Hume, llist. H’ Ançt., |3B
Anabaptiste».
lions à la morale; les peines qu’elle infligeait riaient arbitraires ; elle ne relevait d’aucune autre cour, jugeait en dernier ressort, et rappelait,à beaucoup d'égards, par son institution comme par ses attributions et privilèges, lndicux tribunal de l’inquisition.
La nation était divisée en trois grands partis religieux : les membres de l'Eglise anglicane , les puritains, les catholiques. A chacun de ces trois partis religieux correspondait un puissant parti politique , et tous avaient la même horreur pour les anabaptistes, nom sous lequel ou confondait à tort les membres d’une secte inofTensive qui ne donnait le baptême qu’aux adultes, avec les fanatiques successeurs des brigands qui, un demi-siècle auparavant, avaient ravagé la Saxe et mis l’Allemagne en péril. On désignait sous le même nom quelques sectes extravagantes qui soutenaient que la pureté des vrais chrétiens les mettait à l’abri du péché, qu’il devait exister entre eux une communauté de biens, et qu’une société si parfaite n’avait besoin ni de ministres dans l’Eglise, ni de magistrats dans l’Etat. Plusieurs Hollandais, membres de cette dernière secte , furent saisis dans le voisinage de Londres en l’année 1 575, condamnés au feu, malgré l’éloquente défense du célèbre puritain John Fox1, et brûlés à Smithfield , au lieu même où les coreligionnaires d’Elisabeth avaient été* jetés dans les flammes sous le règne précédent.
Les moyens violents et terribles auxquels Elisabeth eut recours pour étouffer tout esprit de dissidence parmi