I. Toryi «le hauir tolee, membres «!«• la liante KrI^c
Us avaient les sym|iathies et 1 appui de la reine dont les principes étaient les leurs. Guillaume III, malgré le rigorisme de ses croyances calvinistes, avait su s élever au-dessus des étroits préjugés et des passions miarables de l'esprit sectaire : mais il avait cependant échoué dans son projet de réunir toutes les fractions de protestantisme sous une loi commune : Y acte de tolérance qu'il avait sanctionné, accordait, il est vrai, la liberté civile à toutes les sectes • protestantes séparées de l'Eglise épiscopale d'Angleterre; mais la loi qui maintenait l'épreuve du test contre les dissidente n était point abolie et ils étaient obligés, pour être admis aux emplois publics, même électifs, de recevoir le sacrement selon le rit de l'Eglise anglicane. Cette obligation néanmoins était le plus souvent à peu près illusoire : on s'y soumettait une fois, et après avoir été mis en |K)ssession d'un emploi, chacun retournait aux pratiques de son culte, échappant ainsi |>ar un acte de simple formalité aux rigueurs d'une législation qui avait voulu établir l'uniformité religieuse pour les serviteurs de l'Etat. Ceux qui éludaient ainsi la loi après avoir paru s'y conformer, étaient appelés conformistes par occasion, et depuis Conformé
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longtemps la conformité occasiontieUe était attaquée avec violence dans l'Eglise et dans le public comme un mensonge et un sacrilège.
L'opposition, au sein du parlement, trouvait dans cet état de choses une arme formidable, et rencontrait de la sympathie et beaucoup d'écho dans les passions jwpulaires. Devenue à son tour majorité dans la chambre •les communes, elle considéra comme un devoir d'abolir un abus où elle voyait un scandale, et fui d'au*
UVUH VI. r.HAlMTKE II.
tant plus poussée dans cette voie qu'elle était tory, et que les dissidents contre qui elle se disposait à sévir étaient whigs pour la plupart, et qu'en les chassant des carrières publiques, elle restreindrait encore le nombre de ses adversaires dans le parlement. Un bill dont le sceptique et tory Saint-John était le promoteur, fut donc Pf*eat»iion proposé à la fin de l'année 1702 pour prévenir la confor-
du bill
de u confondu* roite' occasionnelle. Il prononçait des peines sévères, pécuniaires et autres, contre toute personne qui, après a>oir satisfait au. test, en recevant une fois le sacrement selon les rites de l'Eglise d'Angleterre, assisterait dans la suite aux offices d'une Eglise dissidente, et la déclarait incapable de toute fonction publique : la récidive entraînerait une double pénalité. Ce bill fut rapidement adopté par la majorité ultra tory des communes, mais il rencontra dans la chambre des lords une vive opposition dirigée par Soiners, Halifax et l'évèque Burnet '. Ils n'essayèrent pas de le combattre directement, ils crurent plus sage de le modifier dans ses clauses les plus importantes et d'en adoucir la rigueur. Le bill ainsi mutilé revint aux communes irritées qui élevèrent de nouveau, à cetle occasion, des prétentions exorbitantes: elles soutinrent que tout bill prononçant des amendes ou autres peines pécuniaires était un bill de finances, et que
4. Plusieurs pair» ne le soutinrent qu'à regret pour ne point déplaire à la reine; de ce nombre furenl Codolpbiu et Marlborougb, et le prince George de Danemark, mari de la reine, qui avait é>é obligé, comme généralissime des force» de terre cl do mer, de communier selon le rit anglican ; il continuait néanmoins à assister, comme lulbérien, aui offices de l'Eglise do la confession d'Augsbourg cl élail ainsi lui-même un ronformulc occasionnel. Ce pauvft prince, subjugué par ^a femme, dit ait wlng Wbailou en \olanl avec ses adversaires : « Je leur donne ma voix, mais mon iœur est avec vous •
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les lords, en l'altérant, attentaient à leurs privilèges, lue conférence orageuse eut inutilement lieu à ce sujet «'litre les deux chambres : plusieurs pairs alarmés du résultat abandonnèrent l'opposition : lord Somcrs demeura ferme et soutint le poids du débat avec autant de mesure que de force : le vote eut lieu par trois «luisions; l'opposition n'eut chaque fois qu'une seule fOtl de majorité : le bill succomba 11" fut repris Tannée suivante et rejeté à une majorité beaucoup plus forte : mais dans la troisième et dernière année de ce parlement (1704), le combat fut renouvelé et les communes, pour vaincre, menacèrent de recourir à l'expédient le plus dangereux : une motion fut faite dans leur sein pour attacber ou joindre le bill sur la conformité occasionnelle à un bill des subsides, dans le but d'en rendre le rejet impossible. Cette motion qui emprunta de son objet le nom de tack 2, tendait indirectement h. enlever tout pouvoir à la couronne comme à l'autre ebambrc,et si elle eût été adoptée, les communes fussent devenues seules arbitres des destinées de l'Etat. Le cabinet vit le péril, et toutes les forces du gouvernement furent employées à le conjurer ; la motion échoua : le bill sur la conformité occasionnelle séparé de toute autre mesure financière fut pour la troisième fois rejeté par la chambre des lords, et la persécution des dissidents fut ainsi pour quelque temps ajournée.
Cette lutte des cliambres fut bientôt suivie d'un autre conflit où les communes montrèrent encore des préten-
I. Ont Ironie pairs furent promis : jamais la chambre (!. - lords n'avait K'plwiu complet (lord Cami.bcll, Vie rfn chancelier Somer>). - To fack signifie joindre, «Hacher, fixer.
lions excessives, contraires au droit commun des Anglais, et Ton put reconnaître, dans ces deux circonstances, à quel point tout grand pouvoir est sans cesse porté à franchir ses limites légales lorsqu'il se croit assez fort pour le tenter, et quels avantages offrant des institutions par lesquelles les trois grands pouvoirs de l'Etat se pondèrent l'un l'autre, et sont ainsi retenus, par de savantes lois d'équilibre, chacun dans leur sphère. A la suite des dernières élections, la conduite des officiers publics ou magistrats torys chargés de les présider avait donné lieu en quelques endroits aux plaintes les plus graves. On leur reprochait d'avoir sciemment repoussé plusieurs électeurs du parti opposé ayant caractère légal pour déposer leur vote. Ces magistrats voyaient alors leur propre parti maître de la situation ; ils s'étaient dit qu'en cas de plainte portée contre eux, les communes seraient arbitres du différend, et ils comptaient, pour confirmer leurs décisions, sur l'habituelle partialité de la majorité. Ce ne fut pas devant celte chambre cependant, mais devant le jury, •i aSu.V <lu'un citoyen d'Aylesbury nommé Ashby, indûment écarté du scrutin, porta plainte contre les constables à
Nouveau coufl»!
dei cette époque en fonctions. Le jury admit son droit et con-
J«,cl,.a..,re..damna ^ ^ jllgBment fu,
cassé par les juges de la cour du banc delà reine comme une violation du privilège des communes; Ashby en ap- IMîJa de leur sentence à la cour des lords. Ceux-ci, après un solennel débat, se rangèrent à l'avis de l'ex-chancelier Somers : ils décidèrent que les communes u étaient aptes à prononcer que sur la validité des élections accomplies, mais que le refus, avec connaissance de cause, de recevoir le vote d'un électeur dûment reconnu j>our tel, consti-
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tuait un délit de la comj>étcnee des tribunaux ordinaires. Cette décision des lords 1 souleva une tempête dans les communes. Celles-ci protestèrent avec énergie, réclamant leurs privilèges qu'Ashby lui-même, disaient elles, avait violés en portant une action, pour matière électorale, dorant une autre autorité que la leur. Ashby, par leur ordre, fut jeté en prison avec cinq autres électeurs du même bourg qui, à son exemple, avaient porté plainte pour des faits semblables devant la justice ordinaire du comté. Les lords intervinrent auprès de la reine, requérant la mise en liberté des prisonniers. La querelle s'envenimait et le conflit pouvait devenir dangereux : le gouvernement l'arrêta en prorogeant le parlement, qui touchait au terme légal de son existence, et qui peu de mois après fut dissous *.
Tandis que ces orageux débats préoccupaient les esprits à l'intérieur, l'orgueil national était exalté par le triomphe des armes anglaises et de la coalition sur le continent.
L'année 4703 avait été désastreuse en Allemagne pour les confédérés. Villars, après avoir opéré sa jonction avec l'électeur de Bavière, franchit le Danube, battît à Dqnawert les Impériaux commandés par le comte
Dissolution du
parlement.
Opérations militaire*.
Victoire
île Villars
fleStirum, leur enleva toute leur artillerie et leur tua • Donawe.t. «louze mille
II] Mil
les. Vers le même temps, le maréchal
I- A celle époque, et longtemps encore après, tous les pairs rotaient indistinctement sar les questions judiciaires comme sur le» matière» politiques Lor I CanmbeU).
?. Par le fait de U prorogation , les prisonnier» Turent élargis. L'opinion tait» par Somers fit autorité dans la suite : il fut établi qoe le» tribunau» orétaaire» sont compétents pour juger tout officier public qui aurait empêché Kicmmenl «n électeur d'etercer von droit (lx>rd Campbell, ut suprà).
Uigitize
Victoire de Tallard, après avoir pris Vieux- Brisacli, remporta suide Tallard
a SpirUcli. le prince de Hessc-Cassel a Spirbach une victoire signalée. Augsbourg se rendit à 1 électeur de Bavière, et le chemin de Vienne parut ouvert aux Français. Là s'arrêtèrent leurs succès, dont deux grandes défections les emîwfccf.o.i péchèrent de recueillir le fruit : le duc de Savoie aban-
du
duc de SaToic donna Louis XIV, traita secrètement avec l'empereur, et
cl du
roi de Portugal, reconnut l'archiduc Charles pour roi d'Espagne 1 : le For- Traiié ll,Sal ac'C0(,a en ,ncme temps à la grande alliance et s u
de commerce nit étroitement avec l'Angleterre. De cette époque date,
cn,re i »• • • .
l'Angleterre entre ces deux nations, le fameux traite de commerce |>ar
icPortugai. ic€|uei les vins de l'une et les laines de l'autre furent de- 1703. clarés objets d'un échange perpétuel.
Ces défections pour la France furent suivies d'un grand désastre : le maréchal de Tallard avait conduit une armée en Allemagne, et s'était joint à l'électeur de Bavière et au comte de Marsin. Tous trois se trouvèrent à Hochstctt en présence de l'armée ennemie, commandée par Eugène et Marlborough , et forte, comme la leur, d'environ 80,000 hommes. La bataille s'engagea presque à l'anniversaire de celle que Villars avait gagnée Débita au même lieu l'année précédente; mais cette fois ledes- 1 " lfcr*nça,s tin fut fatal à la France. Tallard tomba dans les
UuchsteU.
drons ennemis et demeura prisonnier; l'électeur et le comte de Marsin firent aussitôt retraite, oubliant dans le
< . Le duc de Savoie , beau-père du duc de Bourgogne , beau -père de Philippe V, abandonne a la foi» ses drut gendres Mai» l'empereur lui promettait loul ce que ses généra lui avaieut refuse , le Mootferral mauiouaii , Alexandrie, Valence, le pays entre le Pô et le Tanaro, et plus d'argent que la France ne lui en donnait. Cet argent dcraii e>rc fourni par l'Angleterre (Voltaire, Siècle de Louis IIP).
village deBlenhehn un corps d'infanterie considérable et quatre régiments de cavalerie qui mirent bas les armes : la retraite devint bientôt une affreuse déroute. Cette journée coûta 50,000 hommes à la France et cent lieues de pavs : l'ennemi pénétra en Alsace, où il prit Trarbach et Landau.
L'Espagne perdit vers cette époque l'importante place de Gibraltar, l'une des clefs de la Méditerranée, que lui ^ ^2\ux enleva une division de la flotte anglaise sous les ordres i»r
lr* Anglais.
de 1 amiral sir Georges llooke. Le prince de Hesse commandait les troupes de débarquement. Les forts extérieurs fureut emportés, et la place se rendit malgré ses défenses naturelles réputées imprenables : elle est depuis lors demeurée aux Anglais comme un glorieux trophée et l'une de leurs plus utiles conquêtes. Leur flotte, maîtresse de la mer, rencontra à la hauteur de Malaga (13 août) la flotte française, de cinquante-deux vaisseaux Cum,l»J Mav*1 ride vingt-quatre galions, sous les ordres du comte de IWagi. Toulouse, fils naturel de Louis XIV et an m al de France. noi La flotte anglaise comptait cinquante-trois grands vaisseaux et plusieurs frégates. L'action s'engagea avec furie à dix heures du matin, et dura jusque vers le soir avec un succès douteux. La nuit sépara les deux flottes. Le lendemain l'amiral français, quoiqu'il eut l'avantage du lent, évita toute nouvelle rencontre. L'année suivante (I70o) une autre flotte française, sous les ordres du maréchal deTcssé, tenta de reprendre Gibraltar aux Anglais ; elle Tut détruite par eux et par la tempête. Ce jour fut le dernier de la marine française de Louis XIV, cj ni rentra presque dans l'état d'où ce prince et Colbert l'avaient tirée. Les armes de l'Angleterre, a telle époque aussi, iv. 1 1
étaient victorieuses en Espagne. De toutes les provinces de ce royaume, la Catalogne semblait la plus dévouée à l'archiduc. Invité à s'y rendre, il monta sur la flotte anglaise, commandée par l'a ni irai Cloudcslcy Showell, successeur de sir George Rooke, et sur laquelle étaient aussi le prince de Hesse Darmstadt et le célèbre comte de Peterborough qui commandait !î,ooo hommes de troupes de débarquement. La flotte aborda, le 22 août, dans la baie de Barcelone, et après un long siège où fut tué le de kmioae Prmce **e Hesse> Barcelone ouvrit ses portes. L'archiduc t»r Charles, salué roi d'Espagne par les Catalans, Gt une en-
If romle de
trée triomphale dans la place conquise, qui, par sa situa-
nos tion v{ 80n importance , lui assurait la soumission de la plus belle et de la plus riche province du royaume.
Entre toutes les victoires de la coalition, la plus considérable par ses immenses résultats était celle de Blenheim ou d'Hochstett Elle éleva Marlborough au faite de la grandeur et de la puissance; jaloux de Rochester et inclinant chaque jour davantage vers les whigs, plus Modification, zélés que les torys pour la guerre qui faisait sa force, il provoqua, de concert avec Godolphin, la disgrâce de { quelques-uns des membres torys les plus influents du principtui cabinet. Nottingham, Rochester, Buckingham, en furent "du «binrt?' écartés et remplacés par des hommes d'une nuance moins prononcée; de ce nombre fut le célèbre orateur des comsir munes, sir Robert Hartley, caméléon politique, élevé
Robert Harlcv
dans les croyances puritaines qu'il abandonna plus lard, servant tour à tour les divers partis religieux et poii-
I . La bataille couuuc en France tous le nom J'Hocbilelt e»t appelée B'.cobrim rn Angleterre.
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tiques, mais dévoué seulement à sa fortune : whig et dissident, en 1688, à l'avènement de Guillaume, lory plus tard lorsqu'il reconnut que les maximes du torysme et de la haute Eglise étaient chères à l'héritière du trône et à la majorité de la nation ; prudent jusqu'à l'indécision, réservé jusqu'à la dissimulation, souple d'esprit comme de caractère *, frivole au fond, grave en apparence et affectant la profondeur , intrigant avec tous , il tira parti de sa médiocrité même et fut prisé fort au delà de son mérite par des rivaux dont il ne contrariait ni les opinions ni les projets : il était, au dire de leurs envieux, plus propre à conduire les affaires que les plus éloquents2, et c'est ainsi qu'il fit partie de divers cabinets où il servit comme dfr lien entre les membres d'opinions opposées3. 11 fut nommé secrétaire d'Etal et se fit adjoindre dans le cabinet, en qualité de secrétaire de la guerre, le fameux Saint-John, alors son ami et si célèbre plus tard sous le nom de Bolingbroke \ L'homme le plus puissant du royaume était à cette époque Marlborough : il gouvernait la reine par le crédit de sa femme et dominait le parle-