LIVRE IV. CIIAIMIKK II
Jeanne Gray descendit du trône après un règne de dix jours et rentra, avec plus de joie cju’ellc n’en était sortie, dans la vie privée où cependant il n’y avait plus de sécurité pour elle. Abandonné de tous, Northumheiiand désespéra de sa cause. Ce grand ambitieux, ce rusé politique mesura en frémissant de terreur l’abîme qu'il avait creusé sous scs, pas, sous ceux de son fils et de toute sa famille, et il se montra aussi lâche dans cet extrême péril qu’il avait été arrogant dans la prospérité. Il reconnut lui-même, à la tête de son armée, pour sa légitime souveraine , cette princesse dont il avait nié le droit et qu'il avait si mortellement offensée. U fit plus, il affecta une joie servile, espérant se faire ainsi un rempart contre sa colère; il s’abusait, son crime était trop grand : Marie le fit arrêter et enfermer à la Tour avec les principaux membres de sa famille et de celle de Sulîolk; l’infortunée Jeanne Gray et son jeune époux partagèrent le même sort. Tous furent condamnés à la peine capitale pour trahison. Northumberland demanda bassement la vie; il crut acheter son pardon en abjurant la religion nouvelle et en se déclarant catholique, vains efforts : sa tête tomba avec celle de deux de ses complices, sir John Gates et sir Thomas Palmer. Leur sang fut seul répandu dans ces premiers moments; les autres condamnés demeurèrent sous la main royale. Marie régna , et parut vouloir inaugurer son règne par la clémence.
MUIIF.
Règne de Marie.
Mnrie, dès les premiers jours de son règne, visita la Tour, où elle mit en liberté, entre autres prisonniers notables, le jemje (Wmrtncy, tilsdu marquis d’Exeter, détenu sans aucun motif qui lui fût personnel, et le due de Norfolk, condamné «à mort sous Henri VIH. Marie trouva aussi prisonniers dans la Tour Ira évêques Gardiner, Tunstal et Donner. Ils implorèrent sa protection : elle brisa leurs fers, leur donna sa faveur, et l'on put prévoir qu’ils régneraient sous elle.
Tous ceux qui étaient attachés à la réformation craignirent alors de voir le nouveau culte renversé : ils fondaient leurs alarmes sur l’éducation toute catholique de Marie et sur son caractère aigri par les disgrâces de Catherine d’Aragon, sa mère, et par ses propres souffrances. Marie avait promis, il est vrai, de maintenir les lois d’Édouard sur le culte, mais le saint-siège revendiqua le droit de dégager des serments, et s’il en usait alors, c’était surtout lorsque le salut du peuple et l’avenir de la religion lui paraissaient compromis.
Les débuts du règne, cependant, furent populaires; Marie remit à la nation le dernier subside voté par le parlement et fit publier une amnistie générale. Bientôt après recommença la réaction religieuse : l’évéché de Durham fut reconstitué dans son intégrité; on imposa silence, sous des peines sévères, aux prédicateurs non
Hftirtinii rcligii use.
Première* rij«ucun.