‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 133 sur 224 · I. Walter •Scott, llitl. d'Êcossf,r. xxv · texte numérisé non relu

I. Walter •Scott, llitl. d'Êcossf,r. xxv

Il K MU VIII.

niée mit la frontière d’Ecosse à feu et à sang et pénétra jusqu’à Edimbourg, tandis que le port de Lcith était incendié par la tlotle. Ces ravages réunirent la nation entière contre les Anglais : une forte armée, sous le commandement du comte d'Angus, marcha a la rencontre des envahisseurs et leur livra une sanglante bataille, près de Jexburgh, à Anscram-Moor: les Anglais furent battus et firent des pertes considérables. L’Ecosse, après cette victoire, resserra son union avec la France et rendit à l’Angleterre ravages pour ravages.

La guerre continuait en même temps sur le continent

G acné

ou Henri VIII avait fait, en 1542, une alliance avec »k u Kmüc-. Charles-Quint contre François I". II franchit le détroit (|Su . is«7) avec une puissante armée et investit Boulogne de concert avec le duc d’Albuquerque, général des Impériaux. La ville fut prise après une héroïque défense ; mais bientôt l'empereur signa une paix séparée avec la France à Crespy. Quelques mois plus tard, et après une descente des Français dans l’île de Whigt et sur la côte méridionale de l’Angleterre, sans résultat sérieux, Henri traita à son tour par scs commissaires, à Guines, avec TltiliS François I". L’Ecosse fut comprise dans celle |>aix et ,le Gui""- Boulogne fut rendue à la France, moyennant une in- (l5t7) demnité de deux millions de couronnes payable à Henri VIII.

Les soins de la guerre n’avaient détourné ce prince ni des travaux théologiques, ni des persécutions: un orgueil sans bornes était au fond de toutes ses résolutions et le principal mobile de ses actes, soit qu'il dictât des instructions pour la foi et les pratiques de la piété, ou des sentences de mort. Il se considérait sérieusement comme

LU Ht IV. CUM'ITHË I.

Litre

revêtu, louchant la doctrine, d’une autorité infaillible, et les contradictions où il tombait, ne l’avertissaient ni de sa folie, ni de son impuissance : il se donnait (>our le régulateur du dogme comme de la morale et, après avoir prescrit dans tout sou royaume la publication et l’ado|>tion d’un livre intitulé Y Institution du chrétien, il modifia ce volume trois ans plus tard et y ajouta la doctrine de la transsubstantiation et de la suffisance de la communion sous une seule espèce. Ce livre, très-différent du premier, fut publié dans sa forme définitive sous le titre de Doctrine nécessaire et science de tout homme chrétien. i,0 L’ouvrage fut généralement nommé Le livre du roi : les <i« Roi. gepj sacrements et presque toute la doctrine de l’Eglise romaine, sauf l’obéissance au pape, y étaient maintenus, et il fut donné comme règle suprême de la foi orthodoxe.

Henri VIH ne se montra pas mieux d'accord avec lui-même dans sa prescription touchant la lecture de l’Ecriture Sainte. 11 avait d’abord approuvé la version anglaise de la Bible par Tyndal et accordé à ses sujets la permission de la lire; ilia prohiba ensuite comme incomplète et erronée, il en fit publier une autre et sous prétexte des graves abus auxquels avait donné lieu la lecture de la Bible faite indistinctement par chacun, il n’accorda le droit de la lire qu’aux chefs de famille, nobles ou négociants, et aux femmes de haute extraction : il était défendu à toute autre femme ou à tout artisan, apprenti, journalier, domestique ou laboureur, d’ouvrir les livres sacrés sous peine d’emprisonnement. Un édit royal interdit la possession des livres ou manuscrits contenant des doctrines contraires à celles (pii étaient reconnues par autorité du parlement, et défendit en même temps

IIKMII VIII.

l'importation de tout livre anglais louclianl les matières religieuses. Le livre du roi était imposé à chacun sans exception et chacun fut tenu, sous des peines sévères, de s’y conformer: le danger était égal pour tous et l’élévation du rang, au lieu de protéger les infracteurs, les exposait davantage.

Rien ne révèle mieux l’absence de toute énergie morale à cette époque et l’étonnante bassesse des grands corps de l’Etat, que la facilité avec laquelle Henri VIII obtenait leur concours pour les actes les plus opposés, produits spontanés du caprice de chaque jour et se détruisant l’un l’autre. Les deux chambres avaient accepté la dégradation des deux tilles du roi , Marie et Elisabeth ; elles souscrivirent avec un égal empressement (1544) à leur réhabilitation et après les avoir déclarées bâtardes et inhabiles à succéder à la couronne, elles reconnurent d’un accord unanime, sur la proposition du roi, la légitimité de leur naissance, et passèrent un acte qui les appelait au trône à défaut de leur frère Edouard et de sa postérité, et à la charge d’observer les conditions qu’il pourrait plaire au roi de leur proscrire. Dans le cas où elles viendraient à mourir, la libre disposition de la couronne était île nouveau reconnue par cet acte appartenir au roi '. ^

Henri VIII approchait alors du terme de sa tyrannie et de ses jours; il était en proie à de vives douleurs eau-

Servilité excessive du parlement.

Dispositions

de

Henri VIII pour

la succession tu trône.

4. Sial., ann. du règne Je Henri V 111 1 c. I. — Ce statut, dit sir James Mac-Inlosb, maintient le principe que le royaume était la propriété du roi , puisque ses filles ne devaient pas hériter de la couronne par la loi fondamentale de l'elal , niais tiendraient de sa seule volonté une autorité conditionnelle cl précaire (Ifiif. d'Angl., règne de Henri vin, ann. 1519 .

l.l\ H K I' . CHAPITRE I.

sées à la cuisse par un ulcère <|ui le rendait un objet de dégoût pour ses plus intimes serviteurs et il périssait lentement sous le poids d’une effrayante obésité. Son mal s’accrut rapidement après la dernière guerre avec la France et à son retour en Angleterre. Déjà une oppression insupportable ne lui permettait plus de demeurer couché et il ne pouvait se mouvoir qu’à l’aide de machines inventées à cet effet : sa main appesantie ne' signait plus et l’on apposait devant lui sur scs ordres le sceau royal : les forces l’abandonnaient, mais non encore l’orgueil et la cruauté. Sa sixième femme, Catherine Parr, en fit l’épreuve et n’échappa qu’à grand’ peine à la mort. L’administration, comme la cour, était toujours divisée en deux partis rivaux , ardents à se nuire cl à se supplanter dans la faveur du roi : l’un, celui des Seymours et de l'archevêque Cranmcr, inclinait vers les nouvelles doctrines; l’autre, attaché à l’ancien culte, était le parti des Howards, que dirigeait avec le duc de Norfolk, le nouveau chancelier, lord Wriothesly, homme dur et fanatique, plus propre au rôle d’inquisiteur qu’aux fonctions de premier magistrat du royaume. Mais le chef véritable et le plus éminent du parti auquel on donnait le nom de catholique, était l'évèque de Winchester, Gardiner, non moins instruit qu’habile, et d’jfutant plus redoutable qu’il savait plier, dans une certaine mesure, ses convictions à sa fortune, pour mieux servir l’Iiglise à laquelle, malgré les apparences, il demeura toujours dévoué '. Ce parti avait été frappé tout entier dans la personne de la précédente

I . Ilapin l it •iras voit dam l'altitude impartiale du roi entre ce» deux partie

IIF.Mil VIII.

reine, Catherine Howanl, dont l’archevêque Cranmer précipita la ruine et il cherchait avec ardeur l’occasion de la vengeance. 11 crut l’avoir trouvée sur le vague indice des rapports qu’entretenait la nouvelle femme du roi, Catherine Parr, avec les luthériens, et il ne recula devant aucun moyen, quelque barbare qu’il fût, pour obtenir les preuves désirées. Plusieurs malheureux, accusés d’avoir nié la présence réelle dans l’eucharistie, furent jetés en prison et parmi eux une jeune femme de la suite de la reine, Anne Askew, d’une beauté rare et d’une âme enthousiaste et forte : elle fut mise à la torture, en la présence du chancelier, et son héroïque constance lassa ses bourreaux : elle n’avoua rien au préjudice de sa royale maîtresse. On vit alors un spectacle hideux dont on chercherait en vain un second exemple dans l’histoire, on vit, sur le refus de l’exécuteur et du lieutenant de la Tour, Kingston, le chancelier d’Angleterre jiorter la main lui-même sur l’instrument du supplice et disloquer les membres de la victime. L’excès de la douleur ne lui arracha aucun aveu et elle fut portée mourante sur Jp bûcher où elle expira en sainte et en martyre, avec ses compagnons d’infortune Catherine Parr faillit se perdre elle-même;

In cause presque unique «le ton nh«olu pouvoir. • Personne ne pouvant se perrutiler, dit-il y qu’il fût possible au roi île demeurer longtemps Hans ce juste milieu, ceux qui souhaitaient la ré tonna lion croyaient ne pouvoir mieux taire que de lui complaire eu toute chose afin «le le porter par degrés a la pousser plus avant. Tout de même, Ici partisans de l’ancienne religion, voyant de tel» commencements, craignaient qu’il n'allùl plus loin et que leur résistance ne lui fil achever son ouvrage (Jftif. d'Angl , 1. xv).

I . Fox, vol. Il, p. f»78. — Spced, p. 780. — Piler, p. 2î>0. — Ce* trois auteurs sont cités par lord Campbell dans «a Kir du lord rhnnctlicr Wrinlhesly.

Nouvelles

persécutions.

i.ivrk iv. chvi-uiik i.

«•lie osa soutenir une discussion théoiegique avec son terrible époux qui s'en plaignit à Gardiner et à son chancelier. Ceux-ci entretinrent sa colère, ils lui firent voir sa réputation et son salut intéressés à sacrifier la reine et il commanda de la conduire à la Tour. A cette nouvelle, l'infortunée tomba dans une crise violente et perdit plusieurs fois connaissance; lorsqu’elle eut repris scs sens, clic trouva, dans ce péril extrême, une présence d’esprit admirable et qui la sauva. Le roi s’étant fait porter dans son appartement peu d’instants avant l’exécution de l’ordre qu’il avait donné : « Kate ma chère, lui dit-il, vous êtes un grand docteur! — Non, sire, répondit-elle avec calme et feignant de ne point comprendre le danger qui la menaçait, je nesuis qu’une pauvre femme ignorante et je ne voulais que vous distraire de vos souffrances, en vous donnant l’occasion d’un de ces arguments théologiques où vous excellez toujours. — S’il est ainsi, répondit le roi apaisé, nous sommes amis encore. *> Sa fureur tomba sur scs conseillers, et l’ordre fatal fut révoqué.

Henri VIII cependanlse montra lui-même jusqu’à la tin et nul ne put se croire en sûreté tant qu’il vécut. Préoccupé dans ses derniers jours de la succession de son (ils, âgé de neuf ans seulement et neveu des Seymours, il redouta pour sa minorité le trop grand ascendant de leurs rivaux, lesHowards, qu’il résolut d’abaisser : il les retrancha du nombre dc3 exécuteurs de son testament2,

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