‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 136 sur 224 · M*c-lnio*h , nùloire <1' Angleterre, regnt île Henri Mil · texte numérisé non relu

M*c-lnio*h , nùloire <1' Angleterre, regnt île Henri Mil

a mi

ditions de famille, par les croyances et les impurs, s’esl retiré d’elles. Ce prince démentit dans la seconde partie de son règne les espérances qu'il avait données dans la première : la nature l’avait doué d’une rare énergie, d’une activité infatigable et de grands talents qui, servis par des circonstances favorables, lui firent prendre tout d’abord une imposante attitude en Europe, et il continua, lorsque ses crimes eurent répandu la terreur de son nom, à maintenir, entre les nations, l’équilibre des pouvoirs, sans d’ailleurs obtenir aucun avantage sérieux pour ses peuples.

L’Angleterre, épuisée et terrifiée sous ce prince, fit peu de progrès durant son long règne. Les subsides énormes, les emprunts forcés, l'altération fréquente des monnaies, les monopoles sans nombre paralysèrent l’agriculture, le commerce et l’industrie; la littérature et les sciences furent également stériles à celle époque, où la véritable méthode, pour les sciences exactes et positives, n’était pas née encore et où toute manifestation libre était interdite sur la religion, qui était alors le principal sujet des méditations des hommes et à laquelle se rattachaient directement, comme autant de rameaux divers, toutes les autres études philosophiques, historiques ou littéraires ’. L’intelligence s’abaissa ainsi au niveau des caractères; on eût dit que la nation étail morte et qu’elle attendait nn nouveau souffle. Cette prostration presque universelle

4 . Quelques établissements littéraires furent cependant crées durant cc régne. Henri VIII fonda le collège de U Trinité & Cambridge, cl le cardinal Wolsev celui de Christ- Cburch a Oxford, ou il créa aussi la première cbairc de grec. Cette nouveauté amena de violentes disputes sur la manière de prononcer cette langue, 1/évèquc Gardincr employa l'autorité du roi et de son conseil pour cmpécher toute innovation a cel égard (Hume, règne de Henri VIII).

IIKNRI VIII.

■le toutes les forces de la société fut néanmoins favorable, à l’intérieur, à l’unilé de la monarchie. L'Irlande, qui n’avait encore que le titre de seigneurie et où l’autorité directe du roi était circonscrite dans les étroites limites du Pale, avait vu avec horreur les changements apportés par Henri VIII dans l’Kglise. De nombreuses révoltes éclatèrent à ce sujet soit dans ce district, soit dans les comtés gouvernés encore par les chefs indigènes : elles furent réprimées, l’Irlande se soumit, fut érigée en royaume dépendant de la couronne d’Angleterre, quoique avec un parlement séparé, où les chefs nationaux briguèrent la pairie, concurremment avec les seigneurs d'origine anglaise établis dans les districts du Pale.

In territoire étendu dans le pays de Galles était demeure jusqu'alors, comme en Irlande, à peu près indépendant du pouvoir royal. Soumise par l’épée des seigneurs gardiens des frontières, qu'on nommait lords des marches, cette partie de la contrée comprenait cent quarante-un districts, concédés avec juridiction particulière et droits presque régaliens, à leurs premiers conquérants et transmis par eux à leurs descendants. Cet état de chose donnait lieu à de grands abus et «à des désordres auxquels Henri VIII mil fin. Il arrêta, en l'année 153t>, que la totalité des Galles serait unie et incorporée au royaume d’Angleterre, que la coutume de lîarelkind serait abolie , .que les seigneuries des marches seraient annexées aux comtés voisins , que tous les juges > seraient institués par l'autorité royale, qu'aucun seigneur n’aurait le droit d'arrêter le cours de la justice dans ses domaines cl que les divers comtes

I/li latnl ; ru

roy.tiuiir .

Hrmiioti

ilt»

tout le pn%« (iê liallr»

t» la

e<tur»Mtie J’Anftlelci n*.

des Galles enverraient des députés au parlement Ces règlements furent étendus pour la plupart au comte palatin de Chester.

L’administration de la justice fut, dans toute l’Angleterre, sous Henri VIII, plus rigoureuse et plus régulière; le privilège du clergé fut aboli pour les crimes de meurtre et de félonie 1 2 ; plusieurs lois réprimèrent le vagabondage et la mendicité qui s’étaient considérablement accrus après la suppression des monastères où une multitude d’indigents recevaient leur subsistance. Un acte du parlement constata que le nombre des prisonniers enfermés pour dettes ou pour crimes, s’élevait à soixante mille dans le royaume 3 , et, chose à peine croyable , un auteur bien informé 4 nous assure que soixante-douze mille individus, condamnés pour vol, furent mis à mort sous ce règne. La sécurité intérieure fit ainsi des progrès; mais l’Angleterre doit peu de reconnaissance pour ce fait au prince qui ne refusa jamais l’honneur d’une femme à son caprice, le sang d’un homme à sa colère, et dans la main duquel l’é[>ée de la justice ne fut point l'espérance et la protection des justes , mais le glaive exterminateur, non moins terrible aux bons qu’aux méchants. On chercherait en vain, dans l’âme de ce roi, une seule qualité vraiment digne de louange au milieu des vices les plus détestables; aucun des objets qui captivent le

1. L’actc <|ui établit une* représentation parlementaire riant le pays de fîalles p« ut être regardé comme la principale réforme dans la composition de la cliain> bie des communes, depuis sa con-tilutiou sous KdouarJ l#r.

Page 1