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ennemis usèrent pour le perdre des armes qu’if leur donnait contre lui même : ils entretinrent la reine de ses folles dépenses, de ses nombreuses intrigues, de ses paroles orgueilleuses et légères, et préparèrent ainsi de loin la chute du favori. Elle devint imminente à la suite de grands troubles survenus en Irlande, où les indigènes se soulevèrent en masse contre la population anglaise. Dans un conseil où le choix du lord lieutenant ou viceroi de cette contrée était vivement disputé, Essex ayant „ , . . , soutenu avec trop de chaleur son avis contre la reine,
entre e».ci reçut d’elle un soufflet : Essex, par un mouvement irré- U reine, fléchi, porta la main à son épée, et, retenu par le grand amiral, présent à cette scène, il sortit furieux, s’écriant qu’il n’eût jamais souffert cetle insulte du père d’Elisalieth et la supporterait encore moins d’un roi en jupon. Cependant avec le temps il recouvra, du moins en apparence, son ancienne faveur, et la mort le délivra de son plus dangereux ennemi. Le grand trésorier Burleigh expira dans l’année 1598, laissant la réputation méritée d’une fidélité à toute épreuve, d’un esprit sage, éclairé par une longue expérience, mais sans beaucoup d’élévation, et qui ne sacrifia jamais à un entraînement passionné les résultats du calcul, les suggestions d’un grand sens pratique et d’une froide raison. Il se trouvait en possession d’un pouvoir immense, employé quarante ans avec un rare succès au service de sa religion, de sa souveraine el de son pays, el il transmit à Itobert Cecil,
1) ion dépeinte dans cet lignes du journal d'Harrington : • Lu reine cnnnalt 1rs moyens d’abaisser cet esprit hautain ; mais l’esprit hautain ne tait pas plier, et l'àmn de cet homme semble agitée par un fluv ci irflus perpétuel comme lis vogues d'un océan soulevé. • (Üfiÿtr anliqiur , v. i, p. 80.)
Mort
de
lord Burleigh.
KI ISAHF.I H.
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son fils, une partie de son crédit et de ses honneurs Cette même année mourut Philippe 11 le rival d’Henri IV, le grand ennemi d’Elisabeth et de son |>euplc; il expira à l’âge de soixante-dix ans, usé par les excès de l'intempérance autant que par les soins et les soucis du trône. Il avait régné quarante-deux ans, mettant un dévouement qui ne fut pas sans grandeur, une rare énergie, une étonnante profondeur de calculs et une activité prodigieuse, au service d une cause, seule véritable à ses yeux comme a ceux des ennemis de toute lumière et de toute liberté, et non moins funeste à ses peuples qu’à l’humanité tout entière, li eut pour successeur son fils Philippe III, jeune prince de vingt ans sans expérience et sans force, sous lequel la guerre se prolongea durant quelques années encore entre l’Angleterre et l’Espagne.
La sanglante révolte de l'Irlande secondée par les secours de ce prince, les égaremeuts et la chute du comte d’Essex, assombrirent les dernières années du règne d’Eiisabeth. La réforme religieuse ne s’était point étendue en Irlande parmi la population indigène : celle-ci était restée catholique et se trouvait ainsi séparée, par le culte comme par la nationalité, des chefs qui l’administraient, et de la population anglaise qui avait formé des établissements importants dans l’île. Quelques soulèvements avaient eu lieu, et un irlandais, Hugues de Dungammon, qui s’était signalé au service de la reine dans ces troubles, avait été récompensé par le don du comté de Ty-
I . Camden rend a Burleigb cc beau témoignage : qu’il avait assez vécu selon l’ordre de la nature, assez aussi pour !a gloire, pas assez pour son pays (satis naturar, satisque gloriie, patriv autem non satis). Pars IV, Itisloriar. Elisab. Ânçl. Ht gin., p. 709.
Mort
de Philippe II.
Situation
de
l'Irlande.