‹ Histoire d'AngleterreChapitre 25 sur 70 · S I. POPULATION · texte numérisé non relu

S I. POPULATION

CHIFFRE DE LA POPULATION. — RÉPARTITION DE LA POPULATION Umi LES DIVERSES PROFESSIONS. — ÉMIGRATION.

Chiffre de la population.

La population du royaume-uni , y compris les îles qnj

I. Nous emprantons cette liste au journal la Presse du 24 janvier 1852. Il a de donner la foroe en canons d'un de ces trois vaisseaux, le Phltgéton. Je troiit dans ^tte liste une autre erreur : le CharUmagne est mentionné deux fois première fois comme vaisseau mixte armé, une auire fois comme vaisseau ' en armement, t

)is:M| àhéKcH

SITUATION ÉGONOIIIQUE. 471

avoisinent la Grande-Bretagne S était, d'après le recensement de 1841, de 27041 031 âmes; d'après celui de 1851, de 27738 094. Le mouvement de la population dans la Grande-Bretagne et Ilrlânde est montré par le tableau sui« vant :

AnDé«3. Grande-BreUgne. Irlande.

Les calculs faits avec le plus de soin donnent les chiffres suivants pour la population de l'Angleterre et du pays de Galles, aux xvi« et xvir siècles :

Années. Population. Années. Population.

La population de l'Ile de Man est de 52 116 âmes ; à Jersey, il y a 67 155 habitants; à Guernsey, 33645.

Si l'accroissement, pour la (îrande-Bretagne en particulier, était ramené à la proportion centésimale , c'est-à-dire si Ton représentait par 100 la masse de la population existant au commencement de chaque période, et par une fraction de 100 l'excédant de population trouvé à la fin de chaque période, on verrait que la population s'est augmentée

duns la période décennale 1801-1811 de 15*1 pour 100. » 18U-1821 » 14,12 » » 1821-1831 > 14,91 » > 1831-1841 » 13,18 > » 1841-1851 » 12,17 »

Ainsi, la proportion va sans cesse en diminuant. C'est néanmoins un accroissement bien supérieur à celui de la popu-

1. Les grandes divisions des Iles britanniques sont : L'Angleterre, England, qui necoTTiprend ni le pays de Galles. Wales, ni l'Ecosse, Scotland; la Orande-Breta- GNE, Great Britain, renfermant l'Angleterre, le pays de Galles, l'Ecosse et les ilos voisines; le royaume-uni, United -Kingdom.Tenfevmsmi la Grande-Bretagne et l'Irlande, Ireland; les Briiis}^ lsla/tï4s, comprises dans la Grande-Bretagne, sont Ânglesey qui maintenant est jointe au pays de Galles par un pont sous lequel les «aisseaux passent à pleines voiles, les Shetland, les Orkneys ou Orcades, Jfan, Scilly ou Sorlingues^ Jersey, Guernsiy^ Alderney ou Aurigny, Sark, etc.

472 CHAPITRE XXXiX.

lation en France, qui , de 1837 à 1847, ne s'est augmeni sur une population de plus de trente-quatre millions qae 1 170314 âmes ou de 3,41 pour 100 ; en d'autres termes, i faudrait aux deux pays pour doubler leur population, si proportion actuelle subsistait, à la France 290 ans, à la Grm Bretagne 80. Mais nous remarquerons que la proporti pour tout le royaume-uni est bien plus faible que pour Grande-Bretagne seulement. De 1841 à 1851, l'augmenta tion pour le royaume-uni n'est, en dix ans, que de 697 ou de 2,57 pour 100, c'est-à-dire beaucoup plus faible q celui de la France. Ce chiffre si bas est dû à l'eflFrayante minution de la population irlandaise.

Contrairement, en effet, à l'opinion reçue, cette poputil tion est bien loin de s'accroître;. depuis dix ans, elle a perd 1 659 330 âmes, c'est-à-dire ce qu'elle avait gagné en tr^l années, et elle est revenue à peu près au chiffre de 1821 La misère est pour beaucoup dans ce résutat, mais il faH faire aussi la part de l'émigration , qui enlève chaque an* née de cette malheureuse île un nombre immense de sei enfants. £n 1841, il n'y avait que 21552 Anglais émigrà en Irlande contre 284 128 Irlandais fixés en Angleterre^ (Voy. plus loin l'émigration pour les colonies.)

Le nombre des femmes est de beaucoup supérieur à ce lui des hommes. Ainsi, en 1841, sur 100 personnes o comptait en Angleterre 48,83 du sexe masculin et 51,17 d sexe féminin. A Tondres, il y a 152 240 femmes ou filles d plus que d'hommes ou de garçons. Une des causes de cetb différence est encore l'émigration , qui emporte bien plm d'hommes que de femmes.

£n 1849, il y a eu en Angleterre et dans le pays de Galled 141 883 mariages, sur lesquels 123 182 ont été célébré! d'après le rite anglican, 5558 devant le surintendant de l'état civil, 4199 selon le rite catholique, 8662 dans les aa^ très communions chrétiennes , 53 entre quakers, et 221 entre juifs. Une remarque à faire, c'est le chiffre si pea élevé des mariages catholiques. II montre combien s&â exagérées, relativement aux progrès du catholicisme en An* •^leterre, les craihtes des uns et fts espérances des autres. !

la

p La population de Londres était

f En 1841, de 1 948 369 habitants,

* En 1851, de 2359 640 »

% Augmentation en dix ans 41 1 27 1 »

rlaris n'a pas, Dieu merci! cette croissance effrayante. On y lomptâit,

^ En 1846 1 034 196 habitants,

^ Enl851 1029487 »

* Diminution 4 709 »

fia population n'est donc que ^ de la population totale de fft France, tandis que;Londres renferme plus de ^ de la postulation entière de la Grande-Bretagne.

Dans TAngleterre proprement dite et dans la princiuté de Galles, la mortalité était, en 1730, de 1 sur 31 ; lUe a été, en 1841 , de 1 sur 46. Elle était en France, en 1846, Be 1 sur 42,51. Ce rapport est

En Norvège de 1 sur 54;

'^ En Russie de 1 sur 26 ;

En Saxe de 1 sur 34 ;

En Wurtemberg de 1 sur 30.

ta mortalité annuelle ne croit pas en proportion de Tac- ^oissement annuel de la population. Le*résultat trouvé pour la France est donc vrai aussi pour T Angleterre. Dans les deux pays, la mortalité va en diminuant. Cette diminution |»'explique , des deux côtés de la Manche , par les améliora* j[ions introduites peu à peu dans Thygiène du peuple.

 l'hôpital de Londres, la moyenne de la mortalité a été, 'de 1845 à 1849, de 7,29 morts pour 100 malades; à l'hôpital e Saint-Bartholomée, de 7,28 ; dans la plupart des autres, de 0 pour 100; àTinfirmerie de Manchester, de 11,9 pour 100. s renseignements nous manquent pour donner la mortalité de tous les hôpitaux de Londres. Dans les hôpitaux \de Paris, la moyenne de la mortalité a été^ en 1850, pour les neuf hôpitaux généraux, de 1 mort sur 11,3 malades; jpour les six hôpitaux spéciaux, de 1 sur 17,42; moyenne générale, 1 mort sur 12,40 malades. On voit que cette moyenne est supérieure à celle de la plupart des hôpitaux

474 CHAPITRK XXXIÎ.

de Londres où la mortalité est de 1 siir 10. Un faii plus consolant encore pour nous , c'est la diminution croissante de la mortalité dans les quatre périodes décennales ;

1804-1814 ; 1 sur 6,35

1815-1824 1 sur 6,82

1826-1834 1 sur 8,00

1836-1844 1 sur 9,69

1860 ' 1 sur 11,03»

BépartlUoii de la populaUén entre les diverses professions.

En 1831, cent habitants de la Grande-Bretagne pouvaient

se répartir ainsi entre les diverses professions :

Agriculture 31,5

Commerce et manufactures 39,7

Autres états ou conditions 28,8

Dix ans plus tard, les chiffres étaient :

Agriculture 26,93

Commerce et manufactures 43,53

Autres professions 30,54

On voit que Tagriculture a presque perdu six pour cent. Au lieu d'occuper près du tiers des bras en Angleterre, elle n*en occupe qu'un peu plus du quart, et cette diminution va croisant. En trente années , le nombre des Ouvriers agricoles a diminué d*un dixième , puisqu'il était en 1811 de 35,2, et qu'il n'est plus en 1841 que de 25,9.

En 1831, mille ouvriers agricoles n'avaient que 3174 personnes à nourrir; en 1841, ils ont à pourvoira la subsistance de 3984 personnes. C'est là un fait économique de là t)lus haute importance, qui explique l'abolition des lois sur es céréales et la libre introduction des graine étrangers, décrétées par sir Robert Peel. Mais en face de ces chiffres , qui montrent la partie de la population occupée à produire les denrées alimentaires diminuant incessamment, et la partie de la population qui les consomme augmentant sans relâche, l'Angleterre a à voir s'il ne convient pas, pour sa sûreté, que ce mouvement de décroissance de la classe agricole , et ce mouvement ascensionnel de la classe manufacturière

1. Compte de V Administration générale d^ VÂnais^tanct publiquiy 1851.

s'arrêtent. L'Angleterre tend évideniment à devenir l'entrepôt et Tatelier de Tunivers. Elle trafiquera , elle fabriquera pour lui, à condition qu'il la nourrisse. Mais est-ce là une situation sans danger? Il y a dix-huit siècles, Tacite se plaignait éloquemment de voir la vie du peuple romaia à la merci des vents et des flots. Il est vrai que l'Angleterre croit les avoir enchaînés !

En Irlande , la population agricole est le double , toute proportion gardée de la population agricole de la Grande- Bretagne. On comptait qu'en 1831, mille Irlandais en nourrissaient 1522 ; en 1841, ils en nourrissaient 1511. On peut dire d'après ces chiffres que dans la Grande-Bretagne le travail de mille agriculteurs est égal à celui de 2636 en Irlande.

En suivant la même répartition qu'en Angleterre, on trouve en Irlande :

Pour ragriculture 66,2

Pour le commerce et les manufactures 23,9

Pour les autres classes 9,9

On a pu, d'après le recensement de 1841, former le tableau suivant :

« Angleterre Ecosse.

- et Pays de Galles.

Négociants, trafiquants et manufacturiers . 2 6 1 9 206 47 3 58 i

Ouvriers agricoles 1 261 448 229337

Ouvriers non agricoles. 673 922 84 578

Armée à Tintérieur 86763 4 631

» au dehors et en Irlande 89230 »

Marins T 191 992 24 359

Clergé ♦ 20 450 2956

Avocats, légistes, elc 14155 3185

Médecins 18436 3568

. Autres professions libérales 123878 1 8 099

Fonctidhnaires publics 14089 2 777

Fonctionnaires municipaux 22 1 25 3 085

Domestiques 299048 168650

RenUers 445 973 68 29i

Pauvres, prisonniers, aliénés 176206 21690

6 006 920 1 088 782 Femmes, enfants 9 390 866 1 631 402

ToUl 16397 786 2620184

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Les fabriques de tissus occupaient en 1841 , dans la Grande- Bretagne, 800 246 ourriers ; celles dlrlande , 665239. Ce nombre s'accroit annuellement en moyenne de 3,57 pour 100. Les mines de la Grande-Bretagne et les usines métallurgiques employaient 368 368 personnes , dont 118233 pour l'extraction delà houille seulement; les mines d'l^ lande n'en occupaient que 3096.

Le gouvernement n'intervient pas dans les émigrations. Pour les organiser et les encourager, il s'est formé des sociétés particulières qui , la plupart du temps , ne font que spéculer sur les malheureux qu'elles exportent. Néanmoins, le nombre des émigrants va chaque année croissant.

Années. ÉmigranU. Années. Émigrants.

D'après les derniers relevés, ont émigré aux États-Unis seulement :

Individus.

Anglais 28533

Écossais , 7 302

Irlandais 163256

Total 199091

La transportation des criminels est une espèce d'émigration d'un caractère différent. Elle enlève les moyens de nuire à une classe de gens dont les facujtés, d'ordinaire actives et énergiques, peuvent sy vir au progrès de la société, si elles sont bien dirigées et appliquées avec sagesse. L'Australie est le lieu qui reçoit les malfaiteurs; cependant c'est un pays qui par sa situation et son climat n'est guère propre à l'agriculture ; aussi , bien des personnes demandentelles que l'intérieur du Canada lui soit préféré; les moyens de s'échapper y seraient tout aussi difficiles, et le travail y serait bien autrement productif. On a transporté .

Années. Individus. Années. Individus.

SITUATION ÉCONOMIQOB. 477

total de ces dix-sept années, 48 712 individus, ou 2865 par an. En 1 840 , il y avait à la terre de Van Diemen 19 439 convicts. Un autre établissement a été fondé en 1824 aux îles Berqmdes, il renferme 1000 transportés. ^

S n. PRODUCTION.

AdUCULTURE ; IMPORTATIONS DE BLÉ ÉTRANGER. — INDUSTRIE : TISSUS ; MACHINES; ROUILLE ; MÉTAUX. — SALAIRES. — l'EXPOSITION UNIVERSELLE. COMMUNICATIONS INTÉRIEURES ET CABOTAGE.

Affrleultare; Imporiaiioiui de blé étranger*

II est possible qu'un petit pays, une colonie peu considérable, comptent, pour leur alimentation, sur Fimportation du blé étranger; mais il n'en saurait être ainsi d*un État tel que TAngleterre. Toute la marine du royaume-uni, fût-elle portée au double du chiffre des navires qui entrent en une année dans les ports anglais, ne suffirait pas à transporter le blé nécessaire à la consommation des habitants. Uj ne faudrait pas moins que toute la marine du globe pour opérer le transport de la masse de denrées alimentaires que consomme le peuple anglais. On voit de quelle impérieuse nécessité est, pour TAngleterre, le développement de son agriculture. Depuis 1811, la population a doublé; il faut que la production agricole ait fait dans le même espace de temps d'immenses progrès, car les importations étrangères ne sont qu'une bien faible partie de la quantité de blé nécessaire à la consommation générale. Mais ces progrès continueront-ils? L'agriculture marchera-t-elle du même pas que l'industrie? On peut en douter en voyant diminuer, relativement à l'accroissement général de la population *, le nombre des bras qu'elle emploie, et croître dans une énorme proportion, l'importation des blés étrangers.

En effet, de 1801 à 1830, la moyenne du blé importé chaque année , est de 530 000 quarters •, ce qui , dans les dernières années de cette période, n'ajoutait à la consom-

1. De 181 1 à 1831, la population générale s'est accrue de 34 poui: loo, et le nombre des familles employées àVagriculiure n'a augmenté que d»7 1/4 pour lOO. •

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