III. 111. ClIWITHE I
battaient pour Charles de Blois : Olivier de Clisson , Gautier Huet, Hichard Burley et Robert Kuolles, étaient avec Chandos et Montfort.
Les deux armées se trouvaient ainsi en présence, lorsqu’un chevalier, le sire de Bcaumauoir, ému à la pensée de tout le sang qu’on allait répandre, s’entremit avec ardeur pour la paix, et obtint à cet effet l’aveu de Charles de Blois. Mais les principaux chefs anglais avaient beaucoup perdu par la guerre, et une grande bataille était pour eux une occasion de gain et de fortune Chandos rejeta donc les paroles de ]>aix que |>ortait Beaumanoir, et que Montfort inclinait à accepter : il déguisa la vérité, prêtant faussement aux deux rivaux des paroles violentes et courroucées, et rendant ainsi entre eux tout accord impossible.
Les armées s’approchèrent alors, et cette fois les combattants des deux parts avaient résolu d'en linir et de ne faire quartier à aucun des prétendants s’ils tombaient en leurs mains 2. La bataille fut sanglante et acharnée ; Montfort et son rival luttèrent longtemps en face l'un de l’autre, et les grands capitaines de l’époque, Duguesclin, Olivier Clisson, Jean Chandos, firent des prouesses merveilleuses. L’événement prouva la sagesse des dispositions de Chandos, lorsqu’il avait donné le commandement de son arrière-garde à un guerrier consom-
4. Fut prié moult affectueusement messire Jean Chandos, d'aucuns Anglais, chevaliers et écuyers, qu’il ue voulût mic assenlir à la pais de leur seigneur et de monseigneur Charles de Blois; car ils avaient tout le leur dépensé; si étant pauvres, si voulaient par bataille, ou tout perdre, ou aucune chose recouvrer, cl messire Jean Chandos leur promit ainsi. (Froissard.)
2. Car en ce jour ils voulaient avoir fin de la bataille et de guerre.
( Idem.)
me : Ce fut le vieux Hue de Caverlcy qui, en se portant avec sa réserve sur tous les points les plus menacés, donna la victoire aux Anglais. Duguesclin demeura prisonnier, et tout l’eflort de la bataille tomba sur Charles de Blois : sa bannière fut prise, foulée aux pieds, et lui-même fut tué, le visage sur l’ennemi Les bretons voulurent le venger : il en fut fait autour de son corps un grand carnage : la fleur de la chevalerie de Bretagne jvérit dans celte journée qui termina la guerre et assura la possession du duché à Monlfnrl.
Les hostilités ayant cessé en Bretagne, de nombreuses bandes d’aventuriers et de mercenaires, redoutées sous le nom de grandes compagnies, se trouvèrent sans emploi et infestèrent le royaume. Duguesclin accepta de Charles V la mission difficile d’en délivrer la France, en les occupant au dehors, et il les conduisit en Espagne contre le roi de Castille, don Pedre, surnommé le Cruel. Ce prince, qui s’était aliéné sa famille et ses sujets par sa conduite barbare, avait pour concurrent au trône son frère naturel, Henri de Transtamarc, qui, soutenu par Duguesclin et son armée, vainquit don Pedre, et s’assit à sa place. Le roi vaincu et dépossédé, se retira en Guyenne : il y implora l’appui du prince Noir qui, sous le litre de prince d’Aquitaine, tenait sa cour à Bordeaux. Celui - ci se rend aux prières de don Pedre, et il arme en sa faveur, sans toutefois rompre ouvertement avec la France. Les grandes compagnies, qui viennent d’établir Transtamare sur le trône, accourent maintenant près de son frère, attirées jmr l’or qu’il leur promet. Duguesclin sou-
Mort
flinilei de Mois.
Fin
de la guerre de Bretagne.
('•iterie en F«|>a|{iii( pour le trône de ( asti Ile.