‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 133 sur 276 · lifiBlii, SEW. Lndlow, ii, 3. Nentme, m, 6S · texte numérisé non relu

lifiBlii, SEW. Lndlow, ii, 3. Nentme, m, 6S

m HISTOIRE D'ANGLETERRE.'

Le leiideiuaiii matin, rennemî se montra en face deW eymouth, rangé en forme d'un croissant qui couvrait les vaisseaux marchands. Nombre de tentatives furent faites pour rompre la ligue; et le danger parut si imminent à Tamiral hollandais, qu^il donna le signal au convoi de pourvoir lui-même à sa sûreté. Le combat dura par intervalles toute la nuit : il se renouvela avec plus de vigueur près de Boulogne, dans la matinée, jusqu^au moment où Van Tromp, profitant du peu de profondeur delà côte, continua sa route Ters la Hollande sans être inquiété par la poursuite de Tennemi. La victoire était décidément aux Anglais : la perte en hommes pouvait être égale de part et d autro; mais les Hollandais eux-mêmes reconnurent que neuf do louis vaisseaux de guerre et vingt-quatre do leurs bàtimculs marchauds avaient été coulés bas ou cai)turés

Ce fut la dernière victoire navale remportée sous les auspices du parlement, qui, bien qu'il tînt les rênes du gouvernement avec une énergie qui surprenait les diverses nations de l'Europe, dut fléchir devant le génie supérieur ou Tascendant de Cromwell. On ne sait au juste quand cet aventurier conçut le premier dessein de s'emparer dePautorité suprême : ce ne fut qu'après la bataille de Worcester, qu^il commença graduellement et avec précaution h dévoiler son but. Il se voyait couronné des lauriers de la victoire : il avait le coui mandement on cliof d'une armée nombreuse et dévouée ; et il habitait avec sa fnuiillo dans un palais, jadis la résidence des monarques d'Anglclorre. Ses adversaires avaient depuis longtemps déclaré qu'il ne lui manquait que le nom de roi, et ses amis avaient coutume de lui parler sur un ton aussi adulateur qu'on en chatouilla jamais les oreilles du souverain le plus absolu ^. A tout instant son importance lui était forcément rappelée par les louanges de ses créatures, par les envoyés étrangers qui lui foisaient la cour, et par les royalistes qui sollicitaient sa pfotection. Dans de telles circonstances, il n'est pas surprenant

1. Hcaih, 335. Whit. Journ. de Leicester, 138. Leclerc,i, 328. Basnage,!, 2d8-30l. Les amiraux anglais estimèrent la perte des Hollandais à onze vwde guerre et tre&te bâtiments marehniai.

3. Les officiers généraux terminent ainsi les dépêches qu'ils loi ad^^ssent :

« Nous nous mettons humhlcmcDt avec ces pensées, dans coite conjoncture, » aux pieds de votre exceUeuce.» Pap. d'Etat de Milton, 71. Les ministres de Newcastle font «lenrs humbles adresses à sa sainte sagesse , » et présentent «leurs humbles re.iuètes à V\ru et ;i son excelknco 'Ibid. 82) : et les pétitionnaires de dilVerenta endroits le sollicitent d'être leur médiateur auprès du parlement, < parce que IKeit n'a pas mis en vdû Véùéù dans sa nain. » WhitelodK, 617. ^

qa^im général victorieux s^abandonnfti aux entraînements de Tan»bition; qa*an farouche républicain, arec quelque horreur qu*il pût Tmr la couronne sur le front d'un autre, n^éprouyât aucune répugnance à la placer sur le sien.

Les grands de rarméc sentaient qu'ils ne possédaient plus la principale autorit('' dans le f^ouvernenient. l.a guerre les avait rappelés k leurs conimandenienls en Ecosse et en Irlande; et durant leur absence, la conduite des affaires était échue à ceux qui, par antiphrase, furent nommés les hommes d'état. Ainsi, par le cours des événements, les serviteurs étaient devenus les maîtres, et le pouvoir du sénat Tavait emporté sur le pouvoir de Fépée. Cependant les officiers, dans leurs quartiers éloignés, observaient avec jalousie, et critiquaient sévèrement la conduite des hommes de Westminster. On ne pouvait les accuser de manquer de vigueur dans la direction des ressources militaires et navales du pays ; maison se plaignait de cequHIs hégligeaientréconomie intérieure du gouvernement, de ce qu'aucun des objets demandes dans « Taccord du peuple » n'avait été acconii»li ; et d«^ ce que, tandis (iue d'autres sacrifiaient leur santé et leur vie au service de la républicjue, iuu< les émolunKnits et tout le palionaj/o étaient le monopole des frelons oisifs qui restaient dans la capitale ».

Au retour du lord-général, le conseil des officiers avait été réinstallé àWhitehall ; etCromwell se servit adroitement de leur mécontentement pour favoriser son élévation. LorsquUI reprit son siège à la chambre [16 sept. 1651], il rappela aux membres leur indifférence pouf deux mesures ardemment désirées par le pays, l'acte d'amnistie et la dissolution du présent parlement. On avait présenté des bills pour ces deux proj( ts dès 16/i9; mais au bout de quelque temps, on les avait laissés dormir Tun et l'autre dans les divers comités ; et cette négligence « des hommes d'état » était attribuée à leur désir de s'enrichir par des confiscations, et de peri>étuer leur pouvoir en perpétuant le parlement. L'inlluence de Oomwell ressuscita ces deux questions. On obtint un acte d'oubli ['lU février 1652], qui, à quelques exceptions près, pardonnait toutes les offenses commises avant la bataille de Woroester, et délivrait les royalistes de la crainte de nouvelles confiscations. Quant à la question de Texpiration du parlement, après plusieurs chaudes discussions, Tépoque en avait été fixée

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