I. Froissa ni
Rupture
du
traité
de Bretigny.
Reprise des hostilités.
lient toujours Transtamare , mais il est vaincu par le prince Noir à la journée de Najara , et fait prisonnier. Les fruits de cette victoire furent peu durables : Duguesclin rendu à la liberté, et vainqueur .à son tour à Montiel , replaça une seconde fois Transtamare sur le trône de Castille, et don Pedrc mourut de la main de son frère dans la tente même de Duguesclin.
Charles V méditait à cette époque de recouvrer les provinces enlevées par les Anglais à son père, et voyait avec joie Edouard III affaibli par les voluptés encore plus que par l’âge ; tandis que son fils, le vainqueur de Poitiers et de Najara, atteint d’une maladie de langueur dont les symptômes étaient mortels, laissait échapper sa redoutable épée. Charles fomente la révolte dans le midi, où les Anglais traitaient les habitants en vaincus; de là, le vif désir qu’avaient ces provinces de secouer le joug de l’étranger et d’être rendues à la France : un soulèvement éclate en Gascogne à l’occasion d’un fouage, ou impôt que le prince de Galles établit sur chaque foyer ; les seigneurs gascons prétendent qu'ils sont demeurés jusqu’alors affranchis de toute taxe semblable, et, secrètement excités par Charles, ils en appellent à lui au mépris d’une des plus importantes clauses du traité de Bretigny, comme au suzerain de la Guyenne et du Languedoc.
Le roi de France, malgré sa renonciation formelle à toute souveraineté sur ces provinces, reçoit l’appel des mécontents et fait citer le prince Noir, comme son vassal , devant la cour des pairs : l’année suivante, son allié Transtamare remonte sur le trône de Castille : Charles V alors cesse de dissimuler, il donne des privilèges aux villes révoltées contre les Anglais
KDOLAHD III.
et soulève tout le peuple en sa faveur; le parlement français rend enfin une sentence qui déclare, que faute d'avoir comparu devant la cour des pairs, Edouard est déchu de ses droits sur l’Aquitaine et sur ses autres possessions de France , et il les confisque au profit de la couronne. Un valet de cuisine est chargé de porter cette sentence au roi d’Angleterre , qui , saisi de fureur, se prépare à laver cet outrage dans le sang français. Une puissante armée, commandée par le duc de Lancaslre, débarqua à Calais. Mais Charles V se souvenait des grandes défaites des deux rois ses prédécesseurs; il défendit de livrer bataille, et l’armée anglaise, poursuivant sans l’atteindre un ennemi insaisissable, arriva de Calais en Guyenne presque détruite par les maladies, la fatigue et la disette. La fortune de l’Angleterre était chancelante ; à la ruine de son armée se joignit la défaite de sa flotte, vaincue par la flotte castillanne, et dès l’année 137-i, il ne restait plus aux Anglais en France que Calais, Bordeaux et quelques places dans le Midi. Edouard vieillissait dans les bras d’une courtisane, Alice Perrers , qui prit sur lui un honteux empire, et ce roi, jadis si victorieux, et maintenant si humilié, sollicita de Charles V une trêve qui se prolongea jusqu'à sa mort.
Le mécontentement du peuple à la suite de ces revers fut encore accru par les vices de l’administration, à la tète de laquelle, durant une maladie du roi, était son frère le duc de Lancaslre. Le parlement passa des plaintes aux actes, et les communes, par l’organe de leur orateur, sir Peter de la Marc, demandèrent la réforme des abus; elles obtinrent que plusieurs membres, désignés
La Frtnre affranchie des Anglais.
Opposition
de
la chambre dès
communes.
par le parlement, fussent adjoints au conseil du roi ; elles en firent chasser lord Nevil et le lord chambellan La limer; à leur requête, enfin, plusieurs fermiers des douanes et de quelques monopoles furent emprisonnés, et un décret fut rendu contre la maîtresse du roi, Alice Perrcrs, portant défense d'intervenir dans une cause devant les cours royales, sous jieine de confiscation et de bannissement. Ce |iarlement hardi, à qui fut donné le nom de bon parlement , avait été soutenu dans son opposition jwr le héros de Crécy et de Poitiers, le célèbre prince Noir, dont la mort prématurée mit l’Angleterre en deuil. Aucun prince destiné au trône n'a laissé un nom plus célèbre ni plus cher au peuple sur lequel il était appelé à régner. De nombreuses pagi*s de sa vie nous offrent, dans cet âge héroïque, le plus parfait modèle de la valeur et de la courtoisie chevaleresques. Cependant, vers la fin, il céda trop à la colère : l’inflexible histoire lie saurait oublier la cruauté inouïe avec laquelle il châtia la ville de Limoges révoltée, et le sang de tous ses habitants égorgés 1 est une tache ineffaçable sur les lauriers du vainqueur de Crécy et de Poitiers.
Edouard lit, occupé tout entier de son indigne maîtresse -, achevait tristement, dans une obscure retraite à Kllham, sa vie si glorieusement commencée. Ses derniers moments* furent une grande leçon pour sa postéri té : délaissé de tous scs serviteurs, il vit, avant d’expirer, la femme pour laquelle il avait oublié les devoirs de la royauté, lui arracher du doigt un anneau de grand
♦ . Voyca celle scène dan* l'roi'sard.
2. Kilo Pl emprisonner l'orateur (présidrn1 de la Chambre des communes jM*ur le punir d’avoir élevé contre elle une voir couraorusc. (Wabiiijjhatn )