Whast., Auqlin sana. If
Supplice
de
l’«rclie*fr|ue
d’York.
TrouLles
en
Ecotse.
Deux ans plus lard, il ténia un dernier effort, reparut en armes dans le comté d’York et fut tué en combattant.
Henri IV obtint vers la même époque un avantage inespéré sur le roi d’Ecosse, Robert 111. Ce prince, doux de caractère, mais faible d’esprit, ne régnait que de nom et laissait l’administration entre les mains du duc d’Albany, son frère. Celui-ci tenta de faire passer la couronne sur sa tête, au préjudice de scs neveux ; il confina l’aîné, David, dans une prison où il le fit lentement mourir de faim. Le vieux roi épouvanté, se sentant trop faible pour protéger la vie de Jacques, le plus jeune, à peine âgé de neuf ans, l’embarqua pour la France, alln de l’y mettre en sûreté en le confiant à une puissance amie. Le bâtiment qui le portait fut pris par les Anglais et l’enfant royal, conduit à Londres, y fut retenu prisonnier par Henri IV. Robert lit descendit au tombeau consumé de chagrin; son frère gouverna le royaume et Henri IV tint celui-ci constamment en échec et dans sa dépendance, en le menaçant de soutenir les droits du légitime tiéritier qu’il tenait en ses mains.
Les hostilités reprises un moment avec la France furent presque aussitôt suspendues et demeurèrent assoupies durant la plus grande partie de ce règne. Ce fut une des faveurs signalées de la fortune pour Henri IV, que l'abaissement de la monarchie française à cette époque, par suite de la démence du roi Charles VI et de la querelle acharnée des partis d’Orléans et de Hourgogne qui ensanglantèrent le royaume, le couvrirent de ruines et le livrèrent plus tard sans défense à ses ennemis. Henri persévéra dans sa politique pacifique avec la France, aussi longtemps qu’il eut à réprimer à
HENRI IV
l’intérieur les insurrections quelle excitait, il intervint ensuite dans les troubles civils de ce pays et fit passer en Normandie un corps d’armée pour soutenir le duc de Bourgogne contre le parti d’Orléans *.
Ce roi, si heureux dans ses entreprises, expiait les Terreur» da actes coupables qui l’avaient élevé au trône, par des re- ro,‘ mords peut-être, mais surtout par des inquiétudes mortelles qui ne l’abandonnèrent point jusqu’au dernier jour, et auxquelles on attribua l’invasion d’une maladie cutanée dont il souffrait cruellement et qui imprima sur son visage des traces hideuses : il était sujet aussi à de fréquentes attaques d’épilepsie, et son corps, prématurément brisé, portait, dans la vigueur de l’âge, l’empreinte anticipée de la vieillesse.
Ses dernières années furent encore empoisonnées par la vie licencieuse de son fils aîné, et par les craintes que lui inspirait son ambition. Une anecdote que nous a conservée Monstrelet, nous révèle quelques traits de l’esprit ombrageux de ce prince et de ses perpétuelles angoisses. Un jour, après une attaque d’apoplexie, et quand, selon l’apparence, chacun le croyait mort, son fils emporta dans une chambre voisine la couronne qui, selon la coutume, était placée sur un coussin à côté du lit royal. Le roi, revenant à lui, et ne voyant [dus cette couronne, objet trop cher de ses préoccupations cons-
4 Le chroniqueur contemporain Hardy og nous a conservé uu trait qui fait honueur aux deux chefs de cette expédition, sir John Grey et sir Richard Umfrcville. Leduc de Bourgogncayant ordonné de mettre à mort les prisonniers, les capitaines anglais désobéirent h cet ordre sanguinaire, mirent leurs troupes en bataille et se dirent résolus à mourir avec leurs captifs plutôt que de touiller leurs mains de leur sang. ( Ckroniq . d’Hardyug.)
Moi!
«le Ueuri IV (1413)
Sa politique.
tantes, cause fatale de ses cuisantes peines et de ses joies coupables, demanda ce qu'elle était devenue, et apprenant que le prince l’avait emportée, il le lit appeler et lui adressa des paroles sévères. Adouci bientôt par ses réponses empreintes de respect et de liliale tendresse , il lui dit, en soupirant : « Hélas, mon fils, quel droit penses-tu avoir à la couronne, quand tu sais que ton père n’en avait point? » — « Sire, répondit le jeune prince, vous l’avez conquise avec l’épée, et par l'épée je la conserverai. » Après une pause le roi répliqua : « Bien mon fils, fais ce que tu jugeras le meilleur; j'en laisse l’évenement à Dieu et j’espère qu’il fera miséricorde à mon âme 1 . »
Henri IV mourut le 20 mars 1413, à l’âge de 46 ans et dans la quatorzième année de son règne. L’histoire ne peut lui refuser les talents du rang suprême, et son règne, quoique rempli d’agitation et de violence, ne fut pas inutile aux progrès de la liberté. Boi par le seul fait d'une révolution victorieuse, vivant au milieu des rébellions dont lui-inème avait donné l'exemple le plus dangereux : ayant d'ailleurs tout à redouter d’une noblesse ambitieuse et toujours turbulente, il reconnut la nécessité d’adopter des principes populaires, de s’appuyer sur les communes dont l’influence grandit rapidement à cette époque, et d’élever l’autorité parlementaire d’où dérivait la sienne. Les princes de sa maison défendirent comme lui des principes qui étaient la sauvegarde de leurs droits, quoique leurs actes personnels, considérés
I. Monslrelel, Chroniques. Celle anecdote a fourni a Shakespeare le molif d’une de ses plus belles scènes.
HENRI JV.
dans leurs motifs et dans leurs résultats, ne fussent point supérieurs à ceux de leurs rivaux. Le droit du |iarlement à voter l’impôt était, à cette époque, comme aujourd'hui, le principe légal de la constitution. Les communes, sous Henri IV, spécifièrent toujours l’emploi de chaque subside, et nommèrent, à cet effet, des trésoriers qu’elles déclarèrent inviolables : elles obtinrent de présenter verbalement leurs pétitions qui auparavant devaient être rédigées par les juges et revêtues de formes légales et embarrassantes. La désignation ou l'élection au parlement des chevaliers de comté, que la coutume avait attribuée aux schériffs, fut reconnue comme le droit des francs-tenanciers de chaque localité '. Une pétition très-hardie, provoquant une réforme complète, fut présentée au roi en l'année 1406, la huitième de son règne: elle imposait à Henri IV, entre autres obligations gênantes, celle de ne gouverner que de l’avis d’un conseil (>erinanent dont les membres juraient d’observer et de défendre les institutions établies ou modifiées par le parlement : le roi sentait alors son trône ébranlé, et il crut devoir donner son adhésion a tous les articles de cette pétition célèbre, quelque humiliants qu’ils fussent pour sa fierté, et l’ombre de Itichard , dit sir Henri Hallam, aurait pu se réjouir en voyant son mortel ennemi plus rigoureusement traité par le parlement qu’il ne l’avait été lui-même*.
4. On n’a pas encore établi sur des preuve» certaines, la limite cxacle dans laquelle s’exerçait le droit d'élecliou. M. Hallam rsl porté à croire qu'il fui quelquefois exercé par tous les homme* libres, présents h la cour dû comté. (L'Europe nu moyen Age, c. tii.J