‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. T. 2Chapitre 7 sur 224 · I.IVRK III. CIMFITKE I · texte numérisé non relu

I.IVRK III. CIMFITKE I

bourgeois, nommé Jean tl’Aïre, se dévoua aussi généreusement et dit : qu’il ferait compagnie à son compère, sire Eustache. Ce noble exemple fut suivi par les deux frères Wissant et enfin deux autres bourgeois se dévouèrent aussi. Tous les six, la liart au col, portant les clefs de la ville et conduits par le gouverneur, Jean de Vienne , au camp anglais , furent présentés au roi Edouard jtar Gautier de Mauny, l’un des plus illustres chevaliers de son armée, qui intercéda pour eux. Mais le roi était dans un courroux extrême à cause; de la grande perte d'hommes qu’il avait faite devant Calais, il imposa silence au sire de Maunv et demanda le bourreau. Alors, dit Froissard, la noble reine d’Angleterre, qui était enceinte, et pleurait si tendrement de pitié qu’elle ne se pouvait contenir, se jeta à genoux par devant le roi son seigneur, et dit : « Ha! gentil sire, depuis que je repassai la mer en grand péril, si, comme vous savez, je 11e vous ai rien requis, ni demandé, or vous prié-je humblement et vous requiers en propre don, que pour le fils de sainte Marie et pour l’amour de moi, vous veuillez avoir de ccs six hommes mercy. » Le roi attendit un peu a parler, et regarda la bonne dame sa femme qui pleurait à genoux, et le cœur lui ammolit, car avec peine il l’eut courroucée au point où elle était. Ainsi dit : « Ha! madame, j’aimerais bien mieux que vous fussiez autre part qu’ici. Vous me priez si fort que je ne vous ose refuser : tenez, je vous les donne, faites-en votre plaisir '. »

pleuraient tendrement, et était grand' pitié de U être et eux ouïr, écouler et regarder. (Froisxard, Ckro*iqutl, e. CCCVI.)

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