Wholliamsted
HF.NRI VI.
ignominieux et barbares. Sa tête, séparée de son corps, fut couronnée par dérision d’un diadème de papier : Marguerite en rassasia ses regards et la fit ensuite clouer à l’une des portes de la ville d’York. Clifford, plus barbare qu’elle, et qui portait dans les batailles le ressentiment furieux de la mort de son père, tué dans la journée de Saint-Alban, rendit haïssable, par sa cruauté, la piété filiale elle-même. 11 atteignit dans la poursuite, et arrêta un bel adolescent d’environ douze ans, vêtu en prince, et que son gouverneur, prêtre vénérable, éloignait du champ de bataille ensanglanté. Frappé de ce splendide costume, Clifford demanda son nom. A cette question, l'imprudent jeune homme tomba à genoux et implora la vie : « Epargnez-le, s’écria le vieux prêtre, et peut-être sera-t-il un jour en état de vous récompenser, il est fils de prince. — Fils d’Y ork ! s’écria Clifford, ton père a tué le mien, je te tuerai, toi et toute ta race, » et, en achevant ces mots, il lui plongea son épée dans le cœur. Le lendemain, douze chefs du parti d’York, et avec eux le comte de Salislniry, périrent a l’omfret sur l’échafaud. Le représentant du titre des familles d’York et de Mortimer était maintenant Edouard, comte de Mardi, fils aîné de Richard d’York, héritier de ses droits, de ses talents et de son ambition, mais non des qualités généreuses qui jetèrent un voile sur ses fautes et le rendirent cher aux Anglais.
Ce prince se préparait à venger la mort de son père, l’assassinat de son jeune frère et le meurtre juridique de scs partisans tombés sous le fer des bourreaux, et, soutenu par les habitants des frontières du pavs de Galles, toujours fidèles à la maison de Mortimer, il marchait
Second»
bataille
de
Saint- Alban.
Victoire cl ven grince de
Marguerite.
(HCl)
Edouard d'York reconnu roi dan» Londres.
déjà contre l'implacable Marguerite, lorsque, menacé sur ses derrières par les Irlandais et les Gallois qui suivaient les bannières des comtes de Pembroke et d’Ormond, il se tourna contre eux, les força au combat et les vainquit le 2 février 14(il à Mortimer’s-Cross , près d'Hercford. Sir Owen Tudor, mari de la reine douairière de France, fut fait prisonnier et décapité le lendemain. Quinze jours plus tard une nouvelle bataille fut livrée à Saint- Allmn; les yorkistes y furent défaits à leur tour, le roi fut repris par les siens et ne lit qu’échanger sa captivité contre une servitude. L'implacable et victorieuse Marguerite lit, sur-le-champ, mettre à mort les seigneurs à qui le duc d’York avait confié la garde du monarque.
Elle ne jouit pas longtemps de sa victoire; inquiétée par les dispositions des habitants du sud, elle se rapprocha encore une fois de la frontière du nord, pendant qu 'Edouard entrait dans Londres et recevait la couronne, non d’un parlement régulièrement convoqué, mais des acclamations du peuple de la capitale, toujours favorable à la maison d’York. Un grand nombre d’évêques, de lords, de magistrats et d’autres notables furent assemblés ensuite au château de Baynard. Là l’élection populaire fut confirmée. On essaya de donner au fait accompli l’apparence du droit, et le nouveau duc d’York fut proclamé à Londres , le lundi , roi sous le nom d’Edouard IV '.
Non moins avide de vengeance que de victoires, il alla sur-le-champ à la recherche de l’armée lancastrienne, et la rencontra près de Towlon, à huit milles