FER ANGLAIS. ÏER ÉTRANGER
Production. CoDsommation. Exportation. Consommation. 1806.... 258000» 243857» 36925 27 411
Une énorme quantité de fer est aujourd'hui employée pour les navires ; ce métal offrant plus d'avantages que le bois pour certaines constructions nautiques, car les coques en fer s'usent moins vite, sans avoir besoin d'être calfatées ou doublées de cuivre , ne se détériorent pas hors
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de l'eau et offrent avec plus de légèreté et de capacité une sûreté plus grande. Qu'un navire en bois touche, et le bâtiment tout entier est ébranlé, disloqué. Dans un navire en fer, la partie seule qui a touché est déchirée, et , comnie la carcasse est divisée en plusieurs compartiments bien clos , la voie d'eau n'est jamais considérable. Leur poids n'est, en général , que les f de celui d'un navire en bois de même capacité. Un grand nombre de vapeurs transatlantiques sont maintenant en fer. Cependant la question n'est pas encore définitivement jugée; un désastre récent a réveillé toutes les inquiétudes.
Cuivre. —En 1801, il a été consommé 1493 tonnes; en 1847, 7564. La production totale aux deux époques étiût de 6318 et 13 785.
Bois de construction, — La Grande-Bretagne est aujourd'hui un des pays les plus dépourvus de forêts. Elle tire principalement ses bois de ses colonies de l'Amérique du nord qui entrent en franchise, tandis que les bois étrangers étaient chargés d'un droit de 45 sh. , réduit en 1845 à 14. La consommation a été en loads, qui valent pour le bois brut 40 pieds cubes anglais, pour le bois équarri 50 pieds cubes :
On remarquera qu'aussitôt après l'abaissement du droit la consommation a plus que doublé. De 1801 à 1841, la population s'est accrue de 64 ~ pour 100, et la masse de bois importée de 360 pour 100. La population actuelle dispose donc de six fois plus de bois que celle des premières années du siècle.
Charbon de terre, — Il en a été apporté à Londres :
En 1821 1744 914 f. En 1841 29026741.
Eu 1831 2053 673 En 1849 3 380 786
On doit employer pour le gaz d'éclairage dans le royaumeuni de 500 à 600 000 tonnes de houille. Cette invention date de 1804.
Londres n'ayant ni barrière ni octroi, on ne peut connaître sa consommation en denrées alimentaires. Voici seulement les chiffres pris, en 1840, dans une famille habitant
un des beaux quartiers de Londres et composée du mari, de la femme , de six enfants et de dix domestiques , en tout dixhuit personnes, dont les § étaient adultes :
• par jour, par an.
6668 livres de viande, ou par personne. . J ,016 370 ^ livres.
3668 — pain 0,776 283 J
586 — beurre 1,317 30 âV
1782 qts.— lait 0,287 104 J qls.
Dans une grande maison de commerce de Londres , renfermant 114 personnes, hommes et femmes, tous adultes, il a été consommé en 1841 :
par jour, par an.
34 914 livres de viande, ou par personne. . 0,839 306 i livres. 40464 — pain 0,972 355
Diminution des prix. — Pour montrer combien les prix ont baissé depuis le commencement du siècle , et, par conséquent, combien la consommation a pu s'accroître , nous donnerons les chiffres suivants :
Un vaisseau de 74 canons, jaugeant 1706 tonneaux, coûtait à construire ,
En 1805 62 430 livres sterling, ou 36 1. 1 1 s. 3 d. par tonne.
En 1836... . 44784 — ou 26 1. 4 s. 7 d. par tonne.
Prix comparatif de certaines denrées* :
Bœuf. Mouton. Souliers.
1801 5 sh. 8 d. 6 sh. 1800 66 d.
Habit d'u£Scier. (iilet d'officier. Chaussure.
1815 68sh. 7d. 31 sh. 6 d. 7 sh.
D'où il résulte , pour un espace d'années qui n'est qu'une seule fois de quarante ans, une diminution :
Pour les constructions de plus de.
Pour ralimentalion en viande , de très-près de. . . ^. Pour les vêtements de 3 à i-
A quoi il faut ajouter que le prix du blé fut en moyenne, de 1810 à 1819, de 88 sh. 8 d., et que cette moyeihie pour 1840-1849 n'a été, malgré l'horrible famine de 1847, que de 56 sh. 11 d., c'est-à-dire qu'il a baissé de plus d'un tiers.
1 . La viande est comptée par store ou en kilogr. 3,628. Le prix des vêtements est celui qui a été payé aux époques indiquées dans les hospices militaires de Greenwich et de Cheisea, pour lesquels par conséquent ne varient ni la forme, ni l'étoffe.
528 chàpitkb xxxix.
AeerolMMimeiit da eapltal natlMud «n propriété mAMIlèr^
Tout ce qui précède révèle l*énorme accroisseiAent du capital national qui s'est opévé depuis la fin de la grande guerre. Nous chercherons à en donner de nouvelles preuves en montrant Taccroissement de la propriété mobilière et foncière, Taugmentation des travaux publics, les place- ' ments dans les fonds étrangers , eto,
U serait du plus haut intérêt de connaître comment la propriété foncière se modifie en Angleterre, et si la terre est en ce pays du droit d'ainesse et des substitutions aussi immobile qu'on le pense. Malheureusement les moyens directs de contrôle nous manquent, et nous n'arrivons que d'une manière détournée au résultat.
Accroissement des assurances sur les biens et sur la vie, — Les propriétés sont loin d'être toutes assurées en Angleterre; néanmoins si l'on examine les sommes produites chaque année par les assurances contre l'incendie depuis 1801, on est justement étonné du progrès qui se manifeste. Ainsi, pour les trois royaumes, le capital assuré s'élève:
En 1801, à.... 232242 225 £ En 1841, à.... 681&39839£ En 1821, à.... 408 037 332 En 1849, à.... 756280 900
C'est une augmentation de 226 pour 100 en quarante-neuf années. L'Angleterre proprement dite fournit la plus forte somme. Le chiffre des assurances pour 1849 seulement y monte à 679 814100 livres sterling. Les assurances sur la vie ont suivi également une progression croissante, mais on n'en peut fixer le chiffre. On sait cependant que les fonds des diverses compagnies d'assurance sur la vie, du royaume, forment au moins un capital de 40 millions sterling.
Propriété mobilière : accroissement des petites et moyennes /br^îfwes.— La jurisprudence anglaisediffèrefort à l'^ardde» testaments de la jurisprudence française. Le droit de tester est illimité, quant aux immeubles depuis Henri YIII, quant aux biens meubles surtout depuis Charles P'. Aujourd'hui le père peut déshériter complètement ses enfants. Les mineurs même, les garçons dès quatorze ans, les filles depuis douze ans peuvent tester. Aussi , contrairement à ce qui se passe
SîtOÀTION ÉCONOMIQUE. 629
en France, les cas de mort ab intestat sont-îls rares en Angleterre dans les Camilles aisées. Lorsqu'une succession ab intestat vient à s ouvrir, le partage est ainsi réglé : le fils aîné a toutes les terres. S'il n*y a point de fils, les filles partagent également entre elles. Quant aux biens meubles, c'est-à-dire l'argent, le mobilier, les capitaux, les valeurs en portefeuille, ils se divisent par égale portion entre tous les enfants, fils ou filles ; l'aîné même qui a déjà tous les biensfonds , est admis au partage. Une autre circonstance en sa faveur c'est que l'État ne prélève rien , comme droit de mutation , sur les immeubles ; tandis que les droits sur les meubles varient de 1 à 10 pour 100. Cette loi de succession est surtout ce qui donne et maintient à l'Angleterre son caractère aristocratique ^ Mais ce que nous venons de dire fera aussi comprendre comment nous allons pouvoir prendre le chiffre de la valeur annuelle des successions pour arriver à une estimation approchée de la propriété mobilière^ de l'Angleterre.
En 1797 le chiffre total des biens sur lesquels les droits de succession ont été payés à l'État s'élevait à 1 116 180 livres sterling. Ce capital est monté progressivement jusqu'au chiffre de 44348 721 livres sterling en 1848. Encore ce chiffre ne comprend-il pas les biens des personnes mortes intestat, lesquels s'élèvent annuellement à 5 millions de livres environ, ni les douaires laissés aux veuves. En 1841^ dans l'Angleterre et TÉcosse, 22985 personnes, c'est-àdire très-probablement les trois dixièmes des chefs de famille qui moururent cette année dans les deux pays , laissèrent une succession sujette aux droits, c'est-à-dire supérieure à vingt livres sterling. Sur ce nombre , 8276 ou plus d'un
1. I/acqnisition d'un bien-fonds en pleine propriété est, en Angleterre, entourée de dilRcuUéB et eiige des frais qui font souvent reculer. De la l'usage des baux emphytéotiques, à 99 ans; le propriétaire cède la jouissance du terrain moyennant «ne rente , et le preneur en dispose à son gré. Au tertne du bail, tout revient aux parents du bailleur ou à ses héritiers et ayants droit avec lesconEtructions tenant à fer et à clous. Notez que tout propriétaire de maison est tenu de la con.server en bon état. D'ordinaire, à l'expiration du bail, le propriétaire continue la jouissance à celui qui a construit, moyennantune redevance plus élevée. C'est ainsi qu'une partie de Londres, tous les quartiers neufs, appartiennent au duc de Portiand et a lord
Srosvenor, marquis de Weitminster. Cette coutume est encore ttue garantie de U urée et de l'accroissement des fortunes de raristocratie.
tiers n'avaient qu'un bien dont la valeur était inférieure à 5000 fr. Il y a donc en Angleterre plus de petite propriété qu'on ne le pense communément, et cette propriété petite et moyenne s'accroît bien plus que la grande. On pourrait en effet , en comparant les chiffres pour 1 833 et ceux pour 1848, trouver que l'accroissement a été tel que le montre le tableau suivant.
Pour les fortunes n'excédant pas 1 500 £ de 15,56 pour 100.
— entre 1 500 et 5000 9,21 —
— — 5000 et 1000 16,38 —
— — 10000 et 15000 6,36 —
— — 16000 et 30000 18,42. —
— au-dessus de 30000 1,13 ~
Les fortunes dont le nombre s'accroît le plus sont donc
celles qui représentent la petite et la moyenne propriété.
Une autre preuve du même fait c'est que de 1833 à 1849
les droits de mutation payés pour les fortunes supérieures à
^30000 livres sterling vont en diminuant : la moyenne de ces
'droits a été en effet
De 1833 à 1836, de.. . 238 306 £ 1841 à 1844, de. . . 229 162 £ 1837 à 1840, de... 230388 1845 à 1848, de... 223 962
On peut estimer d'après le chiffre annuel des successions et des droits payés pour elles la valeur totale de la propriété mobilière, en 1814, à douze cents millions sterling, et en 1845, à deux milliards deux cents millions sterling. Ce serait alors d'un milliard de livres sterling que se serait accru , en trente et un ans , le capital national. Encore ne sont comprises dans ce chiffre ni les sommes placées en hypothèques, ni celles qui sont employées à l'amélioration des biens-fonds, comme les 600000 livres sterling que le dernier comte de Leicester dépensa pour convertir un domaine stérile en une terre éminemment productive , ce qui augmente d'autant la richesse publique. Ainsi en 26 ans, de 1815 à 1841, la valeur des terres a augmenté de 380000000 livres sterling dans le royaume-uni.
Une partie considérable de la propriété foncière est devenue, par l'établissement des chemins de fer, propriété mobilière , soumise par conséquent à la loi du partage égal ;
SITUATION iCONOMIOCE.
c'est autant d*enlevé au droit d'aînesse et à la grande propriété.
En 1815 , le loyer des maisons en Angleterre et dans le pays de Galles était annuellement de 14 290 889 livres sterling, en 1841 elle était de 23386401 livres sterling. On a vu plus haut que les maisons n'appartiennent pas toujours au propriétaire du fonds.
AcerolMieiiieiit de valear de la propriété ffonelère.
D'après le tableau dressé en 1841 pour l'assiette de la taxe des pauvres, la propriété foncière en Angleterre et dans le pays de Galles était représentée par un revenu annuel de 62 540030 livres sterling au capital probable de 1563500750 livres sterling. En 1815, elle n'était en revenus que de 51898 423 livres sterling, au capital de 1297 46b 575 livres sterling. Le tableau pour Yincome^tax de 1842, d'où sont cependant exclus les revenus inférieurs à 150 livres sterling, porte l'évaluation beaucoup plus haut.
Terrain