CONCLUSION
chez les peuples civilisés, qui par conséquent lui donne la matière première à bas prix, l'Angleterre devait devenir la première puissance industrielle du monde, comme elle devait à sa position entre l'ancien et le nouveau continent, d'en être la première puissance commerciale.
Frappés de cette fortune, les free traders ont voulu importer chez nous les nouvelles doctrines économiques de l'Angleterre. Ils oubliaient la première cause de sa prospérité, le système protecteur pour ne voir que la seconde, l'abaissement des tarifs ; ils oubliaient bien plus l'avance ioimense prise par l'Angleterre sur les autres nations marchandes de l'univers, l'accumulation de ses capitaux, son expérience commerciale , et les relations nouées par elle depuis tant d'années avec tous les points du globe. La liberté convient à l'homme fait qui est en pleine possession de ses forces; un peu de protection et de tutelle est nécessaire, encore même à la fin du premier âge. L'Angleterre est notre aînée et gagne à un régime qui nous tuerait, mais vers lequel nous devons tendre incessamment.
De la longue et cependant encore bien imparfaite étude que nous venons de faire, il résulte qu'avec ses franchises municipales, avec sa liberté commerciale et industrielle et ses droits politiques, l'Angleterre, malgré son aristocratie, au reste si bien acceptée du peuple, est le pays le plus libre qu'il y ait au monde. Et en voyant ce que cette liberté donne, il ne faut pas dire seulement, avec un contemporain d'Edouard 1", le vieux David Bardour : Ah ! freedom is a noble thing! « ah! la liberté est une noble chose ; » mais avec les Anglais d'aujourd'hui, que c'est encore une chose utile.