qu'on appelait alors : « le tombeau des Français; » et afin que ses prétentions à cet égard ne fussent ignorées de personne, il avait pris, en montant sur le trône, les titres de roi de France, de Jérusalem, des Deux-Siciles et de duc de Milan. H était entré, contre Venise, avec l'empereur Maximilien et te roi d'Espagne, dans la ligue

Ligue

JcCimir.i. de Cambrai, formée par le pape Jules II, pontife ambi-

du continent, guéries dli.lie.

tieux, aussi guerrier que politique, et jaloux de l'agran-

4. Voyei Mic-Inlosh, règne de Henri VIII. 2. Vie de WoUey, par Cavendisli.

dissement et de l'opulence toujours croissante de la république vénitienne. La guerre fut d'abord désastreuse pour Venise, qui perditet abandonna aux vainqueurs toutes ses possessions continentales : mais le partage de ses riebes dépouilles excita entre eux des ressentiments qui tirent naître une guerre nouvelle dans laquelle le pape s'allia cette fois aux Vénitiens, avec les Suisses et avec Ferdinand le Catbolique, roi d'Aragon, contre Louis XII : Ligue sainte cette nouvelle ligue reçut le nom de Sainte-Alliance, et i/LnV elle eut pour résultat de faire recouvrer à Venise près- A,,,inceque tout son territoire. De ce moment néanmoins sa grandeur déchut; une défense aussi coûteuse que difficile avait épuisé son trésor et l'ouverture du commerce de l'Europe avec l'Inde, par le cap de Bonne-Espérance, fit tarir les sources qui l'alimentaient.

Les maisons de France et d'Aragon se disputaient toujours la Sicile, et les projets d'agrandissement de Louis XII, en Italie, excitant les craintes ou la jalousie de Henri VIII. disposèrent ce prince à entrer dans la ligue sainte, à la sollicitation du pape Jules IL Une armée anglaise, sous les ordres du marquis de Dorset, aborda en Biscaye, afin de marcher, de concert avec le roi d'Aragon, à la conquête de la Gascogne, ancienne dépendance de la couronne d'Angleterre. Mais avant de franchir les Pyrénées, Ferdinand occupa les forces opération, espagnoles et anglaises à conquérir le royaume de Na- Es^°8ne varre, dont le souverain, Jean d'Albret, s'était allié à Louis XIJ, et l'armée anglaise, en proie aux maladies, suites de son intempérance, et à l'insubordination, força ses chefs à la ramener en Angleterre, avant d'avoir même touché le sol qu'elle avait pour mission de conquérir.

28t> 1.1V RR IV. CHAPITRE I.

Henri VU! fut plus heureux contre la France, sur lu frontière du nord : il était entré en 1313, avec l'em- L gué pereur Maximilicn, le roi d'Aragon et le pape Léon X, de Malincs. sl,CCCSseur (je juies q ? (jans une nouvelle alliance qui (1513) fut appelée ligue de Malines, et il gagna en Artois, la bataille de Guinegate, connue dans l'histoire sous le nom de Journée des Éperons, à cause de la déroute complète Défaite de ^a gendarmerie française, vers le même temps où la in Français pCrte |a bataille de Navarre, gagnée par les Suisses, ouincgaie. achevait d'enlever l'Italie à la France. (i5<3) Louis XII n'avait alors pour alliés, en Europe, que les Vénitiens et les Ecossais. Ceux-ci firent une irruption en Angleterre, tandis qu'une grande partie des forces anglaises étaient engagées sur le continent; mais celte tentative fut désastreuse pour l'Ecosse. Le comte de Surrey, r>éM»irc général en chef de l'armée de Henri VIII, sur la fronr"8 S tière du nord, livra bataille aux Ecossais, à Flodden- Hoddeoficid. ficld> le 7 septembre de l'année 1513, et les défit avec

(•&I3) un affreux carnage. Le roi d'Ecosse, Jacques IV, y périt 1 avec son fils Alexandre Stuart, primat du royaume; douze comtes, treize lords, et quatre cents chevaliers et gentilshommes demeurèrent sur le champ de bataille dans cette sanglante journée qui ébranla pour longtemps la puissance de l'Ecosse. Louis XII signa, l'année suivante, une trêve avec toutes les puissances liguées contre lui, et bientôf après, veuf d'Anne de Bretagne, il épousa Marie Tudor, fille de Henri VII, et sœur de Henri VIII, l une des beautés les plus remarquables de

4. Sa veuve, Marguerite Tudor, épousa le comte d'Angus, chef d« la mai»c>n «le Douglas, cl >. s pctits-cnfants, nés de pères différent*, Marie Stuart et lord Darnlv, contractèrent dans la suite une union fatale.

la cour d'Angleterre. Ce mariage hâta la signature de la paix entre les deux couronnes, et le monarque français expira peu de mois après l'avoir conclue. Le règne de Henri VIII est beaucoup moins remar-

polihi]iie.

quable par les actes de ce prince au dehors que par les ebatiment de événements intérieurs politiques et religieux : lechafaud et d'Emploi., qui devait être rougi par lui, de tant de sang, vit couler, dans la première année de son règne, celui de deux ministres de son père, Dudley et Empson, instruments de ses exactions les plus odieuses, et qui, dignes de châtiment pour leurs concussions et leur tyrannie furent condamnés par le parlement sous d'autres prétextes et pour des crimes imaginaires. Quelques autres ministres de Henri VII avaient d'abord été laissés par son fils, à la tète des affaires, mais déjà un prêtre ambitieux et habile, Thomas Wolsey, s'était élevé dans la confiance de Henri VIII, et bientôt il la posséda tout entière.

Wolsey possédait mieux que tout autre le grand Elévation

.1 • • i • • • • i de Thomas

secret des ministres courtisans et qui consiste, sur- vvoWev.

tout avec un prince voluptueux, ambitieux et actif, à

mêler habilement les plaisirs aux affaires : il persuada

au roi qu'un homme nouveau, qui lui serait redevable

de toute sa fortune, était indispensable à la tête de YÈ-

tat : il réussit à écarter ainsi les anciens conseillers qui

le dirigeaient encore, il fut choisi lui-même pour chef

de l'administration intérieure et extérieure, et initia

le roi, sans fatigue, à la science du gouvernement. La

rapidité de son élévation fut presque sans exemple :

I. Leurs collègues n'oscrent les traduire en jugement pour des actes dont ils avaient eus-memes 614 complices.

évéque de Lincoln, puis archevêque d'York, en 15U. cardinal en 1515, et chancelier la même année, il fut nommé quatre ans plus tard légat du pape avec un pouvoir sans limites, tandis que d'autre part toute la puissance temporelle du monarque était comme en dépôt dans ses mains. Parvenu à ce faîte, il donna carrière à son goût pour le luxe et la magnificence : il était, dit Hume, plus avide encore de gloire que de puissance, et quoique instruit et très-capable, son habileté était inférieure à son ambition : libéral et magnifique, il favorisa les arts et les sciences et encouragea surtout l'érudition de son siècle. La fortune cependant développa son orgueil comme ses talents; hautain avec les étrangers et dur aux malheureux, il opprima le peuple et fut un des instruments de la politique absolue, particulière aux princes de la maison de Tudor : l'insolence enfin qu'il déploya, à ce faîte où la fortune l'avait porte, jetait chacun dans une tentation violente de lui rappeler la bassesse de la condition d'où il était sorti ». Wolsey avait sans cesse besoin d'or pour alimenter son faste; les princes du continent savaient l'art de le rendre docile, et parmi eux, le jeune Charles d'Autriche surtout réussit à se rendre Henri VIII favorable en gagnant son ministre.

Ce prince, connu plus tard sous le nom de Charles V, commençait à se produire sur la scène du monde; fils de Jeanne la Folle, fille et héritière de Ferdinand le Catholique, il possédait du chef de sa mère l'Aragon, la Castille, le royaume de Naples et les possessions espa-

i. WoUey, dil-on. élait fils d'un bouclier d'Ip**ich. Quelque auteur» «ni rnntrtlé et fait, d'aillcur» mm importance pour II mémoire.

HENRI Mil. 28»

gnoles d'Amérique; il hérita par Philippe le Beau, son père, des Pays-Bas, el enfin, l'empereur Maximilien, mort en 1516, lui ayant laissé son duché héréditaire d'Autriche, Charles, avant vingt ans, se vit le monarque le plus redoutahle de l'Europe. François Ier, successeur de Ri»»i»i«»

île

Louis XII sur le trône de France, était seul capable, par François I** la situation géographique de ses états et par leur masse cbiHcVouini. compacte plus que par leur étendue, de balancer la puissance colossale de Charles d'Autriche, et il le fit souvent avec plus d'audace que de prudence et de bonheur. Leur longue et sanglante rivalité occupa une grande partie du xvr siècle et la mort de l'empereur Maximilien lit éclater entre les deux monarques les premiers symptômes de la lutte qui ne de\ait finir qu'avec leur vie. Tous deux prétendirent à l'empire; mais l'Allemagne, menacée par les Turcs, avait besoin d'un empereur dont les états servissent de barrière à l'invasion musulmane; et l'électeur de Saxe , Frédéric le Sage, ayant refusé la couronne impériale, la fit donner à Charles, qui dès lors devint célèbre sous le nom de Charles Quint. François Ier, blessé au cœur dans son ambition, redemanda Naples, enlevé par Ferdinand le Catholique à Louis XII, et somma le nouvel empereur de lui rendre hommage pour le comté de Flandre, tandis que Charles Quint réclamait Milan comme fief impérial masculin et le duché de Bourgogne comme héritage de son aïeule Marie, fille de Charles le Téméraire. Les souverains rivaux recherchèrent l'un et Enirc»»e l'autre l'appui de Henri VIII, qui eut avec François I- ,lc ,,e;;rjcx,n à Guines, près de Calais , une entrevue célèbre par la

au champ

magnificence qu'on y déploya, et qui fit donner au du Drap dV.

lieu des conférences le nom de champ du drap d'or. (i52o) II. 19

290 LIVRE IV. CHAPITRE f

Après trois semaines de réjouissances et de fêtes splcndides, les deux rois signèrent un traité d'alliance qui devint illusoire, Charles Quint ayant visité lui-même auparavant Henri VIII, et déjà séduit le cardinal Wolsey par ses largesses. Tant d'empressement de la part des deux plus puissants monarques de l'Europe pour gagner Henri à leur cause, lui lit adopter cette devisé superbe : Qui je défends est nmitre.

Les premières années du ministère de Wolsey avaient été marquées à Londres par un soulèvement des ouvriers anglais contre des étrangers qui, par leur industrie et leur travail, leur faisaient une concurrence redoutable. Excités par le prédicateur Bell , ils prirent pour chef un homme obscur nommé Lincoln , tuèrent quelques étrangers , et incendièrent les maisons des autres. Wolsey réprima ces excès, et les punit par de rigoureux supplices. Le sang, versé dans cette circonstance, n'est point une tache pour sa mémoire : il eut a rendre un compte plus sévère pour sa conduite envers son ennemi personnel, Edouard Strafïbrd, duc de Buckingham, connétable d'Angleterre et descendant d'Edouard III. U lui intenta, sans motifs légitimes, une accusation de trahison et le traduisit, pour fait de nécromancie et de consultation téméraire touchant la vie du ^,521) roi, devant un tribunal composé de pairs, la plupart ses créatures ou ses flatteurs. Buckingham, coupable d'indiscrétion seulement, fut condamné à la mort des traîtres. Le duc de Norfolk, qu'on retrouve dans presque, tous les procès criminels de ce règne, avait été nommé pour présider au jugement de l'accusé dont la tille avait épousé son fils; il répandit des larmes, selon sa cou-

cl circulio»

«le

Buckinfihain.

UEMII VIII. 391

tume, en prononçant la sentence: « Puisse le Dieu éternel, répondit Buckingham , vous pardonner ma mort comme je vous la pardonne. » Il fut décapite le 17 mai 1521, et la multitude, témoin de son supplice, exhala par l'injure son indignation et sa haine pour Wolsey, à qui elle l'imputa1.

Sa puissance grandit encore et demeura longtemps entière et sans contrôle. Les anciennes institutions étaient en oubli ou sans force, et durant sept années, de 1519 à 1553, aucun parlement ne fut convoqué. Le roi et son ministre avaient recours aux dons gratuits et aux emprunts, expédients insuffisants ou dangereux, et qui produisirent plus d'irritation que d'argent. Enfin, en 15Î3, un parlement fut réuni, et le gouvernement ayant demandé un subside plus considérable qu'aucun de ceux qui eussent encore été votés, une vive opposition se manifesta dans les communes. Wolsey tenta de la surmonter en se rendant lui-même au sein de cette chambre, dans tout l'appaml de la puissance dont il était revêtu, et s'étant plaint du profond silence avec lequel on l'avait accueilli, l'orateur des communes, quoique favorable à la demande de la cour, répliqua qu'en vertu des anciennes franchises de la chambre , elle n'était tenue à faire aucune réponse, et qu'il ne lui était pas permis à lui-même de répondre sans que la chambre l'y autorisât. Cet orateur était le célèbre Thomas More, qui fut depuis chancelier et qui périt martyr pour sa foi.

Mais Henri nes'arrêtait point aux obstacles: il fit venir

A. Le docteur Lingird a eatayé de diiculper Wolsey de toute participation a la mari de Buckinp.liam.

K„or„i«ns en sa présence lord Montagne, l'un des principaux oppodcHouriviu. te et appuyant la main sur sa tête, tandis que Mon-

Tnr« ' I I J i l A

h subside». tagUP se tenait le genou en terre devant lui : « Ayez soin, lui dit-il, que demain mon bill passe, autrement demain votre tète tombera.» Le bill passa le jour suivant, quoique modifié par la chambre. Le subside accordé était payable en quatre années seulement; Henri l'exigea et le fit acquitter dans le cours de la même année. Le roi arracha en même temps de l'assemblée des membres du clergé la moitié de leur revenu annuel. Deux ans plus tard, il tenta de lever une taxe énorme, équivalente à la sixième partie des biens de chacun *, sans l'assentiment ou le concours d'un parlement. Wolsev, informé à cette occasion de l'agitation populaire, convoqua le lord maire et les principaux citoyens de Londres et leur dit qu'il invitait le peuple à payer ou qu'il eu coûterait quelques têtes. Mais le soulèvement causé par cette taxe ayant pris des proportions formidables, le roi écouta la prudence et retira sa demande *.

Cependant aucun but ne semblait trop ê\e\è pour l'ambition de Wolsey, soit dans l'Église, soit dans l'Etat : déjà, une première fois, en 1520, à la mort du pape

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