Whitcl. 3L
m HISTOIRE D'ANGLETERRE.
[18 nov. au 3 noveni])re 1654, h trois années de distance, ce qui peut-èlre ne déplairait pas a ('.ronnvL'U, en ce que cela montrait combien ses adversaires étaient peu disposés à se démettre de leur pouvoir. Llutervalle dydvail être employé à déterminer les attributions du parlement suiyaDt ^.
Daos riÛTer, le lord-général conToqua une assemblée d'officiers et de membres dans la maison du président; et ils durent être surpriSi brsqu'il leur proposa de délibérer s^il valait mieoz établir une république, ou une forme mixte de ^ouyernement monarcbique. Les officiers, en général, se prononcèrent en faveur d^une république, comme la meilleure garantie pour les libertés; les juiisconsiilles plaidèrent unaniuicnieiit pour une monarchie tempérée, comme mieux ailaptée aux lois, aux habitudes et aux sentiments des Anj^lais. Crumwell se joignit aux derniers, et demanda qui, en ce cas, ils choisiraient pour roi. On répondit, OU Charles Stuart, ou le duc d'York, pourvu qu'ils acquiesçassent aux demandes du parlement ; sinon, le jeune duc de Gloucester, qui ne pouvait être imbu des idées despotiques de ses frères aînés. Ce n'était pas la réponse que Gromwell voulait : il Tenteadit avec déplaisir ; et chaque fois qu'on reprenait ce sujet, il détournait la conversation. Ësfin, Topinion qu^il émit fut que <c quelque chose du gouvernement monarchique serait très-efficace, si on pouvait rétablir avec sûreté pour les libertés du peuple, comme anglais et comme chrétien ^. » Que le résultat de cette assemblée etit trompé son attente, cela est évident ; mais il en tira cet avantage, qu'il s'était assuré des sentiments de beaucoup de gens dont il pouvait plus tard requérir Tassistauce. Aucun des cheiis du parti opposé ne paraît avoir été présent.
Inquiets toutefois de ses desseins, a les hommes d'état d avaient commencé h Tattaquer avec ses propres armes.'Comme la république n'avait plus d'ennemi è combattre sur terre^ ils proposèrent [2 oct.] une réduction considérable dans le nonibre des troupes, et uncr réduction proportionnée dans les taxes levées pour leur entretien [7]. La motion était trop raisonnable en dlemême et trop populaire dans le pays pour qu'il fût prudent de s'y opposer : un quart de l'armée fut licencié [19 déc], etPimpôt mensuel abaissé de 120,000 livres à i)0,000. Avant qu'il se fut écoulé six mois, on agita la (question d'une réduction nouvelle
1. Journ. 4, 14, 15, 1», ii7 uov. ; U fév. 1668. 8. Wliitcl..0l6.
[5 Juio id6â] ; mais le conseil do la guerre prit Talarmo, et une lettre de Cromwell au président [15] décida la cbambre à sVn tenir à son premier tote. Pea après il en fat encore hit mention [IS ao(H]; mais le lendemain six officiers se présentèrent è la liarre de la chambre aree nne pétition de Tarmce, qui, sous prétexte de solliciter dos améliorations , accusait tacitomont les membres de négliger leur devoir. Elle appelait leur alteution sur la propagation de TEvangile, la réforme des lois, la deslilution des personnes scandaleuses et mal pensantes, les abus d»' l aceiso et du trésor, Tarriéré dû h Tarmée, la violation des articles accordés h Tennemi, et les attributions des parlements futurs et successifs. Whitelock Ût des remontrances h Cromwell sur le danger de permettre h des corps armés de s'assembler et de pétitionner. U dédaigna TaTis K
Peu de temps après, le lord-^énéral demanda une entrevue pttticolike et confidentielle à ce jurisconsulte [8 nov.]. Le méoonteiitement de Tarmée, fii*il obsenrer, était si yiolent, la conduite du parlement si impérieuse, qu^fl serait impossible de prévenir une collision d'intérêts, et par suite la ruine de la bonne cause, h moins qu'on n'établît « quelque autorité assez pleine et assez élevée » pour Otre en état d'arrêter ces prétentions exorbi- • tantes, et de eonlenir a la fois Tarmec et le parlement. W liitelock répliqua que, cpiant à Tarmee, son excellence Tavait teiuio • jusqu'ici et continuerait de la tenir dans la subordination convenable ; mais qu'à Tégard du parlement, il fallait compter sur le bon sens et la Tertu de la majorité. Contrôler le pouvoir suprême était légalement impossible. Tout le monde, même Cromweli, tirait de là soti aiitorité. A ces mots, le lord-général s'écria brusquement : a Et si un homme prenait sur lui d'être roi? )» Le commissaire répondit que ce titre ne conférerait aucun avantage de pbis è son esoeBeBoe. Par le commandement de Tarmée, par son ascendant Via diambre et sa réputation au dedans et au dehors, il jouissait déjà de tout le pouvoir d'un roi, moins Tenvie qu'excitait ce nom. ^uand Cromwell insista, disant que ce nom dcmnerait de la sécurid' h ses partisans et commanderait le res{)ect du peuple, W'bitelock répliqua qu'il cbangerait Tetatdu ditlerend entre les partis, et convertirait une querelle nationale en une querelle de personne. Ses amis avaient combattu volontiers aToelui pour établir un gouTernement républicain à la plaee d'un gou-
1. Whitel. r>ll. /o«m.l9 déc. Ifiôl ; 15 juin 1(^2; V2, y^ août.
voriïcmcnt inoïKirehiquc; cnnil)aUraioiit-ils éj^oloDioiil avor lui en faveur de la niaisuii de CroniwcU contre la maison de Stuart *? Knlin, (joinwell h- ( unjura de lui donner son avis sans dégiiiseini'nt ni adoucisseiiieni, et reçut celle réponse : Faites uu traité particulier avec le Û\& du feu roi, et mettez-le sur le trône, mais à des conditions qui assureront à la nation ses droits et a vous la première place au-dessous du trône. Le général fit froidement . robservation qu^un sujet de tant dlmportance et de difficulté méritait un mûr eiamen. Ils se séparèrent , et Whitelodc reconnut bientôt qu'il avait perdu sa confiance^.
A la fin, Gromwell se décida , pour accomplir son dessein, à obtenir la dissolution du parlement et a investir temporairement de Vauloi il<' souveraine un conseil de quarante personnes, présidé par lui. Son désir était d'eliecluer paisiblement celle mesure par les votes du parlement ; — sa résolution, de Teffectuer par la violence, si ces votes lui étaient refusés. Les officiers et les membres tinrent plusieurs réunions dans les appartements du lordgénéral, à Whiteliall. SaintnJobn et quelques autres donnèrent leur assentiment; le reste, sous la conduite de Whitelock et de WiddringtoUf déclara que la dissolution serait dangereuse et rétablissement du conseil proposé injustifiable. Sur ces entrefoites, la chambre reprit l'examen du nouveau corps représentatif, et vota • plusieurs attributions, qui toutes soulevèrent des objections de la part des officiers, mais principalement « l'admission des neutres, » projet tendant a forlilier le ^^ouvfTnement par Tintroduction des intérêts presbytériens ^ u Jamaiik, dit Cromwell, aucun de ceux
1. Henry, duc de Gloucester, et la princesse F.lisnheUi étaient eu Angleterre Ion de la mort du feu roi. En 1650,1e conseil i roposa d*enroy6r Ton à son frère en Ecosse, et l'antre à sa sœur en Hollande, leur allouant à chacun 1,000 1. par an, tant qtic leur.con !uite serait inofîensive {Journ. i?l juilkl 1<;30: 11 septembre). Mais Elisabeth mourut le 8 septembre de la même année , et llenry restasons la surreillanoe de Mildmay, gouTemonr da château de Carisbrook, jusqu'après la conféronro où Oomwell , comme s'il regardait ce jeune prince comme un rival, conseilla à son gouverneur, Lovel, de demander la permission de le conduire à sa tOBor la prineeve d*Orange. Cette pennission fok aeeordée, av(>c la somme de ôOO liv. pour les dépenses da YOyage. Joum. deLeloeiter, 103. Heath, 331. Clar. m, .V25, rm.
"2. Whitel. 548-551. Les détails de celte conversation furent-ils conties au papier immédiatement ou après la restauration? La foi qui leur est due dépend de cette drconstance.
3. II parait d'après Ludlow fii, 43o)> que itar ce bill, le nombre des memVnes de hoiirc's était réduit, celui dt^s représentants de comtés ncrni. Pour être électeur, il lulluit posséder pour i«on pro[ire usage un bien immobilier ou mobilier de la valeirr de ::00 liv. Jouni. 30 mars 1653. 11 est singulier toutefois que quoique la chambre eût continué de siéper jusqu'au 19 avril, - la seule iiKcriptiou sur les journaux au sujet de ce bill est à la date du 13, — faisant uu
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de celle opinion qui ont déserté la bonne cause ne sera admis au pouvoir. » Dans la dernière réunion, tenue le 19 ayrll [1653], tous ces points furent longuement et chaudement débattus. Quelques-uns des ofliciers déclarèrent que le parlement devait être dissous (( de façon ou d'autre; » mais le g<'neral réprima leur imprudence et leur précipitation; et rassemblée se sépara à minuit, après ôire convenue que les chefs de chaque pai li reprendraient ce sujet dans la matinée
20.] La conférence recommença de bonne heure, et fut interrompue au bout de peu de temps, au reçu de Tavis donné au général que la chambre était dans Fintention de se rendre aux dénrs de Tarmée. Cétait une méprise : le parti opposé, dirigé par Vane, qui aTait déocmTert le but de Cromw^, avait résolu^ il est ?rai, d'adopter un biU de dissolution, non pas, toutefois, le bill proposé par les officiers, mais leur propre biU contenant toutes ks clauses réprou?ées; et de Tadopter le matin môme, afin qu'il pût avoir force de loi avant que leurs adversaires n'eussent le temps d^en appeler au pouvoir de Fépée Tandis que Harrison «très-doucement et humblement » les conjurait de réfléclilr avant de faire un pas si important, Ingoldsby se hâtait de prévenir le lord-général à Whiiehall. Sa résolution fut aussitôt prise, et une compagnie de mousquetaires reçut Tordre de raccompagner à la cbambre.
Dans cette grave drconstauce, qui devait avcmr les suites les ]dus importantes pour lui-même et pour son pays, Cromw^ quête que lassent les mouvenftnts de son âme, eut Fart de les cadier aux yeux des spectateurs. Laissant les soldats dans le vestibole, il entra h la chambre, et s^assit tranquillement sur Tun des bancs extérieurs. Son costume était un simple habit de drap noir et des bas de laine gris. Il parut pendant quelque temps écouter la discussion avec intérêt ; mais lorsque le président allait mettre la question aux voix, il dit àTureillede Harrison ; u Voici le moment : il faut quc^ je le fasse ; » et se levant, il ota son chapeau pour parler à la chambre. D'abord sou langage fut couve-
condition pour les candidats d'entre < dos personnes d'une intégrité connue, craignant Dieu, et point scandaleuses dans leur conversation.» Journ. Ibid.
1. Comoarez la relation faite par Whitelock de cette réunion (p. 554) avec ceUe de CromwèU âaot Iw Pap. d*Etat de Milton, 109.
9, Cet partienlarités sont le réBoltat loyal des asteniOM de WUtélock , 554,
comparées à la déclaration des officiers et au discours de Cromwell t son parlement. Leur intention de se dissoudre est aussi aflirmce par Hazlerig. Joiurual de Burton, m, 98.
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aM HISTOUB D*AI6USTBRRK.
iiable ot inôino louan^îcur. Par (Iojîîts il de-viiil plus rliaud ci plus animé ; onlin il prit toute la véheaiLUce de la colère, ei se livra k d'offensantes i>ersonnalilés. H accusa les membres d'égoïsme et d'impiété ; de fréquents dénis de justice et de nombreux actes d'oppression; d'idolâirer les hommes de lois, avocats oonstants de la tyrannie ; de négliger ceux qui avaient versé leur sang pour eux sur le champ de bataille, afin de se couoilier las presbylérieiis qui avaient renié la cause ; et de faire tout ceci afin de perpétuer leur pouvoir et de remplir leurs bourses. Mais leur temps était Tenu : le Seigneur les avait désavoués; il avait choisi de plus dignes instruments pour accomplir son œuvre. Ici Torateur fut interrompu par sir Peter W en tworth, qui déclara ii avoir jamais entendu un langage si peu parlementaire, langage d'autant plus offensant, qu il leur était tenu par leur propre serviteur, qu'ils avaient trop tendrement aiiue, et que par une généro^ilé sans exemple ils avaient fait ce qu'il était. A ces mois, Cromwell remit son chapeau, et s'élançant de sa place, il s'écria : « Allons, allons^ monsieur, je vids mettre ân k votre babil. » Pendant quelques secondes, en apparence dans la plus violente agitation, Û alla et vint dans la salle ; puis frappant du pied, il i^uta : « Vous n^ôtet pas un parlement, vous n'êtes pas un parlement, vous di»je. Faites*les entrer, ftdtos^les entrer. Aussitôt la porte s'ouvrit, el le colonel Worseley entra, suivi de plus de vingt mousquetaires. « Ce n'est pas honnête, cria sir Henry Vane; c'est contre k morale ot contre toute honnêteté. — Sir Henry Vane, repartit Cromwell, A sir Henry Vane ! le Seigneur me délivre de sir Henry Vane ! Il aurait pu ('nqjt'cher ceci. iMais c'est un jongleur, et lui-mémo n'a pas la moindre honnêteté. » De Vane, il passa h Whitelock, sur qui il versa un torrent d'injures; puis désignant Challoner :aLh, s'écria-l-il, siège un ivrogne et apostrophant Marten et Wentworth: « Yoiik deux putassiers; » et ensuite, dioisissant différents membres tour k touT) il les dépeignit comme des gens de vie malhonnête et omompnOf comme la honte et le mndàle de ceux qui professaient TEvangile. Tout à coup, s^anètant, il se tourna vers la garde, et lui ordonna de foire évacua k (^mbre. A ces mots^ le colonel Harrison prit le préndent par la main, et Tôta du fauteuil : Algernon Sidney fut ensuite obligé de quitter son siège ; et les autres membres, au nombre de quatrevingts, se levèrent a l'approche des soMal<, et dirigèrent vers la porte. Alors Cronnvell reprit son discours : « C est vous, sécria-t-il, qui m'y avez forcé. J'ai prié le beigueur jour et nuit de
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me tner plutôt que de mUmpn<:or cotto tâche, L'alderman Allen pratttê de ces paroles pour faire Tobser? ation qu'il n'était pas enooTB trop tatd ponr défaire ce qui «fait été fàil; mais Cromwell aussitôt Tacousa de concussion, et le fit arrêter. Lorsqu'ils fùrent tous partis, fixant les yeux stir la masse : ce Que fer0n»-nous, dil-il, de cette marotte? Tenex, emportez-la. w Puis, prenant Tacte de dissolution des mains du greffior, il ordonna do fermer les portes, et, accompagné des soldats, il relom na h Whilohall.
Dans Taprès-mifii les membres du conseil s'assemblèrent dans le lien ordinaire de leurs séances. Bradshaw venait de prendre place au fauteuil, quand le lord général entra, et leur dit que s'ils étaient là comme simples particuliers, ils étaient les bienvenus; maisqae s'ils y étaient comme conseil d'état, ils devaient savoir que le parlement était dissous, et le conseil stpc lui. « Monsieur, it repartit Bradshaw aree Fénorgie d'un ancien Romain , « nous » avons appris ce que TOUS ayez faltoematinè'laehamhre, etdans V peu d^heures toute l'Angleterre le saura ; mais, monsieur, tous » êtes dans Terreur de croire que le parlement soit dissous. Aucun » pouToir sur terre ne peut le dissoudre, que lui-même. Ainsi » donc, songe7-y bien. » Après cette protestation ils se retirèrent *.
Ainsi, de la main parricide de ses propres enfants, périt ce long parlement qui, sous ditTérentes formes, avait, depuis plus do douze ans, défendu et envahi les libertés delà nation. Il tomba sans résistance ni murmure, sans être plaint ni regretté. Les membres se retirèrent chez eux, oh ils tAchèrent, par leur soumission, d'acheter la clémence de leur noureau ma!^; et leurs partisans, s'ils eh ayaient, se réserrèrent en silence pour le joar de la rétribution, qui ne vint pas ayant que Cromwell fût endormi dans sa tombe. Les royalistes se félieitèrent entre eux d'un érénement qn^ils regardaient comme un acheminement à la restauration du roi. L'arméeet la marine déclarèrent dans de nombrenses adresses qu'elles voulaient vivre ou mourir, combattre ou succomber arrec le lord général, et dans toutes les parties du royaume les congrégations des saints gloi ifièrent le bras du Seigneur, qui avait brisé les puissants, alin qu'au lieu de la domination d iiommes mortels, c( la cinquième monarchie, règne du Christ , pût être établie sur »la terre ^. »
1. Voy« le« dtrers récits d«&s Whitelock, 554. Ludlow, ii, 19, 99. Joum. do T.('i( estor, 139. Hntohiiiioii, 381. Skfferai Ptoeeedingt, n* iSS, et Journal
de Burton, m, 98.
3. Wluteiookj Poj^ittra d'iùtai de MiUoO) 90>S7. ËIU», seconde st^
rte, m, 368.
m HISTOIRE D'ANGLETERRE.
Ce serait cependant être injuste envers la mémoire de ceax qai
exercèrent le pouvoir suprême après la mort du roi, de ne pas reconnaître qu'il existait parmi eux des hommes capables de diriger avec énergie les destinées d'un grand empire. Ils ne gouvernèrent que quatre ans, et î)ourlant sous leurs auspices les conquêtes de rirlandc et de PEcosse s^acbevèrent, et on créa une marine rivale de celle de Hollande, et la terreur du reste de TEurope ^ Mais il existait un vice «essentiel dans leur forme de gouvernement. Les assemblées délibératives sont toujours lentes dans leurs mesures ; néanmoins le bon plaisir du parlement, comme pouvoir suprême, devait être obtisnu pour tous les objets relatifs aux affaires étrangères, ou k Vadministration intérieure du pays, et il en résultait que dans Timmense variété de questions qui lui étaient soumises, celles qui étaient jugées dMne immédiate nécessité exigeaient une attention immédinte ; tandis que les autres, quoique souvent de Ici plus haute importance pour le bonheur de la nation, étaient d'abord remises, puis négligées et enfin oubliées. C'est peut-être a cette h<d)iliide de remettre au lendemain qu'il dut la perte de son autorité. File trompait les espérances du pays, et fournit à Cromwell Targumeut le plus plausible pour justitier sa conduite.
Les principales mesures parlementaires jusqu'à cette époque ont été indiquées dans les pages précédentes. J'en ajouterai qu^ques autres, qui peuvent être jugées dignes de Tattention du lecteur. On se plaignait de ce que, depuis Tabolition des tribunaux spirituels, les péchés d'inceste, d'adultère et de fornication s'étaient multipliés, par suite de Fimpunité avec laquelle ils pouvaient se commettre ; et k la prière des saints, on en fit des crimes justiciables des cours criminelles, et punissables, les deux premiers, de mort, le dernier de trois mois d'emprisonnement '[6 mai 1650]; mais il fut prédit alors, et l'expérience conlirma la prédiction, que la sévérité de la peine détruirait Teffet de la loi; 2° on ne présentait guère de pétition qui, entre autres choses, ne sollicitât pas la réforme des cours de justice, et la chambre, après plusieurs longues discussions [8, 22 nov.], consentit à une mesure qui devait n'être que le précurseur de plusieurs autres, à savoir : que les codes seraient écrits et les procédures dirigées en langue
I. «; Nous uvions l'iulentiou, » dit Scot, « de nous en aller sur la bonne bouche; mais nous restâmes poar finir la guerre de HoUande. Nous aurions pu les ame* lier à ne fiiirc iiirim :\y<'c ikmis : leurs ambassadeurs désiraient une coalition. Ceci, nous aurions pu le laire en Quatre ou cinq mois. Nous n'en demandions pas pins pour être ûiftrea du monoe entier. Joamu de Borlon, m» 119.
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anglaise * ; 3" les cliarges ûo la n'[)iibliqiio , qui provenaient do guerres continuelles sur mer et sur lerre, liaient si énormes, que les questions de linances occupaient continuellement Tattention de la chambre. Il y avait quatre sources principales de revenus : les douanesi 1 accise, la vente des rente» de cense^ des terres de la couronne, et de celles appartenant anx évêques, aux doyens et aux chapitres, et le séquestre et la confiscaUon des biens des papistes et des délinquants. Les ordonnances relatives à ces deniers avaient été rendues dès Tannée i6A3, et dans le cours des sept années suivantes la moisson avait été faite et recueillie; cependant il restait encore h glaner, et en 1650 [*22 janvier] on adopta un acte pour la meilleure ordonnance et administration de ces biens ; on découvrit des omissions et des l éticences, et dans nombre de cas on imposa dos amendes proportionnées. Kn 1651 ; 16 juillet] soixante-dix individus, la plupart d'un rang élevé, tous d'une grande fortune, qui avaient imprudemment manifesté leur attachement h la cause royale, furent condamnés à la contiscatioa de leurs biens, immobiliers et mobiliers, au profit de la république. La marche funeste de Charles sur Worcester donna lieu k une nouvelle proscription en 1652 [4 août]. On choisit pour victimes d'ab(ffd vingt-neuf , et ensuite six cent quatre-vingt-deux roya* listes ; il fut décrété [18 nov.] que ceux de la promise classe perdraient tous leurs biens, tandis que ceux de la seconde conservèrent le droit de [Hréemption an taux d*utt tiers de la valeur nette, à payer dans les quatre mois 3.
Sous le dernier règne, tant que les presbytériens conservèrent la prépondérance dans le parlement, ils maintinrent de tout leur pouvoir Tuniformite de culte et de doctrine. Le clergé do TEglise établie fut chassé de ses bénéfices, et ceux qui professaient la foi catholique furent condamnés à perdre les deux tiers de leurs propriétés ou à abjurer leur religion ; et la prouve de non-conformité ne dépendait plus , comme autrefois , de la marche lente de la dénonciation et de la conviction : le simple soupçon suffisait aa séquestre pour se saisir de sa proie, et on répon-