‹ Histoire d'AngleterreChapitre 49 sur 70 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

de 72 à une moyenne de 21. Ces tendances continuent toujours dans le sens de la justice et de la liberté; un acte du 20 mai 1851 met les apprentis et les domestiques sous la protection des gardiens et surveillants des pauvres, lesquels pour les protéger sont investis, en certains cas, du droit d'intenter des poursuites. Le 24 juillet de la même année, une loi a été rendue pour améliorer les logements de la classe ouvrière, une autre pour améliorer encore Tadministration de la justice criminelle. C'est ainsi que le respect de la loi entre dans les mœurs quand le peuple voit les institutions présentes suffire à tout, protéger tous les intérêts anciens, satisfaire à tous les intérêts nouveaux.

Mais le changement le plus considérable que TAngleterre ait fait dans ces dernières années, est la révolution opérée dans sa politique commerciale. Depuis bien longtemps le gouvernement n'intervenait pas plus dans les choses de Tindustrie que dans celles des communes. Il a enfin porté aussi dans les questions commerciales sa doctrine du laissez-faire et du laissez-passer.

Le fait économique le plus saillant que révèle Tétude de l'état actuel de l'Angleterre, c'est la disproportion croissante entre les ouvriers agricoles et les ouvriers industriels. La population des campagnes attirée dans les usines a produit davantage, mais il a fallu pour placer ces produits surabondants ouvrir des débouchés nouveaux, développer le commerce. Le commerce avait, depuis l'acte de navigation, grandi par la protection ; quand le système eut donné tous ses résultats, créé une immense marine, accumulé l'expérience et les capitaux aux mains des négociants anglais , on essaya, à partir de 1824, d'un autre régime, celui de la liberté, et jusqu'à présent il a tenu au delà de ses promesses. Aujourd'hui, sauf quelques rares exceptions, il n'y a plus de taxe à l'entrée sur les subsistances, ni sur les matières premières de l'industriel

i . Lord John Rusgel écrivait dernièrement (mai 1852) aux électeurs de la cité de

**« Les résultats financiers de la politique suivie pendant les dix dernières années ueuvent se résumer ainsi : i" Les droits de douanes ont été rappelés ou réduits dans la proportion de 9 millions délivres sterling (225 000 000 de francs); 2» les droits dWise ont été rappelés ou réduits dans la proportion d'une somme d'un

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nada ; ceux-là rappellent la Charte du peuple et son espi niveleur. Et tous s'en vont disant l'Angleterre se meurt l'Angleterre est morte.

Les chiffres que nous avons accumulés , s'ils sont pénibh à lire , ont du moins le mérite d'avoir déjà répondu à sinistres paroles. Non, l'Angleterre ne touche pas à sa fîi Non, une révolution sociale ne frappe pas à ses portes. C'ei le pays où il y a le moins d'oisifs ( moins de 6 sur 100 celui 011 s'accroît le plus le capital national, celui enfin oi le paupérisme diminue, au lieu d'augmenter avec la popu' lation. Depuis le commencement du siècle sa population doublé, ses importations ont triplé, ses exportations sont] huit fois plus fortes et sa production dix fois plus considérable. Est-ce donc ainsi que meurent les peuples?

Certes l'Angleterre n'est ni une terre ni une race privilégiées. De même qu'elle n'est arrivée à la liberté politique qu'en laissant derrière elle la plus large traînée de sang , et au respect de la loi, qu'en passant par une révolution qui a duré quatre siècles et demi , elle n'a atteint sa brillante fortune industrielle qu'au prix de souffrances inouïes dont beaucoup durent encore. Mais est-ce qu'il en va autrement dans ce monde ? Est-ce que toute conquête n'est pas le prix d'une lutte douloureuse? L'important n'est pas que le mal disparaisse, c'est impossible , mais qu'il diminue. Or je l'ai suffisamment montré, si en face de tentations plus grandes, si à mesure que la propriété prend des formes plus variées et j'oserais dire plus saisissables , les vols simples augmentent, les grands crimes, les attaques contre les personnes diminuent. Pour cette classe dégradée que j'ai caractérisée plus haut (p. 545), la dépravation peut-être s'étend, mais la moralité générale est meilleure ; il y a moins de grossièreté dans les actions , il y en a moins dans les paroles ; l'esprit public évidemment s'est élevé.

Pour les individus l'intelligence et la moralité ne se mesurent pas, Dieu merci, sur la fortune ; mais quand on voit la richesse publique croître en d'énormes proportions, dans un grand État, on peut à coup sûr en conclure que ce peuple s^éclaire et s'améliore. Une plus grande masse de produits

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