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Histoire d'Angleterre

Sommaire. — Premiers habitants : Kimris, Ligures, Gaéls, Scols et Pietés, Bretons, Coraniens. — Invasion des Romains. — Leur domination. — Leur départ. — Invasion des Saxons. — Formation de l’Heptarchie. *

11 est probable que la population primitive de la Grande-Bretagne appartenait à ces tribus celtiques qui, descendues des montagnes de l’Asie, fournirent à toute l’Europe occidentale ses premiers habitants.

A une époque que l’on ne saurait déterminer, d’autres tribus de la même famille, quoiqu’avant un nom différent et parlant un autre

dialecte, vinrent disputer aux premiers envahisseurs les terres qu’ils occupaient. Ces nouveaux peuples s’appelaient Kimris, Cimbres ou Cambriens. Ils s’établirent sur la côte occidentale.

Dans un temps postérieur, mais aussi difficile à fixer, d’autres hommes appelés Ligures ou Logriens, de même race que les Cambriens, allèrent occuper les rivages du sud et de l’est, soit avec le consentement des premiers colons, soit de vive force.

Ces deux premières invasions refoulèrent vers le Nord les habitants primitifs, dont les uns passèrent la mer pour gagner l’île d’Erin, peuplée d’hommes de la même race qu’eux, et les autres se retirèrent derrière les fleuves du Fortli et de Cîyde, qui désormais servirent de - limites communes à deux nations différentes. Les aborigènes, répandus depuis les bords de la Clydc jusqu’à l’extrémité septentrionale de l’île, s’y maintinrent sous le nom de Gaëls ou Galls.

Les Gaëls eux-mêmes étaient divisés en deux grandes peuplades, sous les noms de Scots et de Pietés. Les Scots occupaient toutes les rives de l’ouest, les Pietés celles de l’est; leurs territoires respectifs étaient séparés par la chaîne des monts Grampiens.

Quelque temps après l’établissement des Cambriens et des Logriens, une troisième colonie, venue de la Gaule occidentale, dans la portion comprise entre la Seine et la Loire, vint se placer au nord des deux premières, sur la frontière de la population galliquo , entre le golfe du Fortli et celui du Solway. Les nouveauxvenus étaient aussi de même race que les Cambriens et les Logriens, et s’appelaient Bretons.

Enün, les Coraniens, hommes de race teutonique, pénétrèrent dans le golfe formé par l’emboucbure de l’IIumber, et s’établirent, le long des rives de ce fleuve, au centre des possessions des Logriens, avec lesquels ils restèrent longtemps en guerre.

Telle était à peu près la situation des différentes populations de la Grande-Bretagne, lorsqu’en l’année 5o avant notre ère, César, à la tète des légions romaines, débarqua sur la pointe orientale du territoire qui porte aujourd hui le nom de Kent. Les Bretons-Logriens résistèrent vigoureusement à l’envahissement; mais les Coraniens s’étant alliés à César, lui ouvrirent un accès dans l’intérieur du pays, et bientôt les Romains furent en possession de toutes les villes principales des Logriens et des Cambriens, où ils se maintinrent pendant une occupation de quatre siècles.

Durant ce long séjour, ils étendirent leur domination sur tout le sud de l’île, jusqu’au pied des montagnes qui avaient protégé les aborigènes contre leufs envahisseurs. Pendant que ceux-ci subissaient à leur tour la domination étrangère , les Gaëls non-seulement conser- ; vaient leur indépendance, mais profitaient des désastres de leurs anciens conquérants, pour faire vers le sud des invasions non moins funestes aux Romains qu’aux Bretons. Vainement les empereurs essayèrent-ils d’arrêter ces irruptions continuelles, en portant la guerre jusqu’au pied des monts Grampiens : les Pietés et les Scots traversaient tous les ans la Clyde, et s’en retournaient chez eux, chargés des dépouilles des villes municipales, enrichies par la civilisation romaine.

Bientôt les légions, impuissantes à repousser ces terribles montagnards, ne purent plus suffire à la défense du territoire, et les Romains furent obligés de protéger leur conquête par deux immenses murailles garnies do tours, et prolongées d’une mer à l’autre. Ces formidables remparts rendirent les irruptions plus difficiles, sans toutefois les arrêter. Mais, lorsque Rome, assaillie par les barbares jusque dans ses propres foyers, fut obligée de rappeler les légions qui défendaient les provinces d’outre-

mer, l’ile de Bretagne fut abandonnée, et la population des Bretons, Logriens et Cambriens, se trouva tout à coup embarrassée d’une indépendance à laquelle, depuis longtemps, elle n’était plus accoutumée. A la place de la domination romaine, se releva l’autorité des anciens chefs de clans.

Cependant, pour se fortifier et s’unir contre les invasions des Pietés et des Scols, les Logriens et les Cambriens élurent conjointement un chef des chefs, un souverain national, sous le titre de Penteyrn. Cetle royauté centrale devint bientôt une source de division. Les Logriens et les Cambriens prétendaient chacun de leur côté au droit exclusif de fournir des candidats au trône ; les premiers, parce que le siège do la royauté était fixé à Londres, qui faisait partie de leur territoire ; les derniers, parce qu’ils étaient, suivant leurs annales, les plus anciens possesseurs du sol.

Les luttes intérieures qu’occasionaient ces prétentions rivales, favorisèrent les envahissements des GaCMs, et bientôt de nouveaux ennemis vinrent ajouter aux malheurs du pays. Des pirates, originaires du llolstein, occupaient alors la côte qui s’étend depuis l’Eyder jusqu’à l’embouchure de l’Ems. On les appelait Saxons , ou hommes aux longs couteaux. Aventuriers liar-

dis et intrépides marins, ils parcouraient les mers sur des barques fragiles, et désolaient par leurs brigandages toutes les contrées littorales que baigne l’océan germanique. Plus d’une fois les tribus bretonnes eurent à lutter simultanément contre les populations gaéliques et les j pirates saxons, lorsqu’un de leurs rois eut la malheureuse pensée de les opposer l’un à l’autre. Wortigern, chef logrien, qui était revêtu du titre de Penteyrn, fit alliance avec deux chefs saxons, Hengist et Horsa, et leur céda la petite île de Thanet, sur la côte du pays de Kent, à condition qu’ils l’aideraient à repousser les attaques des Gaëls. Les corsaires acceptèrent avec joie une proposition qui les mettait en possession d’une contrée fertile. Ils combattirent fidèlement pour leurs nouveaux alliés, et repous- . sèrent dans plusieurs rencontres les Pietés, dont les frêles javelots n’offraient aucune résistance à leurs formidables haches d’armes.

Mais bientôt les protecteurs étrangers se montrèrent plus exigeants. La colonie de Thanet sortit de ses étroites limites, et agrandit son territoire par des invasions successives. Chaque jour accouraient des bords de l’Océan germanique de nouvelles bandes de Saxons, qui venaient partager et agrandir les conquêtes de leurs devanciers. Pour mieux réussir dans leurs

projets, ils firent alliance avec les Pietés, qu’ils étaient destinés à combattre, et les Prêtons se virent attaqués en même temps au nord et au sud. Ils résistèrent avec des fortunes diverses à ce double envahissement; mais ils ne purent empêcher les Saxons de former un établissement définitif sur les côtes du sud-est. En 455, llengist, maître de tout le pays compris entre la Tamise inférieure et la Manche, prit le titre de roi de Kent.

Vingt-deux années plus tard, en 477, un autre chef saxon, nommé OElla, débarqua au midi du royaume de Kent, et, repoussant les Bretons vers le nord et vers l’ouest, fonda un nouvel établissement sous le nom de royaume des Saxons du sud, ou Sussex.

En 495, une bande nombreuse, sous la conduite de Cerdic, débarqua à l’ouest des Saxons du sud, et fonda un troisième royaume sous le nom de Saxe de l’ouest, ou Wessex.

Enfin, en 530, d’autres émigrés, débarquant sur la côte de l’est, s’emparèrent de la rive gauche de la Tamise et de la grande cité de Londres. Le territoire où ils s’établirent fut appelé Saxe de l’est, ou Essex.

Dès le commencement de l’invasion saxonne, les Cambriens s’étaient opposés à l’alliance avec les pirates , et ne les ayant jamais accueillis

comme amis, leur territoire n’avait pas été entamé. Les quatre royaumes saxons déjà formés avaient tous été établis dans le pays des Lo- 1 griens : aussi, tous les chefs nationaux qui commandent aux Bretons, dans leurs combats contre l’étranger, appartiennent à la race cambrienne. Parmi eux, le plus fameux de cette époque est le roi Arthur, qui a laissé dans le pays de Galles un nom populaire.

Le succès des Saxons entraîna à leur suite des tribus voisines, situées plus loin vers l’est, près des bords de la mer Baltique, et qu’on nommait les Angles. Ce fut au nord de la Bretagne, entre les embouchures du Forth et de la Tweed, que débarquèrent ces nouveaux émigrants.

Sous la conduite d’Idda et de ses douze fils, ils ravagèrent tout le pays au nord de l’Humber : aidés par l’alliance des Pietés, ils s’y établirent en 560, et appelèrent leur territoire Northumberland, ou pays du nord de l’Humber.

Une autre troupe d’Angles, détachée de l’armée d’Idda, avait envahi la contrée qui s’étend de l’Humber à la Tamise, et, en 571, leur chef, Offa, prit le titre de roi, en appelant son nouveau royaume Estanglie.

Enfin, en 584, un autre chef, Crida, établit la domination des Angles sur tout le territoire situé entre l’Estanglie et le pays des Cambriens.

Ce royaume, à cause de sa position sur la frontière, fut appelé Merk, ou Mercie.

Ce fut le dernier des sept royaumes fondés en Bretagne par les conquérants germains, et connus dans l’histoire sous le nom de l’Heptarchie saxonne.

Cependant les vainqueurs n’occupaient guère que le territoire qui avait appartenu aux Logriens et aux Coraniens, c’est-à-dire toutes les côtes du midi et de l’est. Les Saxons occidentaux étaient les seuls qui possédassent quelque territoire sur les bords de la mer de l’ouest, et ( encore leur puissance s’arrêtait-elle au golfe de ; la Saverne. Mais, depuis le nord de ce golfe jusqu’au golfe de Solway, la population des Cambriens maintint son indépendance. Ce territoire, appelé alors et aujourd’hui encore pays de Galles, offrit aussi un asile sûr aux autres Bretons chassés de l’est et du midi.

Un grand nombre de ces derniers avait cherché un refuge au delà de la mer, sur le rivage armoricain, qui regarde la côte britannique. Là , ils retrouvaient des hommes issus de la mémo race qu’eux, et parlant la même langue. Ils s’y répandirent en si grand nombre, qu’ils en firent disparaître les autres populations qui s’étaient mêlées à la race Celtique, et qu’ils donnèrent leur nom même au territoire, depuis lors

appelé Bretagne; tandis qu’à la même époqmp leurpays, qu’ils venaient d’abandonner, perdait son nom, pour s’appeler terre des Angles, ouj ’ Angleterre.

Quoique les royaumes de l’Heptarchie formassent une confédération qui avait pour liens une origine commune et souvent des intérêts communs , les différents rois saxons étaient presque toujours en guerre entre eux, lorsqu’ils ne se liguaient pas pour résister aux efforts des Cambriens, qui, par des invasions continuelles, troublaient le repos des conquérants.

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