Carie, Lettres, i
CUAP1TR£ CINQUIÈME. S49
avec les nouveaux commûsaireSi les comtes de Cassilis et de Loihian, accompagnés de deux barons, deux bourgeois et trois ministres. Leurs demandes actuelles différaient à peine des premières, et elles n^étaientpas moins désapréablos au roi. Y consentir, c^était, il lui semblait, renier les i<rin( ijifs pour lesquels son père avait combattu et péri, abandonner les anus écossais de sa famille ala merci de ses ennemis et des b urs. D un autre co(é, le prince d^Orange le pressait d'y acquirscer: beaucouj» de ses conseillers lui insinuaient qu une fois sur le trône, il pourrait amollir ou dompter Tobstination du parlement écossais; et sa mère, dans les lettres ({u'elle lui écrivait, Texhortait à ne point sacrifier k ses sentiments cette dernière ressource, le seul moyen qui lui restât de recouvrer ses trois royaumes. Mais le roi avait encore une autre ressource : il cberchait li gagner du temps ; ses regards étaient fixés sur les efforts de ses amis dans le nord de l'Ecosse, et il continuait h se bercer de Tespoir d'être replacé sans condition sur Taucien trAne de ses aïeux ^
Avant de quitter Saint-Oerniain, le roi avait donné a Montrose une commission pour lever rélendard royal en Kcosse [aora]. La reïiommée de ce soigniMU' lui assurait un gracieux accueil de la part des souverains du nord : il visita successivement chaque cour, et partout il obtint la permission de loyer des hommes, et il reçut des secours, soit en argent, soit en munitions do guerre. £n automne il envoya de Gottembourg la première expédition de douze mille hommes, sous les ordres de lord Kinnoul; mais les vents et les flots combattirent contre les royalistes ; plusieurs voiles furent perdues au milieu des rochers , et quand Kinnoul aborda 11 Kirkwall, dans les Orcades foct.], il ne put rassembler de tout ce nombre que quatre-vingts offiriers et cent soldats. Mais ^lontrose n'était pas bomme h se laisser inlimidiM- par des difficultés ordinaires. Ayant reçu du nouveau roi Tordre de la .larrelière [12 janvier 1650] il suivit avec cinq cents hommes, la plupart étrangers; il les réunit aux débris de la première expédition et aux nouvelles levées, et il se trouva à la tête de plus de mille hommes. Sa bannière, sur laquelle était représenté le feu roi décapité, avec cette devise : « Jugez et vengez ma cause, ô Seigneur,» fut confiée au jeune Menzies de Pitfoddels, et on fit circuler dans les Hautes-Terres une déclaration qui sommait tous les loyaux Ecossais de Taider à mettre leur roi sur le trAne,' et à