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Le quarter égalé; en bectolitres

47B CHAPITRK tXXIX.

mation annuelle de chaque habitant, qu'un peu moins de 7 litres. Cette addition quadruple en vingt ans, comme le montre le tableau suivant :

AnnéellF Quarters. Addition à la consommation annuelre.

18M-1830 534 992, environ 7 litres par habitant.

On voit que cette importation, malgré le chiffre élevé qu'elle atteint, ne peut nourrir qu'un nombre relativement bien petit d'habitants : dans la Grande-Bretagne seule, de 1830 à 1840, -^ de la population' ; de 1841 à 1849, un peu plus du ^. Si maintenant nous voulions constater les progrès réalisés dans la production agricole, nous arriverions aux chiffres suivants qui expriment le nombre d'habitants nour ris, dans chaque période décennale, en plus de ceux auxquels l'agriculture avait fourni l'alimentation dans la période précédente.

Période décennale. Inditidus noorris en plus.

Total 5 54 1 704

Ainsi, en quarante-neuf ans, la population de la Grande- Bretagne s'est accrue de 8 millions d'àmes, et la production agricole n'a augmenté que de manière à nourrir 5 millions et demi de nouveaux venus I £t cela malgré l'usage croissant d'engrais très-énergiques, malgré tous les perfection^ nements apportés aux instruments de labour, à la mouture des grains, à l'assèchement des terres, etc.

Ainsi, vers 1800, s'introduisit l'emploi des os réduits en poudre, ce qui donna lieu à une importation considérable d'os provenant des immenses troupeaux de l'Amérique méridionale ^ dont on se contentait jadis de prendre la peau,

t. On estime la consommation annuelle par personne à 9 bustaels. Le buM .égale, en litres, 36,35 ;«uiTant d'autres caloals la consommation ansoelle lenit tfi

8 bushels ou de 291 litres.

SITITATIM fiCOflOMIQUE. 479

la graisse et la corne , et dont on recueille maintenant soigneusement les 08. Le guano, découvert en 1840 sur certaine partie des côtes d'Afrique et dans les lies de Tocéan Pacifique, donne lieu aujourd'hui à une importation annuelle de plus de 80000 tonnes. En beaucoup de comtés de Test, la terre est d'une extrême fertilité ; mais son niveau trèsbas Texpose à des inondations qui fréquemment emportaient les moissonn les moulins à vent dont on se servait pour épuiser les eaux , étaient souvent paralysés et inutiles au moment où leur action eût été le plus nécessaire ; on leur a substitué des moulins mus par la vapeur. Une force de dix chevaux et quelques boisseaux de charbon suffisent pour assécher 1000 acres de terre*. Le drainage a pour les eaux souterraines et filtrantes le même résultat, et nombre de terres marécageuses sont par là devenues d'excellentes terres à labour. Enfin l'étendue de la surface arable augmente tous les jours par les défrichements. Depuis 1760, l'agriculture a conquis 7 350 577 acres. Toutefois nous ferons encore remarquer ici qu'en 1827, on comptait 46139280 acres dû terres en culture * ou près de deux acres par habitant ; que, depuis cette époque , la population s'est accrue de plus dé 6 millions, et que les défrichements n'ont ajouté à la surface arable que 718 657 acres; de ^orte que, pour un con* sommateur de plus dont s'accroissait la population , la surface productive ne s'accroissait que de ^ d'acre. Nous revenons donc toujours à la même conclusion, la disproportion crois-santé de la population et de la production agricole, c'est-àdire la dépendance de jour en jour plus grande du peuple anglais, des nations étrangères, pour son alimentation. • Toutefois ce peuple , avec son expérience des choses de Tindustrie et son habileté à appliquer les machines à toute espèce de travail , et son intrépide persévérance , n'est pas prêt de se rendre sur ce point. Beaucoup d'agriculteurs ont même cessé de maudire le fr'ee trade , comme en fera foi la lettre suivante écrite , en 1852 , par un riche et habile cul-

t. Un acre égale, en hectare, 0,40.

• 2. Nous comprenons dans ces chiffîres les prairies cl pâturaffes on! sont d'an« surface de 27 millions d'acres ou les 3/5 de tout le sol cuUWableT

tivateur du comté d'Essex ^ : « Mon opinion sur le free traie est qu'il a , en dernière analyse , très-heureusement agi sur notre pays ; et, quoique Tabondance et le bas prix des ali^ ments aient pesé lourdement pendant un certain temps sur Tagriculture britannique, la concurrence a tellement poussé aux améliorations, que je pense que nous battrons le monde pour le blé aussi bien que pour le calicot. »

On a beaucoup parlé de la diminuti|p de chevaux que Textension des chemins de fer produirait. Un comité de la chambre a môme porté le chiffre des chevaux rendus ainsi inutiles, à un million ; de sorte que les prairies qui les nourrissent pourraient être utilisées pour la nourriture directe de l'homme par leur transformation en terres à blé, ce qui aurait rincouvénient de diminuer les fumures, et par conséquent la fécondité du sol, ou mieux pour Télève des bestiaux. Mais des chiffres positifs démentent ce résultat. Les chemins de fer, en multipliant les opérations commerciales, font refluer sur les voies latérales les chevaux qui ne sont plus nécessaires sur la voie principale. Il y a déplacement plutôt que diminution réelle. En 1823, il y avait dans la Grande-Bretagne, avant l'établissement des grandes lignes ferrées, 305275 chevaux payant l'impôt (les chevaux de ferme en sont^exempts ) ; en 1849, il y en avait 317 319.

Au dernier siècle, TAngleterre se suffisait à elle-même et pouvait même exporter du blé sur les marchés étrangers ; c'est à partir de la grande guerre contre la France que l'importation régulière a commencé. Mais l'aristocratie, qui possède tout le sol de l'Angleterre , voulant restreindre le plus possible cette importation pour n'être point forcée par la concurrence que le blé étranger ferait au blé indigène, de diminuer le prix des baujx de ses fermiers, et par conséquent ses revenus, fit passer en 1815 un acte qui assura le monopole des marchés du pays au cultivateur anglais jusqu'à, ce que le prix moyen du blé* atteignit 80 shillings par quarter, et celui des autres céréales un chiffre proportionnellement aussi élevé. Nous avons dit précédemment comment cette

1. Celte leUre est insérée dans le numéro du i5 anil 1853 dtt Jomnal dt* Éoo" tiomiftet.

SITUATION éCONOMIOlIB. 48 1

législation a été modifiée (voy. p. 415); nous donnerons seulement ici le prix moyen du blé à diverses époques :

De 1760 à 1789, la moyenne est de 45 à 46 sh. par quarter.

De 1790 à 1799, » 65 sh. 11 d.; »

De 1800 à 1809, » 82 »h. 2 d. ; »

De 1810 à 1819, » 88 sh. 8d.; »

' De 1820 à 1829, » 58 sh. 5d.; •

De 1830 à 1839, » 56 sh. 9 d.; »

De 1840 à 1849, » 55sh. lld. < »

Sous Tempire d'une pareille législation et avant même* qu'elle fût établie, quand la population croissait avec rapidité et que Timportation étrangère était encore faible, la rente de la terre augmenta singulièrement; ainsi dans le comté d'Essex des fermes qui, avant la révolution française, étaient louées sur le pied de 10 sh. par acre, payèrent pendant la guerre, jusqu'à 45 et 50 sh. ; il est vrai qu'au retour de la paix ce prix redescendit à 35 sh. et n'est plus maintenant que de 20'; mais c'est encore le double de ce qui était payé avant 1789. D'où il résulte que dans l'espace d'un demisiècle la fortune de l'aristocratie territoriale a doublié '.

industrie : iîm»nm^ machines ) houille; métaux.

C'est avec la muleJenny et la machine à vapeur que l'Angleterre a triomphé de Napoléon. Car c'est à ces puissants agents qu'elle a dû l'immense développement de son industrie et les trésors avec lesquels elle a tant de fois soudoyé la coalition de l'Europe contre nous.

Laine. — La laine d'Angleterre est généralement reconnue comme supérieure à celles des autres pays, en exceptant toutefois celles de Saxe et d'Espagne qui sont les meilleures. Avant 1660 l'exportation était permise; mais, à partir de cette époque , le gouvernement l'interdit sévèrement , pensant que , grâce à sa matière première , l'AAgle-

1. 55 8h. 1 i d. le quarter ou 69 fr. 90 c. les 290 litres répondent pour le prix do blé à 24 fr. 03 c. Le prix da blé à la halle de Paris est aujourd'hui (en mai 1852) de 25 à 28 fr. 50 c. l'hectolitre et demi.

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