‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 101 sur 276 · Carte, Lettres^ i, 336, 3jô. Whitel. 430. Clar. m, UJU · texte numérisé non relu

Carte, Lettres^ i, 336, 3jô. Whitel. 430. Clar. m, UJU

950 HISTOIRE D*ANGUTBRRE.

le sauver de la trahison de ceux qui, s'ils le tenaient en leur pouvoir, le vendraient comme ils avaient vendu son père aux. rebelles anglais. Ayant fait passer toutes ses troupes [mars] de llolm-Sound h rextrémité septentrionale du Caithness, il traversa ce comté et celui de Sutherland , appelant les indigènes sous r(HeDdard de leur souyerain. Mais son nom avait perdu Tinfluence magique dont le guccès Tamt jadis entouré, et les divers clans évitèrent son approche par crainte, ou surveillèrent sa marche en ennemis. Dans rintervalle, sa déclaration avait été solennellement brûlée par le bourreau [9 février], les chaires avaient lance Fana thème contre le « rebelle et apostat Montrose, la venimeuse engeance de Satan, et le maudit de Dieu et de FEglise ; » et quatre mille hommes de troupes régulières avaient été rassemblés a Breciiin-Moor sous le conunandement du général Leslie, qui eut soin de priver les royalistes de toute source de renseignements. Montrose avait atteint les frontières de Rossshire , lorsque le colonel Strachan , qui avait été envoyé pour surveiller ses mouvements, apprit dans Corbiesdale [25 avril] que rennemi, sans se douter du danger, n*était.qu'à une distance de deux milles. Réunissant ses hommes | sous Fabri des hautes bruyères de la lande, il pria [27], chanta un psaume et déclara gu^n avait consulté le Tout-Puissant, et savait, aussi positivement qu'il y avait un Dieu au ciel, que les ennemis du Christ étaient livrés entre leurs mains. Alors divisant en plusieurs corps sa petite troupe d'environ quatre cents hommes, il montra d'abord une seule compagnio de cavalerie, *que les royalistes se préparèrent a recevoir avec la leur ; mais après un court intervalle il en parut une seconde, puis une troisième, puis une quatrième ; et Montrose, croyant que Tarmée entière de Leslie s'avan* {ait, ordonna à Tinfanterie de se réfugier entre les broussailles et des arbres rabougris sur une éminence voisine. Mais avant que ce mouvement ne pût s^^exécuter, la cavalerie fut enfoncée, et toutes ses forces restèrent à la merd de Tennemi. Le porteétendard iiit tué ainsi que plusieurs officiers et la plupart des indigènes; les mercenaires firent un semblant de résistance et obtinrent quartier, et Montrose, qui avait son cheval tué sous lui, acconipa^îné de Kinnoul, erra h pied , sans guide, dans la vallée delaKyle et dans les montagnes de Sutherland. Kinnoul, ne pouvant supporter la faim et la fatigue, fut abandonné et périt. Montrose , le troisième jour [30 avril] , obtint des aliments dans la cabane d'un berger, et, ayant été ensuite 4écottvert, il réclama

la protprtion do Macîc mm] tT \ssynl, qui nv,ii( jadis servi sous lui dans Tarmée royale. Mais la fidélité du laird ne fut pas à Tépreuve de la tentation : il Tendit le lieutenant du roi pour deux mille quatre cents boisseaux de fiirine, et Argyle et ses compagnons, presque fous de joie , firent on acte [17 mai] pour régler le traitenient ignominieux auquel leur captif serait soumis, la forme du jugement h prononcer, et le genre de son exécution. Quand Montrosc aiu ignit la capitale [18], il trouva les magistrats en robes, (lui atl«Mulaient sa venue. D'abord les officiers royaux, au nombre de vingt- trois, furent ranges sur deux files, et on le? fit aTaucer, les fers aux mains et la tt^tc nue. Puis venait le bourreau, son bonnet sur sa tôte, revêtu delà livrée de son office, et monté sur son cheval, qui traînait une Toiture de forme nooTellei inTentée pour ladrconstance, et enfin sur cette Toiture on Toyait Montrose lui-même^ assis sur un banc éloTé, les bras liés et la tête découTorte. Le cortège traTorsa lentement la cité, depuis Watergate jusqu'à la prison commune, tandis que les rues retentissaient de cris de triomphe et de toutes les expressions de haine que le fanatisme religieux ou politique pouvait inspirer ».

Montrose ne pouvait attendre aucune merci de ses ennemis; mais sa mort fut liAtée, afin que le roi n'ont pas le temps d'intercéder en sa faveur. Le lendemain, (pii était un dimanclie, fut, à la vérité, consacré à la prière ; mais le jour suivant Tœuvre de vengeance fut reprise, et le captif fut appelé devant le parlement [20] . Ses traits, pAles et hagards, montraient la fatigue et les priTations quUl aTaît endurées. Mais ses Têtements étaient magnifiques, sa mine intrépide, son langage calme, ferme et digne. U répondit au chancelier, qiii, d*un ton d'amertume et de réprobation, énumérait les charges portées contre lui , que puisque le roi avait consenti & traiter avec eux comme états, il ne convenait point à un sujet de contester leur autorité; mais que Tapostasie et la rébellion qu'ils lui reprocbaient étaient, dans son opinion, l'areomplissement d'un devoir. Tout ce qu'il avait fait sous le dernier règne et sous celui-ci, l'avait été avec la sanction du souverain. S'il avait jadis pris les armes, c'avait été pour distraire ses compatriotes delà guerre impie qu'ils faisaient à l'autorité royale en Angleterre, et maintenant son objet avait été

1. Carie, LpfirfS, t. 945. Balfour, m, 432, m; iv, H-V.l Whitol. 1:î5, 4.-2, 4^% 454, 45Ô. Chu . ui, '.Mb-i^ij^. Laing, m, 443. Les clans voisins ravagèrent leg erres d' Ass\ nt pour venger la moft de MoAtrofe^ et le parlement aceorda cm

eionr à Ma'clcod 20 ,(uiO livres ecospaises sur les amendes à lever mr les roy»-

isus de Cuilliuiss eld'Orkney. Balf. iv, 52, 5G.

95t HlSTOl&E D'ANGLETERRE.

d^aecélérer la négociation pendante entre eux et leur nouTeaa

roi. Comme chrétien il avait toujours soutenu la cause que sa conscience approuvait , comme sujet il avait toujours combattu pour défendre son prince, et comme voisin il avait souvent sauvé la vie il c<mix (jue le sort tli s combats lui avait livrés. Le chancelier, pour l éponse, le déclara meurlrier de ses concitoyens, ennemi du covenant et de la paix du royaume , et agitateur dont Tambition avait contribué à la perte du père et travaillait maintenant à celle du ûls. Le jugement qui avait été rendu en parlement quelques jours auparavant, fut alors prononcé. U portait que James Graham serait pendu pendant trois heures à un gibet de trente pieds de haut, qu'on exposerait sa tête sur une pique à Edimbourg, ses bras sur les portes de Perth ou de Stirling, ses jambes sur celles de Glasgow et d'Aberdeen, et que son corps serait enterré par le bourreau s'il n'était préalablement relevé de son exeuimnuuicalion par l'Eglise. Durant celte scène d'épreuve, ses ennemis épiaient avidement son mauitien. Deux fois, s'il en faut croire les rapports, on l'entendit soupirer, et ses yeux errèrent machinalement le long de la corniche de la salle. Mais il resta devant eux froid et recueilli : aucun symptôme de trouble ne se manifesta sur son visage, aucune plainte, aucun signe dUmpatience ne s'échappèrent de ses lèvres, il se montra supérieur è Tinsulte et impassible devant les menaces de mort.

La même hauteur de sentiments soutint Tinfortunée victime jusqu'au dernier soupir [21 mai]. Quand les ministres Tavertirent que son ch&lîment dans ce monde n'était que Tombre de celui qui l altendait dans l autre, il répondit avec indignation qu'il se glorifiait de son sort, et qu'il regrettait seulement do n'avoir pas assez de membres pour fournir h toutes les villes de la chrétienté des preuves de sa loyauté. Sur Féchafaud il soutint que sa conduite était irréprochable, il lit l'éloge du nouveau roi, et appela des censures de l'Eglise à la justice du ciel. Comme dernier opprobre , l'exécuteur lui suspendit au cou sa récente déclaration, avec Phistoire de ses anciens exploits. 11 sourit de la malice de ses ennemis et dit quUls lui donnaient une décoration plus brillante que la Jarretière dont son souverain Tavait honoré. Montrose, par sa mort, gagna plus de prosél^s à la cause royale qu'il n'en avait jamais fait par ses victoires. Il était dans sa trente-huitième années

mi. Balfour« tv, 13, 15, 10, W», Wlihart, 8S9. Glar. nf/d58-856. WhSld. 456. Le colonel Hurry , qne le leeteor a m terrir nieoettlTement le roi et le parle»

Longtemps auparavant les commissaires des deux parik s'étaient abouché» à Breda, et le jour même de Touverluro det conférences [15 mars], Charles avait eipédié à Montrose Tordre d'agir conformément è ses instmctions, et de ne pas perdre de Yue que le succès de la négociation de Breda dépendait du succès de ses armes en Ecosse K Un mois plus tard [15 avril] il louait en termes énergiques la loyauté de lord Napier, et le pressait d'aller sans délai au secours de son lieutenant^. 11 est impossible, après cela, de douter de l'approbation qu'il donnait a l'ciitroprise. Mais quand arrivèrent les nouvelles du combat do Torbiosïlale, ses yeux s'ouvrirent au danger qui le nienarail : les états, dans rinsolence de la victoire, pouvaient voter un acte pour Texclure sur-le-champ de la succession au Irone d'Ecosse. Agissant donc d'après Tindigne exemple donné par son père au sujet des pouvoirs remis à Glamorgan , il écrivît au parlement [12 mai] pour protester que l'invasion i^te par Montrose avait été express^ent défendue par lui^ et pour les prier de « lui &ire la justice de croire qu'il n'y avait pas participé le moins du monde, » k 'appui de quoi le secrétaire assurait en même temps k Argyle que le roi n'avait aucun regret de la défaite d'un homme qui avait osé tirer l'épée «sans et malgré le commandement royaP. » Ces lettres arrivèrent trop tard |25] pour miire h riufortimée victime dont les os blanchissaient déjà sur les portes des prineipales V ilb 'S d'Ecosse ; mais ce mensonge avancé avec tant d'assurance, doit couvrir d'infamie le prince qui put ainsi, pour se préserver du ressentiment de ses ennemis, calomnier le plus dévoué de ses serviteurs, un homme qui avait si souvent risqué et qui avait fini par perdre sa tête pour la défense du trône.

Charles n'avait plus maint^iant d'autre ressource que de se

ment dans la guerre civile ; Spottlsvood, {letit-iils.de farebeTéqae de ce nom,

gir W. Hay, qui avait été proscrit comme c ttholiquc en 1C)47; Sibbald, envoyé confultMitiel de Montrose, et plusieurs autn s, furent «Icrapités. Quant aux simples soldats, les uns lurent druines a dillerents lords pour eu faire des pèciieurs ou des mineurs, et le reste fut eurdlé dans des régiments aa serrice de j^aaioe, Balfoar, nr, 18, 37, 8S, 38, 44.

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