‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 179 sur 224 · IJ V R K IV. CH A K II RK III · texte numérisé non relu

IJ V R K IV. CH A K II RK III

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Découvertes.

Terre-Neuve. Edouard VI envoya sir Hugues Willoughby et Richard Chancellor explorer, avec trois navires, les eûtes septentrionales de l’Europe et de l’Asie : le premier périt de froid à l’embouchure d’un fleuve de Laponie, le second gagna Archangel, puis arriva par terre à Moscou, résidence du prince russe Ivan Vassilowich VI, qui le premier fut revêtu du titre de ezar de Moscovie. Elisabeth entretint avec lui des relations utiles, et obtint de grands privilèges pour les négociants anglais.

Parmi les hommes qui se distinguèrent sous son règne par des entreprises hardies ou des découvertes lointaines, les plus illustres furent Antoine Jcnkenson, qui employa trente-six années de sa vie en voyages sur terre et sur mer, depuis Alger jusqu’à l’extrémité septentrionale de la Moscovie , et depuis Londres par Moscou jusqu’à la Perse; Martin Frobeshcr, qui le premier aperçut la mer Intérieure, appelée depuis Baie d’Hudson, et enfin John Davis qui pénétra dans la mer Septentrionale par le passage auquel il donna son nom. Vers le même temps d'autres entreprises, moins pures mais non moins fameuses, étaient tentées avec un succès inouï pour acquérir des richesses par le commerce des esclaves sur les côtes de l’Afrique et pour ravir les trésors du nouveau monde. Elles étaient exécutées par d’audacieux aventuriers qui portaient le fer et la flamme dans les colonies espagnoles et portugaises. Quelques-uns de ces hommes hardis, flibustiers ou pirates, s’élevèrent aux honneurs par de sanglants exploits; les plus célèbres, sous ce règne, furent sir John Hawkins, sir Martin Frobeshcr et, en première ligne, sir Francis Drake,

ÉLISABETH

qui débuta par des actes odieux de piraterie et finit par employer au service de son pays ses rares connaissances et ses grands talents. Après le pillage de plusieurs établissements espagnols et au retour d’expéditions sanglantes et dévastatrices , il entreprit , comme avant lui Magellan, de faire le tour du monde. Magellan avait eu la gloire de dé montrer que le succès était possible, mais il mourut dans son entreprise , et Francis Drake accomplit la sienne. Elisabeth l’encouragea et lui dit au départ : « Quiconque t’attaquera, Drake, nous le regarderons comme nous attaquant nous-mêmes. » A son retour elle dîna à son bord et lui conféra le titre de chevalier. Quelques années plus tard , Drake brilla , sous les murs de Cadix, la flotte qui protégeait les galions d’Espagne chargés des trésors du nouveau monde, s’empara de plusieurs bâtiments, insulta Lisbonne, et saisit enfin une riche cargaison dans les parages de Tercère. La même année Thomas Cavendish, avec trois bâtiments armés à scs frais , pénétra dans la mer du Sud par le cap de Bonne-Espérance et après avoir enlevé dixneuf vaisseaux espagnols, entra en triomphe dans la Tamise, chargé d’immenses dépouilles.

Philippe II cependant avait mûri ses plans en silence; il était prêt enfin à exécuter contre Elisabeth des projets médités depuis vingt ans pour la déposséder et pour assurer le triomphe de l'Eglise catholique en privant les protestants de l’appui du seul sceptre en état de balancer, sa propre puissance. Depuis cinq ans déjà il avait fait construire une foule de bâtiments de toute grandeur dans les divers porls

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<lo 3cs étals, en Espagne, en Portugal et en Italie : il les fit armer et mettre en mer au printemps de l’année 1588, et assigna l’entrée du Tage pour le rendez-vous général de la flotte <|ui fut nommée l’invincible Armada. Vingt mille hommes de troupes y furent embarqués, le commandement général fut donné au marquis de Santa-Crux, bientôt remplacé par le due de Médina-Cœli : le duc de Parme, Alexandre Farnèse, alors en Flandre, eut l’ordre de joindre Y Armada avec la flotte de la Manche et son armée de trente mille hommes d’infanterie et deux mille chevaux. Les forces totales déployées par l’Espagne dans cette circonstance furent d’environ deux cents voiles et cinquante mille hommes de troupes de débarquement, \ compris l’armée espagnole des Pays-Bas. Cette immense expédition était approuvée et soutenue par une bulle du Pape Sixte V, confirmant les bulles antérieures de Pie V et de Grégoire XIII, et déclarant Elisabeth déchue du trône. La reine d’Angleterre , lorsqu’elle eut connaissance du danger, n’était point préparée à le repousser : mais elle prit aussitôt les mesures nécessaires avec autant d’habileté que de promptitude. Elle craignit une invasion simultanée des Ecossais dans le nord et des Espagnols au sud ; et, par une adroite négociation, elle obtint la neutralité de Jacques VI; elle ordonna une levée générale des milices, l'armement des côtes et l’équipement d’une flotte considérable, dont elle confia le commandement à lord Howard Effingham, amiral d’Angleterre, et la direction réelle à Hevvkins, à Frobashcr et à sir Francis Drake. Toutes les classes de la population rivalisaient pour le salut

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commun du pays; Londres seul fournit trente - trois vaisseaux à la flotte, qui mit à la voile vers la fin du mois de juin et vint à la rencontre de l’ennemi dans la Manche.

Déjà YArnmda, assaillie par une violente tempête sur les côtes, avait éprouvé de grands désastres, et avant que le duc de Parme l’eut rejointe avec son armée, elle se vit en présence de la flotte anglaise ; les Espagnols avaient reçu de Philippe II l’ordre de ne point engager d’action décisive jusqu’à l’arrivée de Farncse : attaqués par les Anglais, ils perdirent quelques ,*r„l(! vaisseaux et. dans la nuit, ils virent avec épouvante huit ,, de , bâtiments en flammes venir à eux. Ils coupèrent promptement leurs câbles pour éviter le feu : leurs navires (,S88) se heurtèrent les uns contre les autres avec une épouvantable confusion, et, bientôt après, il s’éleva un vent violent du sud-ouest qui repoussa la flotte ennemie vers le continent, et les Anglais virent avec joie, au point du jour, l’invincible Armada dispersée sur la côte, d’Ostende à Calais. La canonnade s’engagea des deux parts, mais le vent était toujours contraire aux Espagnols, qui perdirent de nombreux bâtiments sur les sables des bouches de l’Escaut : leur flotte, réduite de moitié, tenta de se frayer une voie de retour par le nord de l’Ecosse et de l’Irlande; leurs seuls ennemis, dans ces dangereux parages, furent les orages et les vents; les côtes furent semées des débris de leurs navires, et, le 1" septembre, l'amiral de Medina-Cœli ramena les restes de sa flotte dans le port de Saint André; il avait perdu trente vaisseaux de premier rang, une centaine environ de bâtiments inférieurs et dix mille hommes.

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