I. Première déposition du frère Martin l'Adtcnu
Première déposition de J. Massier.
K’Ie
inoijiip «o 11
al*jurali»n.
Condamnait in
supplice
Jeanne d’Arc.
témoignage, les grâces spéciales dont elle a été honorée, la glorieuse mission qu’elle a remplie, les œuvres que Dieu a faites par ses mains: «Oui, dit-elle, je les entends encore; elles me disent que j'ai fait grande injure à Dieu en désavouant ce que j’ai fait et ce que j’ai dit au nom de Dieu et des saints. » Elle déclara n’avoir abjuré que par crainte du feu, et n’avoir rien compris à ce qu’elle avait signé, et n’avoir rien révoqué que sous le bon plaisir de Dieu.
Cette simple déclaration fut son arrêt de mort : le lendemain elle monta sur le bûcher. L’histoire ne rapporte rien de plus déchirant que les dernières scènes de. ce drame effroyable. Entendant lire la sentence qui la condamnait à périr dans les flammes, elle eut un accès de désespoir: « Hélas! dit-elle douloureusement, me traitet-on si horriblement et cruellement qu'il faille que mon corps, net en entier, qui ne fut jamais corrompu, soit aujourd'hui consumé et réduit en cendres! Ha! j’aimerais mieux être décapitée sept fois qu’élrc ainsi brûlée ! J’en appelle à Dieu, le grand juge, des grands torts et aggravances qu’on me fait!
Rappelée à elle-même, elle surmonta sa douleur, se confessa et demanda le sacrement de l’Eucharistie. Alors, par une étrange inconséquence, où sans doute il faut voir un effet du remords, l’évêque, qui la condamnait comme hérétique et la déclarait excommuniée, permit qu’elle fût admise à la communion : elle reçut le sacrement avec une grande abondance de larmes et une humilité inexprimable L L’évêque survint, et voyant