‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 188 sur 224 · LIVRE rv. CIlANTUK III · texte numérisé non relu

LIVRE rv. CIlANTUK III

Abjuration

de

Henri IV.

quinzièmes en décidant qu’ils seraient partagés et ré partis sur l’exercice des quatre années suivantes

Tels furent les principaux incidents de cette session qui caractérise le rôle des parlements au xvi* siècle sous les Tudors et dans laquelle, malgré le langage ferme et hardi d’un petit nombre de membres appartenant la plupart au parti puritain, les communes ne montrent qu’un faible souvenir de leur rôle sous les Plantagenets, sans faire pressentir encore l’importance nouvelle ni la Hère altitude qu’elles prendraient bientôt sous les Siuarts.

La dissolution de ce parlement par la reine (avril 1593) précéda de peu de mois seulement un événement considérable, l’abjuration de Henri IV, qui ouvrit à ce prince les portes de Paris, mais qui lui enleva, pour quelque temps du moins, l’amitié d’Elisabeth et son assistance La cour d’Angleterre se montrait toujours partagée, ainsique le gouvernement, entre deux partis puissants à la tète desquels était le vieux trésorier d’Elisabeth, lord Rurleigh, et son jeune favori Essex. Le premier, voyant le roi d’Espagne usé par l’âge et par l’excès des plaisirs, son grand général, le prince de Parme au tombeau, et Henri IV réconcilié avec la majorité des catholiques français et par conséquent en état de résister par lui-inème aux forces espagnoles et aux derniers efforts de la ligue, inclinait à s’abstenir de prendnf une part active dans ses

1 . Ce remai quablc compromit, proposé par Waller Ualeigli et adopté par la chambie, a échappé a l'historien Huovc comme a Lingard, el ne te voit pat dan* le précieux recueil déd’Ewes, l'annaliste des parlement* de ce régne. Je l'ai trouvé dans Ccbbelt's, parliamentary hislory of tlngland, vol. itr, p. 887-888.

2. Cotte princesse écrivit, dans celte grave circonstance, à Henri IV uue lettre tévère que Camdon nous a conservée et qu'elle termine ainsi : « Votre bonne *tcur a la vieille mode, je n’ai que (aire de lu i ouvelle. Annales

KI.ISA BETII .

affaires. 11 suffisait à sa prudence que la guerre Civile et la guerre étrangère occupassent sur le continent les Français et les Espagnols, et que Philippe II fût mis ainsi dans l’impuissance de rien entreprendre contre l’Angleterre. Essex au contraire, ardent, martial et ambitieux, insistait pour qu’Elisabeth continuât ses secours à Henri et ne manquait pas non plus de motifs sérieux à l’appui de son opinion. 11 importait, disait-il, que ce prince ne fût pas amené par la nécessité à traiter avec Philippe II : une prompte paix, conclue entre la France et l’Espagne, aiderait celle-ci à réduire les Pays-Bas ; l'Angleterre aurait ensuite à soutenir seule tout l’effort de scs armes *. Elisabeth reconnaissait la force de ces raisons; mais elle était avare de ses propres ressources; il. lui répugnait d’accorder gratuitement à Henri ce qu’elle espérait lui vendre ; elle offrait donc de mettre des troiq>es dans Calais, dans Dieppe, dans Boulogne et quelques autres places de la côte, et pour prix de son assistance elle demandait que Calais lui fût rendu. L’honneur seul, quand même l’intérêt de la France l’eût permis, défendait au roi de souscrire à cette condition humiliante1 2 3, et la négociation était encore ouverte lorsque, par une attaque hardie autant qu’habile, Calais tomba aux mains des Espagnols. La chute de cette place, citadelle avancée contre l’Angleterre, et sa possession par les ennemis les plus acharnés de son peuple et d’elle-même décidèrent enfin Elisabeth à conclure un nouveau traité avec

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