Graftoii
HENRI VI
environ de la ville d’York. Jamais, durant cette guerre, n.i«iiic
un plus grand nombre d’hommes n’avait été en présence dc T"*l,,n
üaG"<«
des deux parts; soixante mille hommes composaient p*r l’armée de Marguerite ; Edouard et Warvvick en comp- * ei (aient, quarante mille sous leurs drapeaux. Tout annon- P,r"arw,ckçait une journée décisive. Edouard, cruel autant que (UCI) Marguerite, défendit de faire quartier aux ennemis :
Warvvick, s'approchant de lui au commencement de l’action, tua son cheval d’un coup de pistolet, comme pour s’interdire à lui-même tout espoir de salut dans la retraite. « Sire, dit-il, que Dieu ait pitié des âmes de ceux qui pour l’amour de vous mourront dans cette entreprise, mais s’enfuie qui voudra : je jure par cette croix ( et il baisa la poignée de son épée ) que je tiendrai bon près de celui qui tiendra bon près de moi *. » Après une longue suite d’escarmouches où l’on combattit deux jours avec fureur, un corps de troupes fraîches amené à Edouard par le duc de Norfolk, tourna l’ennemi et le prit en flanc : l’année lancastrienne lâcha pied, laissant sur le champ de bataille environ vingt-huit mille hommes et plusieurs chefs de haut rang, parmi lesquels étaient Norlhumberland et le féroce Clifford.
Trente-sept mille Anglais perdirent, dit-on, la vie dans ces deux sanglantes journées. York, vainqueur, fit le lendemain son entrée solennelle à York, où il vit exposés sur les murailles la tôle et les membres de son père, exécrable trophée du parti ennemi. Transporté de fureur à cette vue, il immola sur-le-champ aux mânes de son père, Courlenay, comte de Devonshire, et trois autres