‹ Histoire d'AngleterreChapitre 38 sur 70 · AUTRES RECETTES · texte numérisé non relu

AUTRES RECETTES

Produit de la vente d^anciens approvisionnements, etc. . . 472 394

Divers remboursements de prêts 101 344

Provenant de la compagnie des Indes 60000

Total du revenu 52810875

DÉPENSES. liv. sterl.

Intérêts et administration de la dette 23 950 558

Annuités à terme 3 737 325

Intérêts des bons de Téchiquier 403 605

Liste civile 396481

Annuités et pensions civiles, navales, militaires et judiciaires 384 664

Traitements et rétribution des employés ^. . . 284 662

— et pensions diplomatiques. 159 285

Justice : 1 089893

Diverses dépenses à la charge des fonds consolidés 549 443

Armée » . . . . 6 401 883

Marine 6437 883

Artillerie 2553 177

Divers services annuellement votés par le parlement 3 826 886

Sommes non réclamées 25 993

Total des dépenses 50 201 738

Excédant du revenu sur la dépense. . 2 609 137

Nous remarquerons seulement que sous le titre de Services divers, était comprise en 1849 une somme de 371 407 livres sterling, ou en francs de 9285 176, pour Téducation, les sciences et les arts, somme bien faible comparativement à ce que la France paye pour le même objet. Il est vrai qu'en ces matières TËtat laisse presque tout à faire aux particuliers. Un autre point intéressant , est le chiffre des employés publics , ceux de Tarmée de terre et de mer mis à part, mais en y comprenant tout le service administratif. En 1835 on en comptait 23 578 recevant 2 786 278 livres sterling; en 1815, il y en avait 27 365 touchant 3 763 100 livres sterling. Ainsi TAngleterre diminue le chiffre de ses fonctionnaires quand nous accroissons si démesurément le nombre des nôtres. Aussi ce que chez nous chaque fils de bourgeois demande à l'État , une place et un traitement , chez nos voisins on le demande à Tindustrie et au commerce. La moyenne du traitement de nos fonctionnaires est bien minime, celle du fonctionnaire anglais est de 118 livres sterling, ou en francs 2950. C'est donc l'application du principe : un petit nombre d'employés bien rétribués, mais desquels on peut beaucoup exiger. Le ministère de l'intérieur (seeretary of state, home department) occupe 30 personnes; le ministère des affaires étrangères 39. En 1845 la douane de Londres, qui avait à percevoir 200 millions de droits, et à visiter un nombre de vaisseaux aussi considérable que toute la marine marchande de France, avait 55 employés .

Pour lever l'impôt, l'Angleterre n'a ni payeurs , ni receveurs particuliers, ni receveurs généraux. C'est la banque d'Angleterre qui centralise toutes les recettes du trésor au moyen de ses succursales dans les comtés, ou des banques particulières avec lesquelles elle est en correspondance. Des collecteurs ou percepteurs choisis par les personnes les plus riches de chaque district, recouvrent directement l'impôt, qu'ils versent soit à la banque', soit dans les succursales, en retenant, comme indemnité, une certaine somme calculée sur le montant des taxes.

. L'administration supérieure appartenait jadis à la cb»*^ bre de l'échiquier. Cette chambre a été supprimée en

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et remplacée par un bureau de eontrâle qui foit partie de la trésorerie. Le conseil de la trésorerie se compose du pre* mier lord de la trésorerie , lequel porte le titre de premier ministre ; du chancelier de Téchiquier, de quatre lords ou commissaires de la trésorerie. Ces six personnages sont tous membres du cabinet et du parlement. Trois secrétaires et quatre fonctionnaires supérieurs y sont adjoints. Au-dessous de ce conseil général sont les administrations particu* Hères du timbre, de Taccise, des douanes, des postes et des forêts. Le bureau du contrôle général est indépendant de la trésorerie, bien que soumis à sa direction pour la tenue de ses écritures. La cour des comptes {audit office) n'a juridiction que sur une partie seulement des comptables.

Le budget général du royaume-uni ne comprend pas, il s'en faut, toutes les sommes payées par les habitants de l'Angleterre , ni même toutes celles qui sous le titre de dépenses des cultes, de rinstruction publique , de la justice, des travaux publics , de Tagriculture et de Tintérieur viennent grossir le budget de la France. A côté du budget de r£tat, il y a celui des comtés et des paroisses, qui doit subvenir au soulagement des pauvres {poor rates)^ pourvoir à la répara* tion des routes et des ponts, à la construction et à l'entretien des prisons, maisons de correction, maisons de justice, hospices d'aliénés, salles de réunions, etc., et à la dépense des poursuites criminelles , de l'entretien et du transport des personnes avant et après le jugement, de l'arrestation des vagabonds, de l'exécution des condamnés, aux vacations et indemnités payées aux coroners et aux témoins, aux traitements des ingénieurs, collecteurs, constables, geôliers, etc.; aux dépenses de la milice, des élections de comté, des expertises, etc.

Il a été ainsi dépensé par les comtés et paroisses d'Angleterre :

Années DépenseB diverses/ Pour les pauvres. Total.

! tableau il résulte que la taxe des pauvres, au lieu de

SITUATION ÉGONOlfIQUB. 5S1

s'accroître avec la population, diminue ; qu'elle était d'en* viron 175 millions de francs en 1816, et qu'elle n'est plus que de 145 millions aujourd'hui. Avant la famine de 1846- 1847, elle n'était même que de 124. La diminution du prix dds denrées alimentaires, par suite de l'abolition des lois sur les céréales, rendra encore ce fardeau moins lourd en rendant la vie moins chère , et l'émigration sur une grande échelle pour l'Australie, où l'on vient de découvrir tant de mines d'or, réduira certainement le nombre des pauvres que la métropole doit secourir.

Les somnies employées aux dépenses des paroisses et des comtés, sont votées dans des assemblées de paroisse par ceux qui doivent les payer ou par leurs délégués. Mais il y a en outre certaines dépenses publiques auxquelles il est pourvu par une taxe locale (couniy rate) que les juges de paix établissent eux-mêmes dans leurs comtés. Ces taxes se sont élevées en 1849, pour l'Angleterre et le pays de Galles, à 1 381 132 livres sterling. On ne sait rien des dé-* penses faites pour les réparations des églises et pour les frais du culte.

L'Angleterre , bien loin de marcher à une banqueroute, comme on le disait si haut pendant la grande guerre, comme on le répète encore quelquefois aujourd'hui , porte facilement le poids de sa dette, qu'elle allège chaque jour. De* puis 1820, en effet, cette dette diminue, bien lentement il est vrai , car elle est encore, en capital, de plus de dix->neuf milliards de francs; mais nous n'avons pas môme su en faire autant : notre dette est aujourd'hui de 5 345 637 360 francs.

En outre le libre échange , loin d'entraîner la moindre perturbation dans les finances de la Grande-Bretagne, a amené, avec la diminution des droits, un développement de la consommation, qui a plus que largement compensé cette diminution, et, ainsi que nous l'avons déjà constaté, en 1849, année où le budget de tous les Ëtats de l'Europe s'est soldé par un déficit plus ou moins considérable, celui de l'Angleterre a présenté un excjédant de recettes de 50 millions de francs; pour 1850, cet excédant sera de 63 millions.

S y. GONSOUMATION.

RÉPARTITION MOINS INÉGALE DES PRODUITS ; CHIFFRES DE LA CONSOHMAnON DES PRINCIPALES DENRÉES. — ACCROISSEMENT DU CAPITAL NATIOKAL EN PROPRIÉTÉ MOBILIÈRE. — ACCROISSEMENT DE VALEUR DE LA PROniiÉTÉ FONCIÈRE. — PROGRÈS DES CAISSES D'ÉPARGNE. ^ EXTENSION DES GRANDES CONSTRUCTIONS. — ACCROISSEMENT ÉNORME DES MACHINES. — ACCROISSE- MENT DU NOMBRE DES NAVIRES MARCHANDS. — PLACEMENTS ANGLAIS DANS LES FONDS ÉTRANGERS. — ACCROISSEMENT DU BÉTAIL.

Répartition molnM Inégale de* produit*; ehURres de la coniiomiiiatloii de* principale* denrécM.

D'après le recensement de 1834 pour les trois royaumes, sur 5 812 276 individus du sexe masculin âgés de 20 ans et au-dessus, 5466 182 avaient une profession lucrative, et 346094 seulement, c'est-à-dire moins de 6 sur 100, n'en avaient pas. En 1841, le nombre des adultes mâles qui étaient sans emploi ne s'élevait, pour toute la Grande-Bretagne, qu^à 274 482. Dans aucun autre pays on ne trouverait de pareils chiffres qui témoignent de l'universelle activité du peuple anglais et de la proportion toujours croissante du capital national et de la puissance productive du pays. Sans doute la masse de produits, fruit de cet immense travail, est encore très-inégalement répartie; mais ajoutons que, malgré l'énorme accroissement de la population , cette inégalité était autrefois bien plus considérable, qu'elle tend à diminuer, et que par conséquent il y a dès maintenant , et il y aura encore dans l'avenir, si rien d'imprévu ne vient le troubler, moins de misères et plus de bien-être général ou, comme disent les Anglais, plus de comfortet de respectabilité. Un homme du milieu du dernier siècle ne reconnaîtrait plus aujourd'hui les maisons des bourgeois de Londres, car il y trouverait bien des choses qu'il ne voyait, il y a cent ans, que dans les demeures de la noblesse.

On ne saurait malheureusement en dire autant des habitations de la classe des journaliers et des ouvriers de fabrique , excepté peut-être à Sheffield , où elles présentent un aspect de propreté et de bien-être qu'on voudrait retrouver partout. Mais dans les autres grandes cités manufacturiè-

res, àlîverpool, à Leeds, à Manchester, à Birmingham, etc., que d'affreuses misères, et surtout dans ce Londres qui s*accrott si démesurément, et où le travail rejette la paresse et le vice dans des bouges affreux.

Maisons. — On en comptait, en 1841, dans l'Angleterre, 2753 295, et leur nombre s'était accru depuis 1801 dans une proportion plus forte que la population : d'où la conclusion que les Anglais sont mieux logés aujourd'hui qu'il y a cinquante ans.

Domestiqti€s\ — Le nombre des personnes payant la taxe pour leurs domestiques était, dans la Grande-Bretagne, en 1812, de 86093, en 1849 de 112 543. Le chiffre des domestiques mâles en 1841, était de 457 698, et celui des domestiques femmes de 902048, ce qui donne 73 domestiques de l'un ou de l'autre sexe sur 1000 habitants. On peut juger de l'énorme capital ainsi employé en pensant qu'un domestique mâle doit coûter annuellement 60 livres , et une femme 35.

Voitures et chevaux de luxe. — En 1812, 16596 personnes et 25 447 en 1849 payaient la taxe mise sur les voitures à quatre roues. En 1838, 152 973 personnes avaient des chevaux taxés ; en 1849, il n'y en avait plus que 140 374.

Argenterie. — Avant 1815, dans la plupart des ménages, les maisons dans l'aisance exceptées bien entendu , et dans presque toutes les tavernes , on ne voyait aucun ustensile d'argent ; aujourd'hui on trouve partout, si ce n'est chez les artisans, un peu d'argenterie.

Sucre. — La quantité de sucre consommé en 1830 dans le royaume-uni , a été de 4 273 946 cwts. , ou 19,94 livres par personne ; en 1849, 6 287 217 cwts., ce qui porte la consommation moyenne à 24,12 livres.

Café. — En 1801, on a consommé en Grande-Bretagne 750861 livres de café; en 1849, le chiffre était monté à 34 399374 livres. En 1801, le droit sur le café de plantation anglaise était de 1 sh. ^; il fut réduit successivement à 4 d., et le droit sur le café étranger à 6 d. A un abaissement de droit correspond , on le voit, un accroissement de consommation. Sous le bénéfice de ce dégrèvement, un nombre

S34 CHiPlTRK XKXa.

immense de cafés (coffèe-shops) se sont ouverts à Lcmdres, où se vend à bas prix aux ouvriers une liqueur fo^ifiaptei au lieu du whisky, dont auparavant ils s'empoisonnaient.

Thé. — En 1785, il en a été consommé dans les trois royaumes 10 856578 livres, et 50021 576 en 1849.

Drèche.—LsL consommation moyenne était, en 1801 , pai personne» de 1,20 bushel; en 1849, de 1,34^

Spiritu0i*x. — Il en a été consommé dans le royaume-uni, en 1 802 , 9 338 036 gallons , ou par personne 0,5â gallon. En 1846, les droits sur les spiritueux venant de l'étranger ont été réduits de 22 sh. 10 d. à 15 sh. par gallon. Au&« sitôt la consommation s'élève et avec elle le revenu du trésor. La moyenne de la consommation pendant les quatre années 1842-1845 avait été de 1065368 gallons, et le produit de 1216118 livres sterling ; la moyenne pour 1846-1849 arrive à 1 731 851 gallons, qui rendent 1 313 504 livres. Remarquons que la quantité de spiritueux importés en Angleterre ne fournit pas à chaque habitant la dixièn^e partie d'un gill par jour (1 gill égale en décilitre 1,42).

FîTir. — Consommation dans la Grande-Bretagne en 1801 : 5 838 582 gallons, ou 0,533 gallon par personne; en 1841, 5582385 gallons, ou 0,301 gallon par personne. La consommation baisse, comme on voit; mais aussi des droits élevés de 13 sh. 8 d. par gallon ont pendant longtemps em^ péché le peuple de boire du vin. Il a pris d'autres habitudes; et maintenant que le droit n'est plus que de 5sh. |, il n'y revient pas. La consommation des vins de France a cependant presque doublé depuis 1815; elle est montée de 123 567 gall. à 331690; mais ce n'est pas même la consommation que fait de nos vins le petit royaume dô Danemark, dont la population n'égale pas celle de Londres.

Bière (porter ou bière forte, aie ou bière douce). — Consommation de bière mise en vente dans l'Angleterre proprement dite et le pays de Galles en 1801 : 6427 529 barils (barrels); en 1829, 8 089629. Les droits rapportaient aux mêmes époques 2048695 livres et 3 217 812 livres. En 1830, le droit sur la bière a été abrogé.

Tabac.— La, consommation du tabac s'élève de 16 904 752

livres en 1801 à 27 553 158 livres en 1849. Le droit actuel est de 3 shillings par livre.

• Papier. — Le papier fut imposé, en 1811, pour subvenir aux frais de la guerre. En 1836, les droits furent réduits. Il est question aujourd'hui de les abolir. En 1834, il avait été enhployé 70606889 livres de papier; en 1849, 132132657 livres.

Eclairage, — Nous n'avons pas besoin de donner ici de chifflres , pour prouver que villes et maisons sont infiniment mieux éclairées qu'autrefois.

Tissus. — Les manufactures, en 1849 , ont travaillé 776000 000 livres de coton représentant une valeur de 86125 840 livres sterling, dont près d'un tiers a été exporté et plus des deux tiers employés dans le pays. En 1833, on en avait mis en fabrique 282 000 000 livres, exporté pour 18 459 000 livres st., et vendu en Angleterre pour 12 879 693 livres st. La consommation nationale a donc plus que doublé sur cet article depuis 1835. Si nous remontions jusqu'au commencement du siècle, nous trouverions que la production est aujourd'hui quatorze fois plus grande qu'elle n'était alors , d'où la conclusion forcée que le peuple doit être incomparablement mieux vêtu. D'après les valeurs et les quantités déclarées à l'exportation, le yard d'étoffe de coton valait en moyenne 6 d. en 1833 et 3,37 d. en 1849 : diminution en dix-sept ans de près de moitié* Le lin , les laines ont également diminué de valeur.

Per. — Les chiffres suivants montrent que la production du fer est devenue huit fois plus considérable dans l'espace de quarante-deux années seulement. Les chiffres expriment des tonnes qui chacune valent 1015 kilogrammes :

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