‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 11 sur 276 · CHAPITRE rKEMIKR. f · texte numérisé non relu

CHAPITRE rKEMIKR. f

Flandre, et une flolle avait été réunie sur la cote de Bretagne. Mais iMon treuil, l'envoyé français, eut peu de difticulté h convaiu* cte les chefs populaires, par rentremise du comte de Ilolland, que rarmée était destinée à la guerre des Pays-Bas, ei la flotte à la pioteetion du Portugal; et <jpie Richétien n^atait nuttement la pensée de prêter assistance èi un prince qu'il considérait comme un «inemi personnel. GependMit Fexaspération de la populace en Tint à un tel point, que TenTOyé reçut à plusieurs reprises Tavis de sauver sa vie en se cachant, et que la reine alarmée commanda [6 mai] ses voilures a \\ hitehall, afin de chercher un asilo h Portsmouih. Si elle avait quitté la cour, sa vie était en danger; mais sa fuite fut empêchée par une remontrance des lords au roi, et, deux heures après, on sut que le colonel Goring avait révélé au parti populaire les secrets qui lui avaient été confiés t.

Pendant ce temps-là , les ennemis de Straiford marchaient d'un pas ferme à Taccomplissement de leur objet. Ses amis dé- • darés étaient éloignés de la chambre des lords par les menaces de la populace ; les pairs catholiques étaient exc lus par leur refus de signer la protestation ; et, quoique quatre-vingts pairs eussent assisté au procès dans la salle de Westminster, il ne s'en était pas assemblé la moitié pour discuter le bill d'attainder. La majorité vota que deux des charges avaient été prouvées, la quinzième et la dix-neuvième, qui établissaient que StrafTord avait logé des ' soldats chez de paisibles habitants sans cause légitime, et avait imposé, de son autorité privéOi un serment illégal à tous les Ecossais résidant en Irlande. Les juges alors furent appelés , et, Il une question de la chambre, ils répondirent qu^en prenant le cas comme il leur, avait été posé, Strafford méritait de subir les peines et confiscations de la trahison [7 mai]. Le lendemain matin, le bill fut lu une quatrième fois et passa sans amendement ; et une dépuîation fut chargée de solliciter au nom des deux chambres Tassentiment royal et la prompte exécution du coupable^. Toute cette journée, la cour fut en proie à une terreur et une

1. Jour», sas. ICanire, m, 4S1-4S8. Botetti, 94 naggio. N. 8.

2. Journ. 239-241. Le pasMif^e origiiial & été rayé des Journaux des Lords; mais Whitelnck, qui ne pouvait on ipnoror puisqu'il était un des commissaires, nous informe que les articles reconnus prouves étaient les 15' et 19' (Whit. 45). BadclHfe dit que le 15% le 33*, relatif à Tayis d'employer Varroée irlandaise en Angleterre, ot peut-être un de plus, furent votés être prouvés; mais, comme sa némoire pourrait le trahir, il renvoie aux Journaux. 11 ajoute que les nomhren, lors de la division, étaient vingt-deux contre seiie {Straff. Fap. ii, 432). Mais, qnels que foswnt les articles, le bill passa dans la même forme qii*on rarait reça des communes. Vo7eBF>le dans Bushwortb, yui, 7ô6.

tl UISTOIRE B'ANGLET£aR£.

pcrpleiifté «iMmes* A toute heure on apportait dei nouTellee de Cirritation du peuple, des rasiemUements attroupés dans la cour

du palais, de leurs cris tumultueux et de leurs menaces de vengeance; et on était généralement dans la persuasion que le refus du roi serait suivi d'une irruption de la populace dans Wliitehall, de son arrestation et de celle do la reine, et du massacre de leurs serviteurs. Un peu après quatre heures, la députatiou arriva ail palais, et fut admise; la foule qui raccompagnait, au noMlm dè 'deut mille hommes, la plupart armés, resta à la porte. On ne sait eè qui se passa au dedans; mais, au bout de quelque temps, un ministre, — ptobablraient ce même doeteur Burgess, — pamtti une ftmôtr», et annonça que le roi avait promis d'aller le lundi matin h la chambre des lords, et de donner son assentiment. Le peuple aussi0t se dispersa avec des cris de triomphe*.

Straflbrd avait déjà écrit à Chnrlcs une lettre très-éloquente et très>touchante [4 mai]. Il afûrmait d(^ nouveau son innocence de Taccusation oapitato, et en appelait h la connaissance du roi pomr la preuve de son assertion ; il n'en était pas moins prêt, empressé même, k sacrifier sa vie pour prit d'une réconeiliation entre le souverain et le peuple. H mettait donc la conscience du irol en liberté, en le sollicitant de donner son assentiment au bill " d'attainder. «Mon consentement, sire, » poursuivait-il, « vousac- )) quittera plus a cet ép^ard devant Dieu que ne pourrait le faire le » monde entier. Envers un homme consentant il nV a pas d'injus- » tice commise; etcomme par la grâce de Dieu je pardonne a tout » le monde, de môme, sire, pour vous je puis donner la vie de ce » inonde avec toute la joie imaginable, en Juste retour de vos » excessives bveurs; et Je demande seulement ^e, dans votre » bonté, vous daigniez Jeter votre gracieux regard sur mon pau* n vre fils et sur ses trois soeurs, plus ou moins, et non autrement » que leur infortuné père pourra paraître dans la suite plus ou » moins digne de cette mort. » On peut néanmoins mettre en doute la réalité de ces sentiments magnanimes qu'il exprimait avec tant de force. Il savait que trois mois auparavant une ofTre semblable avait sauvé la vie de Goodman; et ensuite , lorsqu'il apprit que le roi Tavait acoeptéoi il s'élança avec surprise de sachaise^ en décriant : « Ne mettescpas votre confiance dans les princes

1. Journ, 348. RoseUi, maggio. Il aUa par la prairie à WliitebaU, et «rom 1» relu» «niMMlMt, n^wWiBtiiAiri in pkolo.

CHAPITRE PREMIER. H » ni dans les fils des hommes, car il n'est point en eux de salut*. »

Le roi passa le dimanche dans la plut poignanto douldur. Que devait-il faire? JJanquer de parole aux deux chambreii ou se rendre complice dji meurtre d'un-aenriteur ûdèle7Daiis ce . lemme, il flt Tenir les juges, et s'enquii des bases de leur réponse aux lords ; il fit venir les évAques^ et leur exposa ses se rupales de oonseience. L^und'eux, Juxon de Londres, lui ronsoilla honnêtement de ne pas répandre le sang d un humina qu il croyait innocent; W lilianis, el trois autres ave hii^ n-iiliquèrent que, qu(dle que fut son opinion individuelle coniniâ liharlfli Stuart, il était tenu, en sa qualité politique de roi, à eonoourir avec les deux chambres du parlement. En même tempSi on lui rappela les dangers qui le menaçaient| ainsi que sa famille; que Te^t public de la capitale était tenu dans un état d'agitalioii alarmante; que des bruits de complots des plus invraisemblables drculaknt et étaient crus, et qu'un reftis de sa pan provoquerait tnlainiblement des désordres dont les suites ne pouvaient s'envisager sans horreur. Dans la suirée, fort tard, il céda, et signa avec dos larmes une commijiisiûa pour donnai' son aasentîment au bill«.

Comme dernier efibrt pour sauver la vie d'un serviteur dont il faisait tant de cas, Chasles descendit de son trône, etae pfésentâ en supi^iani devant ses sujets [11 mai]* Il envoya, parles m^iiia du jeune prince de Galles^ une lettre aux lords dans laquelle il demandait aux deux chambres de Touloir bien, pour Tamour de lui, commuer la peine de mort en emprisonnement perpétuel. Mais ces vautours altérés du sang de Strafford furent inexorables; ils refusèrent même la demande que lit le roi d'un sursis jusqu'au samedi, afin que le comte eût lo temps de régler ses affaires tempuruUe$^, Le lendemain matin [124naij| TialbrUiné

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