Ibid
3 l.c lîrun des CluruiclUs , Histoire de Jeanne U Arc, dc|>o»ilioiis nom ~
bri’usr».
HENRI VI
I il
yeux de ses frères : les Français exaltés par le triomphe, s’acharnaient à la poursuite. Sutfolk perdit l’espoir d’échapper : cherchant alors à qui se rendre avec honneur, il vit un guerrier nommé Guillaume Régnault, qui .combattait au premier rang avec grande vaillance : « Es-tu gentilhomme? lui demanda le comte.
— Je le suis, répondit le Français. — Et es-tu chevalier?
— Pas encore. — Approche donc, lui dit SutTolk. » Régnault s’avance, fléchit le genou, prononce le serment des chevaliers et reçoit l’accolade du général ennemi qui, aussitôt après, lui présente son épée et se reconnaît son prisonnier '.
Après Jargeau, les places de Meun, de Reaugency et plusieurs autres des bords de la Loire furent emportées : et les Français, au siège du château de Reaugency, furent rejoints |>ar le fameux connétable Artus de Richemont, qui, à la tète de quatre cents lances, était venu offrir scs services au roi et mériter de rentrer en grâce auprès de lui. Lorsque le château se fut rendu, la pucelle entraîna l’armée française à la recherche des Anglais qui s’avançaient à travers la Reauce, sous Falslaff, Talbot, lord Scales et autres chefs renommés. Sous elle, à la tète de l’armée française marchaient le duc d’Alençon, Dunois, le connétable Richemont, le maréchal Sainl-Severe de Roissac, La Hire, les sires de Vendôme, de Termes, d’Albret et de Laval. On accourut soudain leur annoncer que l’armée ennemie était en vue : mais au moment de combattre pour la première fois, depuis quinze ans, les Anglais en rase campagne, les journées fatales d’Azin-
I. Histoire au rray . — Chronique s«n» litre. — Alain Cltariicr. —
Mtinu du «lue «l* Alençon.
court, de Crécy, de Poitiers, revinrent à la mémoire de plus d’un chef. « Jeanne, dit le duc d’Alençon, que fautil faire? — Avez-vous de bons éperons? demanda la pucelle. — Eli quoi! nous faudra-t-il fuir cl tourner le dos à l’ennemi? — Nenny, répondit l’héroïne, en mon Dieu, allez sur eux, car ils s’enfuiront et n’arrêteront point, et seront déconfits sans guère perte des nôtres, et pour ce, faut-il bons éperons pour les suivre '. » Sur sa parole, les généraux français disposèrent tout pour la bataille; mais l’ennemi en eut vent, et changeant de résolution, il prit une autre direction, battant en retraite, se dirigeant sur Meun et de là sur Janville. Les Français s’arrêtèrent de nouveau : ils avaient perdu les traces de l’ennemi, et beaucoup songeaient à s’en retourner : « Ce serait grand hasard, disait-on, si on les rencontrait dans leur retraite. — Chevauchez hardiment, répliqua la pucello, on aura bon conduit. En mon Dieu, dit-elle ensuite, il faut combattre : s’ils étaient pendus aux nues nous les aurons , car Dieu nous a envoyés pour le3 punir. Le gentil roi aura aujourd’hui sa plus grande victoire, et m'a dit mon conseil qu’ils sont tous nôtres 2. » L’armée se remit en marche et l’on résolut de se hâter pour empêcher les Anglais de se retrancher ou de gagner quelque place forte. La llirc menait l’avant-garde : le corps de bataille avait à sa tête la pucelle , le duc d’Alençon , le connétable, les maréchaux de Rayz et de Sainl-Severc, l’amiral de France et touB les chefs les plus illustres, lesquels
4. Déposition* de Dunois et do Thibaut d’Armagnac, dit de Termes. (17»*iiyire au vrayy etc.)