De mont Irai ion of discipline
2. Ou lit d'intérevsani» détails « ce sujet dam une loi ire anonyme écrite de Londres en 1590, a Antoine liacon, et que Birch nous a conservée dans tes Mémoires. T. I. p. 61. On v voit que »ir Waller Haleiçli intervint pour «juver la \ic d'1 dall.
Kl.ISAIIF.ril.
' tension donnée au statut contre le crime de lèse- majesté, cond.n.nainm vit dans l'ouvrage un libelle contre la personne de la J reine, sous prétexte qu’il attaquait le gouvernement établi par elle dans l’Eglise. Ldall fut condamné à mort : il se rétracta, il obtint la vie pour prix de son désaveu et mourut dans les fers. Mais, pour les puritains comme |>our les catholiques, toutes ces rigueurs n’eurent pas l’effet espéré, et le nombre des dissidents s’accrut chaque jour.
Entre la chambre étoilée et la haute cour ecclésiastique il n’y avait aucune sécurité contre l’oppression, et l’on conçoit que la reine ait montré peu d’égards pour les libertés de son peuple lorsque le parlement les violait lui-même par ses statuts, ou les oubliait, en tolérant la procédure odieuse et arbitraire de ces cours.
Les princes de la maison de Tudor en convoquant leurs parlements n’eurent guère en vue que d’obtenir des iiapp0i i, subsides ou de nouveaux statuts pour établir la discipline et la liturgie de l’Eglise, ou |>our châtier les dissidents, quels qu’ils fussent, catholiques ou puritains. La parcimonie d’Elisabeth rendit pour elle moins nécessaire que pour ses prédécesseurs le fréquent recours à son peuple pour en obtenir des subsides, et elle n’ouvrit que dix sessions parlementaires dans le cours de son long règne.
Elle ne rencontra dans les neuf premières aucune résistance sérieuse : les lords et les communes répondirent avec un empressement généreux à ses demandes d’argent : ils s’associèrent à sa politique pour l’établissement de l’Eglise et à ses vengeances contre ses ennemis et en particulier contre l’infortunée reine d’Ecosse. Les deux chambres évitèrent soigneusement île l’offenseï en assignant des limites a sa prérogative: mais a
4',ll» II VII K IV. CHAPITHK III.
leurs yeux, il importait avant lout que la succession au trône fût assurée, et elles exprimèrent plusieurs fois et avec force leur désir à la reine, d’abord en l’invitant à prendre un époux et plus tard à désigner son successeur. Elisabeth évita toujours de répondre sur ces deux points : elle s’honorait, dit-elle, de son titre de Reine vierge, et désirait qu’il fût gravé sur son tombeau. Quant au choix de son successeur, la politique lui prescrivait une grande réserve : l’insistance de ses par lements sur ce sujet lui était odieuse, et elle Unit par leur interdire toute intervention à cet égard d’une façon péremptoire et courroucée.
Les questions religieuses, inséparables des intérêts de la succession, étaient celles qui préoccupaient alors le plus vivement les esprits , et dès les premiers parlements du règne, les puritains élevèrent la voix, au sein des communes, pour obtenir la réforme de la liturgie, l’extirpation de nombreux abus, et jiour restreindre, en matière ecclésiastique, les prérogatives de la couronne. Strickland fut l’éloquent interprète de leurs vœux dans le parlement de 1571 et nous l'avons vu expulsé des communes par l’ordre du conseil. La reine jiermit plus tard à Strickland de reprendre son siège ; mais elle interdit formellement aux deux chambres de s’occuper, sans son aveu, des questions ecclésiastiques et d’intervenir dans les affaires d’fitat. Quelques voix hasardées osèrent protester contre cette défense, et l'histoire a conservé les noms de deux membres des communes, Paul et Pierre Wentworth ',
On le* croit fu*rr* : le premier, l'an! Wctilwot lit , avait fait, «luns le parlement de 1502, un appel êurrp.ique aux privilège» lier commune».
KI.ISAHK1H.
qui protestèrent courageusement contre les prétentions
nouvelles de la couronne. Le second de ces membres
ayant revendiqué, dans la session de 1373, avec moins de
prudence que de hauteur, comme le plus précieux privi-.
Emprisonnement
lége du parlement, la liberté de la parole et le droit de dire ci la vérité à la reine abusée par ses flatteurs, les communes cn"J,^n“"on s’etfravèrent d’un tel langage ; elles ôtèrent elles-mêmes IVr"' , la parole ci l’orateur, le firent arrêter par leur sergent d’armes et nommèrent, pour le juger, un comité coin- 1
posé de ceux de leurs membres qui appartenaient également au conseil privé. Ce comité, devant lequel comparut Wentworth, siégea dans la chambre étoilée ', et les communes, après avoir ouï son rapport, condamnèrent Wentworth à demeurer prisonnier à la Tour durant leur bon plaisir. Le mois suivant, il fut remis en liberté par un ordre de la reine qui savait garder* encore, dans l’exercice même d’un pouvoir absolu, une mesure prudente et une habile réserve. Elle prit dans la suite un ton plus lier et plus hautain : la longue possession du pouvoir, l’habitude du succès, la défaite de tous ses ennemis, l’enivrement d’une popularité qu’aucun échec n’avait encore ébranlée; tout concourait à la rendre plus impatiente des obstacles, plus terrible à ses
I. Il est étrange que les communes aient consenti, dans crtte circonstance, k confondre leur juridiction avec celle delà chambre étoilée. Pierre Wcnlwortli avait une idée plus juste et plus haute du privilège des communes : • Si vous m’interrogez comme conseillers privés de sa majesté, dit-il aux membres du comité, vous m’excuserez si je ne vous réponds pat ; je ne suis pas ici un simple particulier, je suis un homme public, un conseiller pour le pays entier dans une asserabléeoù c’est mon droit de parler librement, et vous n’avez poin1 à me demander compte des paroles que j’y ai prononcées. Mais si vous m’interrogez comme membres d’un comité nommé par la Cbambrc, je vous répondrai de mon mieux. • D’Evret, ut .tuprà, p. 241.
Session
parlcmculairc
de
ennemis, et sa violence allait croissant comme son orgueil et ses forces. Les communes dans le parlement de 1392 en firent l’épreuve, et il convient d’arrêter un moment nos regards sur cette assemblée, qui mieux qu’aucune autre fera comprendre les relations mutuelles de la couronne el des parlements dans la durée presque entière de ce règne.
C’était la même chambre qui, élue en 1384, s’élail associée à la politique religieuse de la reine et à son implacable ressentiment contre l’infortunée Marie d’Ecosse. Elle comptait, parmi ses membres, quelques-uns des hommes les plus éminents du royaume, et destinés à une haute illustration; François Bacon, Edouard Coke, Walter Raleigh, Robert Cecil, fils du grand trésorier Burleigh. Quelques voix s’étaient toujours élevées avec force au nom de l’intérêt du pays dans le sein de cette chambre, et surtout dans la session de 1389, pour protester contre la pesanteur de certaines taxes et contre les abus de la prérogative royale particulièrement dans l’exercice du droit de pourvoirie. Elisabeth n’avait répondu à ces plaintes que par de vagues promesses non suivies d'effet. Les communes néanmoins s’étaient montrées libérales dans leurs offres chaque fois que la reine les avait sollicitées, et elles avaient bien mérité d’elle en lui témoignant en toute occasion une fidélité obéissante jusqu’à la servilité.
La session de 1392 fut ouverte en présence de la reine, dans la chambre des lords, par un discours du garde des sceaux, sir John Piekering, qui montra Philippe II conspirant dans toute l’Europe la ruine de l’Angleterre, la menaçant par ses armes en France et dans les Pays-Bas,
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fl uchetant contre elle à prix d’or le concours de 1 Kcossc La reine, dit-il, demandait aux communes les moyens nécessaires pour conjurer de si grands périls et elle les avait réunies pour ce seul objet *. Invitées a élire leur orateur (speaker), les communes firent choix du célèbre jurisconsulte sir Edouard Coke, et celui-ci, le jour même de son installation, après avoir adressé la parole à la reine dans les termes les plus humbles pour luimême I. * 3, supplia sa majesté, au nom des communes, d’accorder à leurs membres ce qu’ils considéraient comme leurs privilèges d’après les coutumes anciennes, savoir : liberté de la parole, sécurité pour leurs personnes et libre accès auprès de leur souveraine, pour lui soumettre les résultats de leurs délibérations. A ces trois demandes la reine répondit (>ar la bouche de son garde des sceaux : « Le privilège de la parole vous est accordé, mais seulement dans de justes limites : il ne consiste pas pour chacun à répéter ce qu’il a entendu ou à dire tout ce qui lui vient dans l’esprit : ce pri-
I. Lord Burleigh fit dans U chambre des lords, au début de cette mémo session, un très-remarquable exposé de la puissance de Philippe, de scs liâmes en Europe, et des périls du royaume. Voyex d’Exvcs, uf fuprâ, p. 459,
2 Trop de gens, dit le garde des sceaux, se sont complu précédemment dans de longs discours remplis de paroles vaines cl oiseuses. Il n’en doit pas être ainsi : l'intention de la reine est que les sessions soient abrégées*, etc. Ibid.
3. Le choix, dit-il, qu’ont fut de moi vos fidèles sujets de U chambre des toinmuues, pour parler en leur nom devaut votre majesté, n’est qu’une simple nomination et ne deviendra une élection véritable que lorsque votre majesté aura daigné l’apptouver : de même que daus les deux une étoile n’est qu’un corps opaque jusqu’à ce qu’elle ait reçu la lumière du soleil ; de même, je ne suis qu’une personne muette, un corps sans lumière jusqu’à ce que l'eclalauic sagesse d* votre majesté se tourne vers moi cl m'autorise a parler. Ibid., p. 400, 860.