I. Ibid
î Ibd.
ELIS ABETI! .
Sur la scène, au premier rang, apparaît Shakespeare, qu’il suffit fie nommer. Après lui, et pour ne citer que ceux qui furent dans leur temps les plus célèbres, nous nommerons Beaumont et Fletcher, Ben Jonson, Becker,
Ford, Marlowe, Mififileton et Ravvlev, et dans des genres divers, Edmond Spenser, l'immortel auteur de la Reine des Fées ( the fairy queen ) , le brillant sir Philip Sidney, longtemps très-célèbre par son poème de F Arcadie dans le roman pastoral, le satirique Thomas Nash, Richard Green, non moins fameux par ses débauches et ses malheurs que par une touche pleine de naturel, d’élégance et de sensibilité l; Gervase Markham, enfin, le plus fécond peut-être des écrivains anglais, cl dont l’existence offre un curieux exemple de la vie agitée, variée, pleine d’accidents et d’émotions des hommes de celle époque, et qui fut tout ensemble agriculteur, grand chasseur, poète et guerrier*.
Dans la philologie et l’érudition classique, le siècle d’Elisabeth eut plusieurs hommes qui sont restés célèbres et d’abord Roger Ascham, précepteur de la reine et professeur à Cambridge, Thomas Wilson, Henri Sa- Erudii» ville et Thomas Smith, contemporains du savant écossais pbiloiophe». Georges Buchanan et de Walter Haddon, dont Elisabeth faisait une estime toute particulière3.
1. J’indiquerai entre attire» le chant délicieux d’une mère à son enfant qui commence ainsi :
Wecp not my Wanlon, smile upon my knee,
Wlien lliou art old i Itérés j»n.f enough for lhee, etc.
2. Ses livres sur l’agricullure et les occupations champêtres ont été en grande réputation et n’ont point été surpassés en Angleterre jusque vers le milieu du XVIIT siècle.
3. Elle disait d’eox : • Buchanan omnibus antepono, Haddonum neniiiii postpono i
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Plusieurs chroniques curieuses cl des mémoires intéressants furent écrits sous ce règne duquel date aussi la publication des premiers journaux en langue anglaise : mais quoique beaucoup d’écrits en prose, dans tous les genres, aientélé publiés dans cette longue période, il est remarquable qu’elle ail produit si peu de prosateurs estimés. Un petit nombre seulement obtinrent, vers la lin du règne, une réputation que le temps a confirmée : ce furent llooker, auteur d'un excellent traité sur le gouvernement ecclesiastique *, l’annaliste Camdcn, surnommé le Pausanias de l'Angleterre *, sir Walter Raleigh, auteur d’une histoire du monde, très-célèbre alors et qu’on ne lit plus : sir Edouard Coke, fameux jurisconsulte dont les Institutions du droit d'Angleterre sont encore classiques dans le royaume.
Au-dessus de tous ces noms commençait alors à s’élever celui de l’homme qui, mieux que tout autre peut-être, a montré par son exemple, toute la distance qu’il y a entre le sens moral et le génie, de François Bacon, qui mérita cette gloire d’être appelé le pionnier de l’humanité dans le champ de la philosophie. Grand écrivain autant que grand philosophe, sa prose ferme, nette et précise, a en même temps la sublimité de la poésie 3. 11 fit faire un progrès immense à l’éducation de l’esprit pour l’acquisition de la vérité, en signalant tous lesobs-
I. Voyei une lumineuse analyse de cet ouvrage dans Vtiist contl . d' Av fi. , fat M. lUlInm.
%2. .Son |»i and ouvrage est iniilul* Brilnnnitr detcriplio. 11 est aussi l'auteur d’une Histoire trés-cstiim'e du rtgne d'Elisabeth.
3. • Même en ratant le *ol, Bacon nous montre lot ailes de l’aigle.* (Htmutal, Bit!, du chancelier Bacon.)
ÉLISABETH