‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 45 sur 224 · Mit. au vray... journal du siège · texte numérisé non relu

Mit. au vray... journal du siège

2. Déposition de Pierre Vaillant, de J. Coulon et de plusieurs autres. — Voyez et citez aussi le très-remarquable témoignage que rend a la Pucelle le célèbre Gersou, huit jours après la levée du siège d’Orléans. (Des Char met 1rs, llift. de Jeanne rfMrt,2l4, I. il.)

•I. C*eat le témoignage que lui rend Kneas Sylviut, élu pape eu I 158 sous le itom de Pie 11 t£«rop < Uscript , c. XUII.)

Heinis au plus tôt, prendre votre digne couronne de France. » Je ne durerai pas plus d’un an, disait-elle souvent, et chaque heure qui s’écoulait lui semblait d’un grand prix pour l’accomplissement de sa mission. Charles cependant hésitait, réfléchissant aux dangers de l’entreprise, et, partageant l’avis de plusieurs capitaines, il exprima le vœu que les places qui avoisinaient la Loire, fussent d’abord enlevées aux Anglais, et confia dans ce but sa petite armée d’environ sept à huit mille hommes à l’héroïne à laquelle il adjoignit, dans le commandement, son cousin le duc d’Alençon.

On part et la pucelle veut, malgré les chefs, qu’on marche d’abord sur la place de Jargcau, défendue par le duc de Suffolk, en personne, et par une nombreuse garnison. L’armée se grossit en chemin d’une foule de gens qui accourent attirés et gagnés au roi Charles, par le bruit des exploits merveilleux de Jeanne d’Arc, et qui pensent, sous ses ordres, combattre pour Dieu luimême '. A ce siège vinrent aussi les illustres capitaines Dunois, bâtard d’Orléans, le maréchal Saint-Scvere de Boissae, La Hire et Gravillc, grand-maître des arbalétriers. La place où s’étaient renfermés le commandant en chef des forces anglaises et ses frères Jean et Alexandre «le la Pôle, résolus à s’ensevelir sous ses ruines ou à venger l'honneur des armes anglaises, avait aussi dans ses murs une foule de guerriers éprouvés et une artillerie formidable : elle fut battue en brèche plusieurs jours, et c’est alors qu’un avertissement soudain de Jeanne d’Arc sauva la vie au duc d’Alençon : « Éloi-

4 . Mémoire concernant la pucelle d'Orléans. (('«ollccl. Micliau 1 et Poujouljl.)

HENRI VI

gnez-vous, lui dit-elle, ou vous êtes mort », et en même temps un coup, parti du rempart, tua un gentilhomme à la place que le prince avait quittée Les Anglais se disposaient à secourir la ville assiégée et tout à coup le bruit se répandit dans le camp français que le célèbre capitaine Falstaff arrivait de Paris, avec de l’artillerie et quelques mille combattants pour délivrer la place. Plusieurs chefs français craignirent alors de se trouver pris entre deux feux et opinèrent pour lever le camp, en ajournant le siège : la pucelle et d’autres chefs virent au contraire dans cette circonstance un motif de le presser davantage. Leur avis l’emporta, le feu des batteries fut oifvert de nouveau et continua sans interruption des deux parts avec fureur : avant l’aurore la plus forte tour de la ville s’écroula avec un bruit affreux en couvrant le sol au loin de débris sanglants, et les premiers rayons du soleil éclairèrent une scène d’horreur inexprimable. L’altaque générale fut décidée pour le jour même. Jeanne d’Arc, au son de la trompette, couvrit sa tête de son casque et faisant signe au duc d’Alençon de la suivre, elle lui dit d’une voix forte et d’un air inspiré: « Avant, gentil duc, à l’assaut! » Aux yeux du prince le moment n’était pas venu : « N'ayez doute, lui dit-elle, l’heure est prête quand il plaît Dieu. Il est temps d’agir quand Dieu veut qu’on agisse et qu’il agit lui-même s. » Elle courut à l’assaut et un combat merveilleux et terrible 3 s’engagea sur tous les

Page 1