ANGLETERRE AU XIV' ET AU XV' SIÈCLES
gine très-inégalement répartis entre les trois ordres du royaume, il est à présumer que les lords et les communes n’intervenaient pas mutuellement dans leurs votes respectifs en matière de subsides 1 et leur séparation en deux chambres est antérieure au règne d’Edouard III s.
Les attributions et privilèges du parlement varièrent selon les temps; mais nous avons vu que sous le règne d’Edouard III, trois grands principes essentiels du gouvernement représentatif furent établis sur une base solide 3. L’autorité du parlement et surtout celle des communes fit de grands progrès dans les règnes suivants et jusqu’aux guerres civiles des deux Roses : ces progrès consistèrent, 1° à maintenir le droit exclusif de voter les impôts; 2° à spécialiser et a restreindre les dépenses de l’Etat; 3° à subordonner le vote des subsides au redressement des griefs; 4" à garantir le peuple des ordonnances illégales et de l’altération des statuts; 3° à surveiller et à punir dans l’occasion les conseillers de la
4. Néanmoins, dans la sixième année d’Edouard 111, quoiqu’il soit dit que les lords et les députés des villes et des bourgs aient délibéré en commun, les premiers se taxèrent dans une proportion moindre que les seconds. ( Rotul . Partent. )
2. Carte fixe la date de leur séparation à la dix - septième année d’Edouard III (a) : selon H. llallam, elle est beaucoup plus ancienne, et il en donne plusieurs preuves : « D’ailleurs, dil-il, les députés des communes, en y comprenant les chevaliers, étaient au moins une fois aussi nombreux que les pairs temporels et spirituels : ou ne peut donc raisonnablement supposer que cette superbe aristocratie se fût laissé dépouiller de ses anciens privilèges en admettant les communes k voler ou même à délibérer indistinctement avec elle sur les mesures législatives. » (L’Europe au moyen dye, c. Vil.)