‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 64 sur 224 · I . IVponi lions dr · texte numérisé non relu

I . IVponi lions dr

HENRI VI

entrer ce prélat qui avait été pour elle si impitoyable, elle lui dit cette |>arole qui a marqué son nom à travers les siècles d’un sceau ineffaçable : « Evêque, je meirs par vois!... c’est pourquoi j’appelle de vous devant Dieu. » Jetant ensuite sur la ville témoin de son martyre un douloureux regard : « Rouen, Rouen, dit-elle, mourrai-je donc ici? Ah! j’ai bien peur que tu n’aies à souffrir de ma mort ! » A la vue de l’appareil horrible, des bourreaux, des soldats féroces, du peuple ému et épouvanté, la terreur de la mort, d’une mort affreuse, la saisit; elle éclate, non en lâches supplications, en abjurations déshonorantes, mais en larmes, en sanglots et en cris déchirants; et pourtant, à travers son effroi et ses larmes, sa foi, sa charité, son généreux patriotisme ne se démentent pas jusqu’à la fin. Vêtue de la longue robe de deuil qu’elle a demandée à ses juges, seule faveur qu’elle en ait obtenue, voyant devant elle le bûcher, à ses côtés le bourreau et son char funèbre, elle n’oublie ni son roi ni la France pour qui elle meurt; elle prie pour eux, elle demande les prières de tous les assistants, elle pardonne à ses ennemis. Sa jeunesse, ses larmes, sa terreur, les paroles si chrétiennes et si saintes qui s'échappent de ses lèvres, arrachent des pleurs même des yeux anglais , et remplissent de terreur l’àmc des juges. Le trouble, le saisissement causés par cet affreux spectacle sont tels, que le jugement civil n’est pas même prononcé. « Mène-la, mène-la, » dit le bailli effrayé à l’exécuteur; les soldats l’entraînent et l’attachent au poteau : l’infâme mitre de l’inquisition1

I. Celle milre portait écrit» en gros caractères les mots suivant? : ÜftlIÉETIQrR,

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