I. Commit
KltOl ARII > .
Si.'t
Edouard V et Richard III. — Fin de la dynastie des Plantassenets. 1483 — 1485.
Edouard IV laissa doux fils encore enfants et cinq filles pour lesquelles il négocia avec les souverains du continent de grandes alliances dont il ne vit aucune s’accomplir. Edouard , l’aîné de ses fils et son successeur, n’avait que douze ans; le plus jeune, Richard, duc d’York, entrail dans sa neuvième année , et les orages qui agitèrent le nouveau règne dès son début présagèrent l’épouvantable catastrophe qui en précipita la fin.
Deux factions se disputaient le pouvoir : la première, celle de la cour, réunissait des hommes nouveaux, parents ou amis de la reine Elisabeth VVoodville, veuve d’Edouard IV, au premier rang desquels étaient le comte Rivers, son frère, et les deux fils qu’elle avait eus de son premier mariage, le marquis de Dorset et lord Grey. Le second parti , formé par l’ancienne noblesse, comptait les hommes puissants, jaloux des Woodvilles, parents du roi, ou anciens partisans de la maison d’York; on y voyait les lords Hastings, Stanley et Howard, et à leur tète Richard, duc de Glocester, frère du roi, et Henri, duc de Buckingham, descendant de Thomas Woodstock, sixième fils d’Edouard III.
Glocester était absent au moment de la mort du roi son frère , et commandait dans les comtés du nord une armée réunie pour la campagne d’Ecosse. Le parti de la reine était hors d’étal de contrebalancer l’autorité
Faction*
que donnaient à ce prince sa naissance, ses talents et son audace. Aucun obstacle, aucun scrupule ne l'arrêtait : sa personne, dit Hume, était aussi difforme que son âme, sa baille était petite et contrefaite, ses traits durs et repoussants , et son caractère offrait un hideux mélange d’insolente hardiesse et de ruse, d’amclncMier bition basse et ardente et de cruauté. 11 hâta son retour proiicicur. premier bruit delà mort du roi, et prenant le titre ,U83J de protecteur du royaume, il s’appuya d’abord, pour perdre les Woodvilles, sur les seigneurs a qui leur crédit faisait ombrage. Ceux-ci, de concert avec lui, feignirent de se réconcilier avec la reine et ses proches, et trompé par de fausses apparences, lord Rivers, oncle et tuteur d’Edouard V, vint lui-même à Stoney Stratford, avec lord Grey, son neveu, livrer son royal pupille à lord Hastings et à Iluckingham.
Arrouiion Glocester approchait : il entra le lendemain, dans lord* Ri»cr« ka ville qu’il remplit de soldats, et arrêtant aussitôt et Grey. |(>g pm|8 Hivers et Grey, il les dénonça au jeune roi comme fauteurs «le complots dangereux, et les fit enfermer tous deux au château de Pontefract 1 : puis Glocester et Iluckingham entourant Edouard, malgré ses larmes, de nouveaux serviteurs, leurs créatures, le conduisirent à Londres. Saisie d’épouvante à leur approche, la reine s’enfuit promptement de son palais, durant la nuit, avec ses femmes et le duc d’York, son plus jeune tils, et se réfugia dans l’abbaye de Westminster, où elle avait été respectée jadis par Warvvick, son plus grand ennemi. Richard, comme protecteur