‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 147 sur 224 · MO · texte numérisé non relu

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Jeanne lirai, sa lillc,a|>|>ril en meme temps que le trône était vacant et qu'elle était appelée a y monter. Mlle entrevit soudain les dangers d'une élévation si haute, à laquelle d'ailleurs elle ne pensait point pouvoir atteindre sans crime: « Le trône, disait-elle, était l’héritage de la princesse Marie, de la tille de Henri Vin, et il lui était défendu d'y prétendre. » Sa famille ambitieuse triompha entin de sa répugnance, de ses larmes, de ses terreurs : l'intérêt de la religion protestante , quelle professait , et qu’on lui montra en péril, fut de nouveau invoqué : l'infortunée se résigna, elle accepta le sacrifice, et le bandeau des rois fut pour elle celui «les victimes.

Warvick n’avait point réussi à s’emparer des deux sieurs d’Edouard. Marie se rendait à l’ordre supposé de son frère et approchait de Londres, lorsque instruite par une secrète dépêche du comte d’Arundel, de la conspiration tramée pour sa ruine, elle rebroussa chemin et se retira dans le comté de SulTolk, où elle appela aux armes toute la noblesse du royaume, prête d’ailleurs à s’embarquer et à faire voile pour la Flandre, si l’Angleterre l'abandonnait.

A celle nouvelle foudroyante pour ses projets, Warwick n'espéra plus «pi'en son audace. 11 n’était plus temps de dissimuler : il déclara hautement le choix «pi'Edouard avait fait de lady Jeanne Gray pour lui succéder et l 'avènement de celle-ci au trône. L’usage des souverains était alors de passer dans la Tour les premiers jours de leur règne; Warvick y fit conduire Jeanne Gray, entourée de tout l’appareil de la royauté et suivie des membres du conseil, que Warvick y tint enfermés avec elle pour s'assurer contre leur défection.

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Jeanne (îray, par son ordre, fut proclamée reine dans la capitale et dans les comtés du voisinage; mais le peuple ne voyait dans cette jeune femme, dont il ne connaissait pas le rare mérite, que l'instrument docile d’une tyrannie détestée, et nulle part il ne se leva pour elle. Le parti de la tille de Henri Mil grossissait à chaque heure : de toutes parts, la noblesse accourait se ranger sous son drapeau; Elisabeth elle-même amena mille cavaliers à sa sœur : leur cause, disait-elle, était commune. Le seul motif qui empêchât encore le peuple du comté de SufTolk, fort attaché à la réformation, de se déclarer pour elle, était la crainte de voir la nouvelle religion renversée. Marie jura de ne rien changer aux lois d’Edouard, et cette promesse lui rallia toute la province. Son armée, forte déjà de douze mille hommes, prit le chemin de Londres pour combattre celle que Northumberland rassemblait avec peine à Edmunsbury. La défection déjà se montrait partout autour de Warvvick; il lui fallut, pour ranimer, s’il était possible, celle armée par sa présence, quitter la Tour où il tenait les conseillers de la couronne toujours renfermés et il laissa ainsi derrière lui le champ libre à ses ennemis. Ceux-ci sortirent de leur prison et de la capitale; ils tinrent conseil au château de Baynanl, dans le voisinage de Londres. Annule! le premier prit la parole contre Northumberland dont il rappela l’ambition, l’injustice et la cruauté; une prompte soumission à l’héritière légitime pouvait seule, disait-il, détourner de leur tète les périls «pii les menaçaient. Pembroke soutint son avis qui ne fut pas combattu, et le conseil de Londres fut immédiatement invité à proclamer Marie. Lady

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