‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 119 sur 224 · I. C-avcnilhli, Vie du cardinal Wnlsey · texte numérisé non relu

I. C-avcnilhli, Vie du cardinal Wnlsey

HENRI VIII

de provoque'!' sa colère par lin refus immédiat, tandis que la moitié de l’Allemagne se séparait du saint-siège, et qu’une armée française maintenait en Italie l'influence du roi François 1", allié de Henri VIII. Délivré de ses appréhensions sur ce dernier point, Clément VII résolut de s'opposer ouvertement à la dégradation de la reine d’Angleterre : il évoqua la cause à son propre tribunal et somma le roi de comparaître devant lui à Home sous quarante jours.

Henri VIII, furieux de ces nouveaux délais, vit une insulte dans la citation du pontife, et le premier éclat de sa colère tomba sur Wolsey, auquel il reprochait d’avoir conspiré contre ses vœux avec la cour de Home et entretenu avec le saint - siège une correspondance illicite dont Anne Boleyn , dit -on, pénétra le secret. Wolsey connaissait Henri : il savait qu’aucune résistance ne pouvait être opposée avec succès à ses désirs ou à sa colère : il se vit perdu; il tomba dans le désespoir et répandit un torrent de larmes. 11 crut ne pouvoir prévenir le terrible éclat du courroux royal qu’en s'avouant coupable de la violation du statut de Prcemunire, qui défendait d'entretenir des relations avec le pape à l’insu de l’autorité du roi, quoiqu'il n’eût correspondu avec Home ipie de l’aveu même de son maître; il tenta de le fléchir en lui faisant l’abandon des immenses richesses accumulées durant son ministère, et ii lui donna son magni tique palais d’York, qui devint pendant deux siècles, sous le nom de Whitehall , la principale résidence des rois

I. Déjà précédemment , Wolsey avait donné a Henri Mil In splendide ré»idence de llamploncourl. pieu de Londres.

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d’Angleterre Le roi ne l’accabla pas tout d’uu coup, et parut, dans cette circonstance, céder tour à tour à la puissance de l'habitude <]ui le ramenait vers le cardinal et à la colère qui l’en éloignait. Un bill contenant quarante-quatre chefs d’accusation, ayant été présenté contre Wolsey au parlement et sanctionné par le vole de la chambre des pairs, le roi arrêta secrètement la poursuite : il permit qu’un des anciens serviteurs du cardinal, Thomas Cromwell, qui devait rapidement s’élèvera son tour dans la faveur royale, défendit son ancien maître devant les communes L Le bill fut rejeté par celte chambre. Wolsey conserva les revenus de son archevêché d'York et une rente de 1,000 marcs sur l'évêché de Winchester, et se mit en marche pour son diocèse avec une suite nombreuse. Mais Henri VIII ne souffrit jamais qu’une victime désignée lui échappât, et les délais, même volontaires, apportés par lui-même à sa fureur, la rendaient plus terrible. Wolsey était arrivé dans son diocèse où il s’acquittait religieusement des devoirs de son ministère, s’appliquant à gagner les cœurs des riches et des pauvres, et il avait tout disposé pour son installation solennelle lorsqu’il fut arrêté au nom du roi par le duc de Northumberland pour crime de haute trahison. L’ordre était donné de le ramener à Londres. Un ne sut jamais d’une manière certaine la cause de celte seconde chute plus complète que la première. Le roi avait, dit-on,

i . Il parait conviant, d’apies le caraclvie connu de Thomas Cromwell, <ju il n'aurait jamais osé dé Tendre Wolsey, s’il n'cûl été sur de l'approbation du roi. Celle opinion, qui est celle du docteur Liujjard cl de lord Campbell (fl), semble la plus vraisemblable.

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découvert une correspondance suspecte de Wolscy avec la courde France, et ce <jui paraît tiers de [doute, c’est que, prévoyant à cette époque qu'il ne divorcerait d’avec Catherine qu’en rompant avec Home, il craignit de rencontrer pour ses projets un obstacle dangereux dans le cardinal qui aspirait encore à la tiare. Anne Bolcyn en jugeait ainsi et animait le roi à sa perte : c’était assez pour sa ruine. Ce dernier choc était trop violent pour Wolsey déjà gravement malade, il fut conduit, de Cavvood où il résidait alors, à Pontefract. de sinistre mémoire, et de là à Sheftield, où le lieutenant de la tour, Kingston, vint te recevoir avec une escorte d’hommes armés pour le conduire à Londres. Dans ta soirée du troisième jour il atteignit l'abbaye de Leicester, et sentant son mal empirer, il dit à l'abbé en entrant : « Mon père, je suis venu laisser mes os au milieu de vous. » Il mourut le lendemain, et ses dernières paroles adressées à Kingston sont bonnes à méditer pour tous les favoris des princes et de la fortune : « Si j’avais servi Dieu, dit-il, avec autant de zèle que j'ai servi mon maître terrestre, il ne m’aurait pas abandonné dans ma vieillesse : ce que je souffre est la juste récompense des peines que j’ai prises pour être agréable au roi sans songer à mon devoir envers Dieu. »

Telle fut la fin de ce grand cardinal, qui captiva et rendit stable pour lui seul, durant vingt années, la faveur du plus capricieux des monarques. Il y parvint surtout par l'art profond avec lequel il étudiait ses inclinations inconstantes, changeant avec elles de langage et de conduite, mêlant les distractions aux choses sérieuses, et modérant sa fougue en caressant son amour-propre, ha-

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