‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculésChapitre 27 sur 145 · LlVIUi VI. CIIAPITBB I · texte numérisé non relu

LlVIUi VI. CIIAPITBB I

Acquiifcn.cni tirent (léfaul a lu barre, et S o m ers fut acquitté, l'eu Je inin^iu mm jours après, les lords prononcèrent également l'acquittement des autres pairs accusés, Orford, Portland et Halifax, contre lesquels l'autre chambre n'avait produit aucun chef sérieux d'accusation, condu.ic f«c- Les communes se répandirent alors en plaintes vioàm wSin- lentes et en cris factieux, menaçant, au milieu des périls de la situation, de refuser les subsides et rendant les pairs responsables du résultat. Mais déjà l'opinion les avait abandonnées : on s'indignait de l'indifférence des communes d'Angleterre au milieu de la crise européenne, en présence du nouvel agrandissement de la famille de Louis XIV, du triomphe de la politique française, de l'avortement de tous les efforts de l'Europe dans une guerre sanglante de neuf années, et de la violation flagrante du traité de Hyswick par l'invasion des forteresses de la Flandre. Les torys maintenant n'étaient plus dans l'opposition : ils formaient la majorité dans les communes comme dans les conseils de la couronne; ils étaient responsables aux yeux de la nation des maux publics, et déjà dans plusieurs adresses et dans des écrits nombreux, la conduite des communes fut l'objet d'une amère censure et des plus violentes attaques. L'un des écrivains les plus renommés de l'Angleterre. Jonathan Swift, débuta à cette époque dans les rangs du parti whig, et fut au nombre des défenseurs des pairs récemment accusés : il avait eu recours à une ingénieuse fiction pour dénoncer la chambre des communes au pays. Beaucoup d'autres l'attaquèrent ouvertement : dans une énergique remontrance des hommes notables du comté de Kent aux communes, celles-ci étaient imitées a entendre la \oix du

GIILLAI.VK III. 135

|ieuple, et ù s'unir au roi pour la cause de la religion et Adresse du pays. Elle fut présentée par plusieurs personnes d'un 0u,ab|c,e']eKc„t nmg élevé que les communes firent arrêter et jeter en

aux

commîmes.

prison, traitant leur adresse d'insolente, de séditieuse et d'attentatoire aux droits et privilèges du parlement. Celle conduite de la chambre souleva l'opinion, on réclama, dans une multitude d'écrits et de pamphlets, on revendiqua le droit sacré de pétition. Un mémoire fameux, rédigé par le célèbre de Foë 1 et signé Légion, fut publié au nom de plusieurs comtés et répandu dans tous. On s'y élevait avec force contre le refus des communes de recevoir les adresses ou requêtes qui leur étaient présentées |>ar le peuple de qui elles tenaient leur mandat : on protestait contre le droit qu'elles s'arrogeaient d'ein prison ner leurs auteurs, ou quelque personne que ce fût à l'exception de leurs propres membres. Les Anglais, y était-il dit, n'étaient pas plus les esclaves des parlements que des rois. Les communes enfin étaient désignées, de toute part, comme complices de la France, comme insou liantes de l'honneur national, comme ennemies du roi Guillaume et du pays, lorsque Louis XIV lui-même ajouta |>ar une des plus grandes fautes de son règne à la force de ce torrent déjà si impétueux et le rendit irrésistible. Jacques 11 venait de mourir à Saint Germain J, il avait Morl

de Jacques II.

achevé, non sans fruit pour lui-même, au milieu des mortiûcations et des pratiques d'une piété exaltée, une

I.Dc Foi, qui ue fui longtemps connu hors de son pa\s que par son roman Je hûbiiuon. Cr»$oé, fui aussi l'écmaiu poliliquo le plus fécond el l'un des ploi estimables qu'ait possèdes l'Angleterre.

i. Jacques U mourut eu pardouuanl a tes ennemis , cl en particulier au atiaa <i'Orauge et a la princesse Anne sa fille. Il avait coutume de dire qu'il *<rnuii nbligC au ptinec d'Orang.* qu'a L ut le monde ensoml ! -, par e

*3fi

vie qui, dans un rang secondaire, aurait pu èlre plus glorieuse, plus utile et moins éprouvée. Louis XIV céda, en la présence du roi mourant et de sa famille eplorée, à un entraînement téméraire : |K?rdant la méu moire de ses propres engagements à l'égard de Guilprince d« elle», laume III à Kyswick, comme des périls où le jetait «si reeonou roi l'acceptation récente du testament de Charles 11, il re-

Louis xiv. connut le prince de Galles pour héritier des droits de

1701 son père et proclama Jacques III roi de la Grande-Bre-

soulèYemeni ta^ne et dc l'Irlande. La fermentation des esprits était

., dc déjà fort grande en Angleterre : mais à cette non

rupinioD

f. velle infraction des traités, la colère déborda : le peuple entier ressentit comme son injure l'insulte faite au

qu'en lui enlèvent trois couronnes il l'avait mis en situation d'en conserver une infiniment plus précieuse. Il ne se trompait pas lorsqu'il attribuait à ses malheurs le grand progrès moral qui fut très-manifeste en lui dans les dernières années de sa vie , et co prince est un des eiemples les plus signalés qu'offre l'histoire, de l'utilité des plus dures épreuve» daus le cbemiu de U verts. On cite de lui, durant son exil, beaucoup de peroles et de faits cntprciuis d'un sentiment doux et noble, épur.-s par une foi fervente, par uue humilité parfaite et par une résignation toute chrétienne : on voit éclater le triomphe de ces hautes vertus sur un caractère naturellement orgueilleux , peu sensible et dur jusqu'à la cruauté. Burnet lui-même, maigre son xele trop exclusivement protestant, rend quelquefois ju si ice a ce prince malheureux, qui fut, dit-il, l'esclave et le martyr de ses confesseurs, et qui joignait des vertus solide* aux pratiques souvent puériles d'une piélé plus fervente qu'éclairée. Le continuateur de Rapin Tboiras a dit avec raison de Jacques II, que la plupart de ses qualités devinrent des défauts lorsqu'il monla sur le Irônc, cl qu'il aurait pu néanmoins l'occuper longtemps avec honneur et tranquillité s'il avait eu l'esprit aussi droit que le cœur cl autant de jugement et de pénétration que de probité (liv. \\\ On trouve à la suite de ce livre, et recueillis par le même auteur, des détails plein d'intérêt sur la fin de la vie du roi. Dalrymple, dans ses Mémoires, a aussi rappoité quelques intéressantes particularités, et la meilleure partie dc l'ouvrage publiée sous le titre de Mémoires de Jacques U est la dernière, ou l'historien de sa vie semble nous avoir transmis on récit fidèle dc sa fin édifiante.

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souverain de son choix : une com motion électrique secoua le pays d'une mer à l'antre : whigs et torys s'unirent par un sentiment commun de patriotisme et de fierté blessée, et de toutes parts, de chaque comté, de chaque ville comme des plus petits bourgs, arrivèrent au roi des adresses, des offres de services, des protestations de dévouement et de fidélité mêlées à des vœux de guerre et de vengeance.

L'heure était venue pour Guillaume : il accourt delà Hollande où il négociait avec l'empereur, dont l'armée sous le prince Eugène, marchait déjà en Piémont; il vient malade et près du terme !, apporter son dernier souffle au grand objet de sa vie entière : il profite de toute cette colère que soulèvent les fautes de son rival et de l'enthousiasme que sa présence excite : il se sent fort, car le cœur de son peuple est avec lui : il modifie son cabinet, qui hé- ModiGcsiion site encore en face d'une chambre qui a cessé d'être l'écho «binet. tidele des vœux de la nation : il se rapproche de lord So- Dissoiu,ion mers, s'affermit par ses conseils, dissout le parlemen t et en du

parlement.

convoque un nouveau. Les élections repondent cette fois Élections b«m.ûà ses espérances 2 : les communes sont toujours divi- r,,c$sées entre les grands partis, el les torys ont encore la *?oi majorité 3, mais whigs et torys ne font qu'un et n'ont

1. Je me trouve d'une extrême faiblesse, dit-il à celte époque au comte de Porlland : je ne verrai pat l'été suivant, mais n'en parlex point que je ne sois mort (Contio. de Rapiu Tboiras, 11/ supra).

2. Deux nouveaux mémoires de de Foé, signés Légion comme le précédent, et adressés l'un au roi l'autre aux communes, mirent en lumière les services rendus par Guillaume au pays et les indignes manœuvres de ses ennemis, ainsi <\*t les fautes et l'ingratitude de la dernière cbambre des commune». Ils obliureul un immense succès el contribuèrent puissammeul au résultat des élections (VoyexSumcrs, ColUcl. of Iracls, vol. XI, p. 264-2G9).

3. 11 y parut dès l'ouverture de la session par le choix que les commune, «cent encore de sir Hobetl Ifarlcy pour orateur.

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qu'une àme pour marcher de concert avec le monarque à son grand but

ouTenure Le 31 décembre, le roi ouvrit la session par un disdu ptr tmeui. m^iQQ^^, 1 1 représenta aux pairs et aux comiiarancucduroi niunes j'jnjure recente faite à sa personne et le danix*. i7oi. jrCr dont le pays était menacé par la récente conduite de Louis XIV : il montra ce prince maître de l'Espagne comme de la France et en état bientôt d'opprimer toute l'Europe et de ruiner le commerce de l'Angleterre : il avait, dit-il, pour conjurer ces grands maux, négocié d'importants traités qui leur seront soumis. Il montra la nécessité pour le pays de faire de nouveaux sacrifices et en même temps de maintenir le crédit public en considé-

ranl comme sacré ce grand principe que toute obligation fondée sur un engagement parlementaire est inviolable : « Le temps est précieux, dit-il, vous avez encore, par la grâce de Dieu, les moyens de vous assurer, à vous et à votre postérité, le paisible exercice de votre religion et de vos libertés pourvu que vous ne vous trahissiez pas vousmêmes; mais je vous le dis av ec franchise, si vous laissez écliapper cette occasion, vous n'avez pas lieu d'en attendre une autre. Prenez garde que ce n'est pas |»our moimême que j'ai besoin des subsides de mon peuple : je ne vous demande que ce qu'exigent de vous votre honneur et votre sûreté dans des temps si critiques. » Guil laume termina par ces paroles remarquables, en exhortant les partis à la concorde ut à la paix entre eux : « Renversez, je vous en conjure, par votre unanimité les espérances de nos ennemis : vous avez vu que je me suis toujours conduit en roi qui est le père de son peuple. J'agirai toujours de même, et vous, île \olrc côté, mettez nu terme à vos divisions : qu'il n'y ait plus a l'avenir de

CIILLAIME III.

distinction parmi nous qu'outre ceux qui sont affectionnés à la religion protestante et au présont établissement, et ceux qui voudraient un roi papiste et un gouvernement étranger. Si enfin vous souhaitez sincèrement que l'Angleterre tienne la balance de l'Europe et soit à la tète du parti protestant, il y paraîtra par votre conduite dans la situation présente. »

Les communes répondent à cette noble harangue en Résolutions promettant au roi un concours énergique, et passant des ,u,,,|j">v,m8 paroles aux actes, elles approuvent les divers traités faits rommu,,csl«ar Guillaume avec l'empereur, les états généraux, le Danemark et la Suède * elles votent une clause additionnelle portant qu'aucune paix ne sera conçlue avec la France avant d'avoir obtenu réparation de l'injure faite au roi d'Angleterre par la reconnaissance des droits du prétendu prince de Galles : des subsides considérables sont accordes pour la guerre et pour la marine : les deux chambres rendent un bill d'attaindtr contre le prétendant, qu'elles B,u 1""™*** déclarent coupable de haute trahison, et votent enfin le pendant, que quiconque occupe un emploi dans l'Etat ou dans i7o> l'Eglise 1 sera tenu d'abjurer le fils de Jacques II et de re-

Acle

connaître par serment Guillaume et ses héritiers tels que d'abjuration, tes désignait l'acte de succession, pour souverains de droit et légitimes

Peu de jours après ces résolutions mémorables Guillaume Hl n était plus. A la suite d'une chute de cheval

I.Om v ajouta les membres des collèges, les maîtres d'école et les instituteurs particulier*.. . Ce furent les loryi qui, pour éviter île paraître prêter un icrtoUuirc, exigeront qu'il fût impose par la loi (liurnel, Histoire de nwn

2 Caaiiamt. de Sapin Tbuira», ul supra.

<|ui occasionna une légère fracture, la fièvre le saisit et mina ses forces. Son corps usé avant l'âge par les maladies, par les fatigues et des travaux sans nombre, depuis quelque temps déjà semblait prêt à se dissoudre, et le roi reconnut sans s'émouvoir les approches de la mort. Ses dernières exhortations politiques eurent pour objet l'union de l'Angleterre et de l'Ecosse qui ne fut accomplie que sous le règne suivant et d'où dépendaient à ses yeux la grandeur et la force de l'empire britannique. Sur le point d'expirer, le roi communia et pria mentalement entouré des prélats, de quelques grands et de ses amis fidèles entre lesquels Portland et Albermale 1 tenaient la Mort première place. Il avait cessé de parler lorsque, prenant . ... ,,c IfI la main du comte de Portland, il la pressa sur son coeur

(iuillaume III. r

et mourut : mais le vœu de son âme était rempli : la grande alliance était formée; il avait dicté le plan de la prochaine campagne, et tandis qu'on portail ses restes mortels dans le tombeau des rois, son esprit inspira encore la nation et conduisit ses armées â.

comidéraiioM H y a un rapport remarquable entre le caractère de Guillaume et ses traits, tels que les historiens et les

et monuments de l'époque nous les ont transmis. Son > isage

sur son règne. 1 1 °

d'aigle, son front large, sa physionomie grave et austère,

1. Le crédit de ki-ppel , qui, de page de la chambre du roi , parvint en peu d'an liées a m plus liaulea charges cl fut créé duc d'Albermale, balança dans le* derniers temps celui de Portland, qui en ctuçul beaucoup d'ombrage. Ce dernier, dit judicieusement Uurucl, avait plus de part dans la confiance du rui et l'autre dans sa faveur. [UUt. de mou temps.)

2. Le giand architecte n'était plus, mais 1 édifice M trouva construit seloo le» vrais principe» de l'art, et il était aussi parrailcmcnt ailivvt- que conçu (Uuike).

<•! II I \ I MK III.

ses yeux ardents1, rappellent cette vitî grande et forte, simple et sérieuse, et en môme temps si active et si pas sionnée : mais si l'on songe que toute cette activité, toute cette passion fut dirigée contre la France, il pourra sem bler difficile qu'un Français, ami de son pays, porte sur ce prince un jugement impartial. La difficulté diminuera [tour l'historien convaincu que son premier devoir est de s'élever dans ses jugements au-dessus de toute considération personnelle de famille, de pays ou de culte, et que les meilleurs entre les chefs des empires sont ceux qui ont le plus fait pour leurs peuples el le mieux servi les intérêts généraux <le l'humanité. A ces deux titres Guillaume fut grand. •

Dans sa patrie, objet de ses plus chères affections, il acheva l'œuvre de son illustre aïeul le Taciturne, il sauva la Hollande, il maintint son indépendance et sa religion. Il ne fit pas moins pour la Grande-Bretagne, quoique d'une manière moins directe et moins spontanée 2 : il

1. Voyex le portrait de ce prince par Bornrl. • 11 avait, dit-il, le nex aqui- Iid, le» yeux verts et perçants, le front large et haut, la contenance grave et «l'C»* • {llul. de mon tmp$).

2. Quoique Guillaume eût fait beaucoup plu» qu'aucun de ses prédécesseurs pour le maintien de» formes parlementaire» dans son royaume, il n'avait personnellement aucun goùl pour elle» et les comprenait peu. Sou grand objet, t>wm l'a »i bien montré M. Macauiay, qu'il faut toujours cilcr, fut l'abaissent de Louis XIV comme unique moyeu do sauver le protestantisme, la Hollinde et l'Angleterre elle-même, et d'empêcher une nouvelle restauration des Stoartsqui eût tout remis en question. Pour atteindre ce but, la poissanteoncours 4* l'Angleterre était indispensable dans la confédération européenne: Guillaume mut par expérience qu'il ne l'obtiendrait d'une manière efficace que par le p»rf»it accord de la couronna et du parlement, et il obéit à la nécessité auuot qu'a sa conscience en demeurant Udèle à ces belles paroles qu'il prononça »» débat de son règne. • Il a plu o Dieu de se servir de moi pour vous délivrer Je» maux que vous redoutiez, et c'est ma volonté ainsi que mon devoir de vous »*ler » coaserver votre religion, vos lois et vos libertés (Disc, du 8 mars 4689).

1 i2 LIVRE VI. CHAPITRE I.

termina la grande crise où elle se consumait elle-même depuis soixante ans : il mit la loi sur le trône; il ruina les maximes du droit divin et absolu des monarques, avec lesquelles tout équilibre durable des pouvoirs est impossible; il consolida la religion établie, et fit admettre le droit des dissidents au libre exercice de leur culte ; il rendit à l'Angleterre sa place en Europe, où il fil sentir son action et sa puissance; il fonda son crédit, source de sa grandeur future et d'une prospérité sans bornes 1 : il préserva l'Europe, enfin, d'une compression générale, d'un asservissement comparable à celui que Charles-Quint lit peser sur elle, et des effroyables calamités d une nouvelle lutte séculaire pour s'affranchir.4

Quelle tâche ! et, dans le héros, quel courage, quelle !*ersévérance! qne de grandeur et de simplicité! Il ne se préoccupe point d'éblouir, et de se glorifier lui-même, parce qu'il ne se croit qu'un simple ouvrier agissant sous l'œil et la main divine; il ne précipite point les événements, il sait attendre, parce qu'il a foi dans sa mis sion, parce que sa cause, à ses yeux, est celle de l'humanité tout entière. Il y a des ombres au tableau : (■uillaume n'est exempt ni de défauts ni d'erreurs. Il est souvent plus attentif au but que scrupuleux dans l'emploi des moyens 2 : il voit trop dans les faits

1. Ce ne fut pas Guillaume qui eut le premier recours aux emprunt» : de lotit temps le gouvernement avait contracté des délies. « Ce que la révolution de 1688 introduisit fut la pratique de les payer honnêtement ■ (Macaulay).

2. On peut reprocher a son goutcrnemeol d'avoir souvent en recours a la corruption avec les hommes influents des divers partis ; mais on ne peut (•ire un crime a Guillaume d'avoir détrôné le roi Jacques, et les déclamations des écrivains ne sorti point des jugements de l'histoire. Voici

GULIUMK III. U3

accomplis des arrêts de la destinée, cl dans les hommes de simples instruments exécuteurs comme lui-même des décrets éternels : tout entier à son objet, il est aussi peu ménager de leur sang que du sien ; il aime trop la guerre, l'horreur du carnage n'arrive pas jusqu'à lui. Ces taches, ces imperfections lui sont communes avec d'autres grands hommes dont le but fut moins noble et l'ambition toute personnelle : la sienne se confond avec les mobiles les plus élevés du cœur humain, avec le patriotisme et la foi religieuse : ce n'est pas pour lui qu'il travaille; il ne recueillera point ce qu'il sème; il n'a ni enfants à établir, ni dynastie à fonder; mais il a à établir, à faire prévaloir et consacrer un nouveau principe de gouvernement en harmonie avec les idées et les besoins des temps modernes, seul compatible avec l'existence des grands intérêts qu'il est appelé a défendre; il achèvera son œuvre, il l'affermira et la rendra durable : il y emploie ses dernières forces, son dernier souffle : il travaille pour les générations futures autant que pour la sienne; il est dans la politique ce que Nacon fut dans la science, le serviteur de la postérité l. Les mêmes formes de gouvernement ne conviennent

tomme y répond de nos jours un historien catholique qui a consacré »wc fruit plusieurs années a l'élude de Guillaume HI el de son rèlc en Earope : « Ce prince , dil-il , n'a agi (a l'égard de Jacques II) que d'après le principe naturel de légitime défense. C'est une thèse absurde, insoutenable q>e celle de prétendre que Guillaume eût dû, parce qu'il était geudre du roi «l'Angleterre, le laisser tramer impunément, de concert atec Louis XIV, sa ""'•e, celle de son pays , celle de sa religion , celle de l'Europe entière, dont il était le support, etc. » (De Grovestins, G«ii//aiwi« /// et Louis XIV, i. vin, P. 292 et 293).

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