‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 17 sur 224 · R F. C > E I1E RICHARD II · texte numérisé non relu

R F. C > E I1E RICHARD II

ITcmit'ic partie <lu règiu- de Richard II.

Au grand règne d’Edouard lit succéda le règne déplorable de son petit-flls Richard II. Il y avait dès lors en Angleterre tous les éléments du gouvernement mixte, qui, plus tard, a fait sa grandeur et sa gloire; mais ces éléments étaient encore abandonnés à eux-mêmes, sans modérateur, sans aucun principe suffisant d’action régulière et constante. La royauté, le clergé, l’aristocratie et la bourgeoisie, existaient comme autant de rouages d’une puissante machine , qui , avant d’être ajustés et gouvernés par une main savante et d’obéir de concert à une

Mac-lntusli, Histoire d' Angleterre, règne d'Édouard III.

IIKIIUlll II.

impulsion commune, sc meuvent isolément, procèdent par secousse et se heurtent l’un l’autre, au risque de se briser; et à ces causes de désordre et d’anarchie, il s’en joignait d’autres qui se manifestèrent avec plus ou moins de force, vers la fin du xiv* siècle, dans la plupart des contrées de l’Europe occidentale.

Presque tous les trônes étaient occupés alors par des princes faillies et incapables : le sceptre de l’Angleterre tombait dans les mains d’un roi de onze ans :1c fléau d’une minorité sans terme commençait aussi pour la France, sous le malheureux Charles VI; l’Allemagne reconnaissait |iour empereur, dans Wenceslas, flls de Charles VI, un prince abruti par l'intempérance; Charles le Mauvais régnait en Navarre, et Jeanne, meurtrière de son mari, laissait flotter à Naples les rênes d’un royaume en proie aux factions; enfin, tandis que le respect des peuples, affaibli par tant de causes, allait décroissant pour leurs princes temporels, il diminuait dans une proportion plus effrayante encore pour leurs chefs religieux. Le clergé, corrompu par l’indolence et les richesses, donnait d'affreux scandales, dont nous avons de nombreux et d'incontestables témoignages dans les écrits des contemporains les plus éminents par la science et par la piété. La désolation de l’Eglise s’était accrue par le long séjour des papes à Avignon : cette période de soixante-dix ans, (pii fut comparée à la captivité de Babylone, dura jusqu’au retour de Grégoire XI à Home, et fut suivie à sa mort, en 1338, d’une époque plus malheureuse encore et connue dans l’histoire sous le nom de grand schisme d’Occident '. On vit alors, et du-

I. A la tnorl «le Grégoire XI, la grande majorité île* cardinaux, réunis on

L’ Europe à la fin du XIVe siècle.

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