II
Bataille
de
Sbrewsbury.
sur lui, tua son porte-étendard, sir Thomas Blunt, et allait porter à Henri le coup fatal, quand le prince do Galles accourut, dégagea son père et lit Douglas prisonnier. Une (lèche atteignit en même temps Hotspur dans la mêlée et lui traversa le cerveau; il tomba mort. Privée de ses deux vaillants chefs, l’armée confédérée prit la fuite et sc dispersa. Cette journée affermit la couronne sur la tête de Henri IV.
lîlendower prolongea la guerre dans l'ouest oit il ohlinl encore pour son compte des succès éclatants. Il envoya, comme un prince souverain, proposer une alliance offensive et défensive au roi de France, Charles VI, cl un corps d’armée français passa la mer et combattit pour sa cause. Cette lutte continua plusieurs années et ne fut terminée que par les efforts héroïques du vaillant prince Henri, (ils aîné du roi, qui parvint à réduire le pays à l’obéissance et à reléguer Owcn Glendower dans des montagnes inaccessibles où il se défendit encore sous son règne et continua en obscur partisan, une guerre commencée en prince et en monarque.
De nombreuses exécutions avaient suivi le succès des armes royales, la révolte cependant n’était pas éteinte et l’espoir de la vengeance en rallumait les brandons. Le comte de Northumbcrlaud, retenu dans le nord durant la rébellion de son dis Hotspur, n’avait point marché avec lui contre le roi ; il avait appris, en frémissant de douleur, que son fils était mort et que l’ignominieux supplice des traîtres avait été infligé à son cadavre. Il n’éclata point encore et accusé de complicité avec les rebelles, il fut condamné à l’amende pour fait de désobéissance et non de rébellion. Mais, deux ans plus tard.
HENRI IV
il se ligua avec le comte de Nottingliam, fils du duc de Norfolk, et avec l’archevêque d’York qui tous deux avaient un deuil de famille à venger. Ceux-ci prirent les armes sans attendre que Northumberland ait pu les rejoindre. L’archevêque publia contre le roi un sanglant manifeste, où il était dit qu’ils s’avançaient pour venger le roi Richard, cruellement mis à mort d’une manière ignominieuse et inconnue, après avoir été tourmeuté durant quinze jours par le froid, la soif et la faim '. Us demandaient que les abus fussent réformés et que le trône fût rendu au comte de March, l’héritier légitime. Le comte de Westmoreland atteignit à Shiptou, près d’York, les rebelles commandés par Nottingliam et par l’archevêque. Il eut recours à la ruse pour isoler ceux-ci de leur armée, il les fit prisonniers l’un et l’autre et les livra au roi qui, après un jugement dérisoire, les lit tous deux décapiter. Scrope est le premier archevêque qui, en Angleterre, ait porté la tête sur un échafaud. Le pape Grégoire XII, en apprenant sa mort, s’indigna de la violation des privilèges du clergé et excommunia tous ceux qui s’en étaient rendus cou[»ables. Henri, pour se justifier, envoya au souverain pontife l’armure que le prélat portait à Shipton et lui envoya demander, comme autrefois les frères de Joseph à leur père : « Voyez, si c’est ici la robe de votre fils. » Grégoire XII répondit : «Je ne sais si c’est la robe de mon fils, mais je sais qu’une bête féroce l’a dévoré. »
Au bruit de la mort de ses complices, Northumberland avait fui en Ecosse, se dérobant à la colère du vainqueur,