‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 212 sur 224 · SR · texte numérisé non relu

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lacles qui en obstruent la route, Le temps lui manqua pour appliquer lui-mème sa méthode et pour s’immortaliser dans la pratique comme dans la théorie ; mais il fut, selon la belle expression d'Horace Walpole, le prophète des grandes vérités que Newton vint depuis révéler au monde.

Tels furent les hommes qui, dans les lettres et les sciences, ajoutèrent l’éclat de leurs noms à la gloire d’Elisabeth, sous laquelle fleurirent, pour diriger ses conseils, tant de |>olitiques profonds ou habiles, les n,,,,,,,,,,, Cccil père et fils, François Walshingbam, Nicolas Bacon,

Fortcseiie, Buckhurst, Egcrton, etc.; qui put mettre à la tête de ses armées un John Norris, un Francis r,<‘n<‘r*u'- Verc, les deux Sidnevs, un Howard, un Monljov, un Essex enfin, le plus brillant des chevaliers d’Angleterre si Philippe Sidney, le Bayard anglais, n’eût vécu sousm« ri ni célèbre*, ce règne à qui la fortune enfin donna Hawkins,

Forbisher, Walter Haleigh , Drake et Cavendish , pour explorer les continents et les mers, et commander ses escadres.

C’est au milieu de ce magnifique cortège d’hommes cootidAniim» d’Etat, de guerriers, de penseurs et de poêles qu’Elisabeth nous apparaît dans l’histoire s. Sa cour présente

1. (/histoire a conservé de lui un trait d'une grande générosil i\ Blessé h mort à Zutplicn, rt coucha à terre tout sanglant, comme on lui apportait un peu d'eau pour apaiser sa soif, il la fit donner à un soldat qu'il aperçut blessé n ses côtés : Cet homme , dit-il, en a besoin plus que moi.

Papiers de Sidney, 1. I, p. |0G, lettre de lord Brook.

2. C’est ainsi qu'elle apparaît au dernier des barde* sur le Snowdon, dans l'ode pimlarique de Gray.

But oli wbat solenm scènes on Snovrdon’s lieight,

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sans doute aux regards, comme toutes les cours, un grand mélange : on y voit, a côté du mérite, l'affectation et la frivolité; près de l’élégance la corruption : mais elle était aussi la grande école de la civilisation et du progrès dans tous les genres ; elle se distinguait par la décence extérieure, par le décorum emprunté aux usages espagnols et par la sévère étii|uelle 1 (|ui fut plus tard l'un des principaux caractères de la cour de France. Son influence, secondée par le goût gé-

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| L’tMiquelle obieivéc à la cour d’Kli*abelli, rappelail celle en u»agod«ua le» cour, .te l’Orient. Nichai, dans son curieus ouvrage («), nous moulre la rcino Eliuktlh portée, en gr.n.le pompe, .ur les épaules des oflie.ers do sa maison, et le voyageur Henliner, introduil dans la salle du banquet, noua apprend le cérémonial obserr é pour le aerti.t de la rcino dans les jours ordinaires. Les gentilshommes et les demoiselle, d’honneur qui la serraient dit- il, ne .'approcliaie.it ou ne s’éloignaicnl de la table royale qu'aprb. Iroia

génuOesious Partout, dit encore Heiilaner. ou la reine jelail se» regai ds,

le, assistants tombaient i genou, (»). Horace W.lpole fait X ce sujet 1. remarque sui««..te : on e,t porté, dit-il, à souri.c de re culte rendu a une r.etllo f. m me mai. l’on comprend aussi quelle mille pu..Sanee était cachée sou, tant de faiblesse spp.rente pour Unir de la sorte dan. le respect et le crainte un peupie comme le peuple anglai*.

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ïiéral pour les choses de l'esprit, par l'attention nouvelle donnée aux questions religieuses, par l'étude familière des livres saints, et par la stabilité d’un gouvernement prudent et sage, contribua puissant ment à l’éducation forte et sérieuse que reçut alors une partie de la noblesse et de la bourgeoisie. Il en sortit, dans les vingt-cinq premières années du xvii* siècle, une génération d’hommes remarquables1, très-supérieurs aux hommes de l’âge suivant, et qui furent les dignes descendants de ceux que la fortune donna pour contemporains à Elisabeth. Nous voyons s’élever au milieu d’eux la figure de cette grande reine comme plus tard nous apparaît en France, celle de Louis XIV entre les célébrités de son règne. Ils eurent l’un et l’autre celte gloire de donner, chacun dans leur royaume, leur nom a leur siècle, et l’on remarque en eux plusieurs tra'ls communs. Elisabeth, comme Louis XIV, apporta sur le Irène le génie de l’ordre et l’instinct du pouvoir après de longs orages qui rendirent désirable aux peuples la concentration d’une grande lorce en des mains fermes et redoutées; elle sut, comme lui, apprécier le mérite et s’en servir, choisir ses ministres et les garder, s’entourer de grands hommes et rester grande au milieu d’eux.

Ces deux aines royales furent pétries d’un même orgueil : il y eut en elles égale intolérance, meme mépris des droits d’autrui, même besoin de ramener tout à soi, de tout concentrer, de tout dominer. Mais les mi-

f. Kl le forma les Scidcn, les Falkland, le* Clarendon, le» Ilollis,

li.iinpdcn, le* Capcl, elc. , ek.

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sûres du cœur humain sont beaucoup plus apparentes dans Elisabeth en qui l'on voit une dissimulation |»oussée jusqu’à l’hypocrisie, une vanité voisine de l’insanité, une rigueur dans la persécution religieuse sans même l’excuse de la superstition et du fanatisme, un abîme de petitesses à côté des traits de la plus souveraine grandeur. Il y eut en Louis XIV, considéré tout ensemble en sa double qualité d’homme et de roi, plus d’équilihre et d’unité : on trouve dans son caractère et dans sa conduite une harmonie plus soutenue et une dignité sans mélange. U commit cependant plus de fautes qu’Klisabelh a qui la fortune demeura fidèle jusqu’à la fin : c’est qu’Elisabeth fut, sur le trône, dans une situation très-différente de celle des rois du continent; elle se sentit, malgré tout son orgueil, sous le joug de nécessités auxquelles il lui fut impossible de se soustraire : elle n’avait ni armée permanente pour forcer l’obéissance, ni aucun moyen d’en avoir une : elle régnait sur un peuple qui, dans les jours les plus sombres, souffrit tout de ses tyrans hormis une seule chose, savoir : l’imposition de taxes permanentes et arbitraires sans autres limites que celles de leur bon plaisir; et pour \aincre la résistance sur ce |>oint, elle n’aurait pu, à défaut d'armée, opposer une classe de ses sujets à une autre : la fusion entre elles était complète, il n’y avait qu’une voix dans toute l’Angleterre pour constater que le privilège de tout citoyen anglais était de mètre imposé que de l’aveu du parlement. Ile là pour Elisabeth l’obligation d’être prudente, de compter avec son peuple, de conquérir l’affection de ses sujets et d’être ménagère de leur sang et de leurs biens. Son autorité eut ainsi des bornes salu-

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