‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 150 sur 276 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

SCS gardes, qui le siiivaioiit en toute hâte, et transporté h Whitehall ; Thurloe sauta par la portière de la voiture, et en fut quitte pour une foulure à la cheville cl de fortes contusions. Tous doux gardèrent pendant longtemps la chambre ; mais beaucoup de gens pensèrent que c'était autant par politique que par indisposition. Les cayaÛers s'amusèrent à prophétiser que , si la première chute avait été d^un carrosse, la suivante serait d'une charrette ; quant au public , l'explosion du pistolet lui révéla les terreurs secrètes qui assiégeaient son esprit , ce sentiment du danj^er, ces craintes d'assassinat qui sont la récompense habituelle de Tambition désordonnée qui a réussi ^

La violence si récemment faite au parlement et roccasion de cette violence avaient ouvert les yeux aux plus dévoués de ses adhérents. Ses protestations de désintéressement, ses appels solennels au ciel en témoignage de son désir de mener la vie d'un simple particulier, étaient comparés h sa conduite ambitieuse et arbitraire, et la chambre, quoique privée d'un quart de ses membres, contenait encore une majorité défiante de ses desseins , et jalouse de liqûter son autorité. L^accident qui avait mis sa vie en danger fit'naturellement réfléchir aux conséquences probables de sa mort, et, pour sonder les dispositions de la chambre, la question de la succession fut amenée a plusieurs reprises," sinon formellement. Les remarques qu'elle provoqua n'étaient guère ])ropres h encourager ses espérances ; cependant , lorsque les arrangements préalables eurent été faits, et toutes les créatures du gouvernement rassemblées [13 cet.], Lambert, dans un discours long et étudié , détailla les inconvénients de l'élection, les avantages de l'hérédité , proposa que la charge du protecteur fût limitée à la famille d'Oliver Cromwell, conformément à la loi d'héritage connue. A la surprise et k la mortification du parti, la motion fiit repoussée par deux cents voix contre quatre-vingts ; ot il fut résolu qu'à la mort du protecteur, son successeur serait * • f huisi par le parlement , s'il siégeait alors, ou par le conseil en Tabsence du parlement 2.

1. Heath, 363. Thurloe, 11, 652, 653, 672. Ludlow, 11, 63. Vaughan, i, 69.

2. Thurloe, i, 668, 681, 08'.. Whitel. 607. Journ. 30 nov. Quoique la chambre fût journellement occupée do l'importante question du gouvernement , elle trouva le loisir de s*eiiquérir des opinions ihéologiques de John Biddle, que l'on pont appf'lor le père des unit;»iri(Mis anglais. Il avait été emprisonné trois fois par le long parlement, et fut entin délivré par l'acte d'oubli de 16Ô2. La réimpression de ses opinions attira l'attention du parlement actuel. Aux questiotti que loi poea le iptéàkàmïi, il répondit qu'il ne trontait nulle part dans

Cette expprleiMie avait suffisamment prouvé los sontinients de la majorité. Sentant, toutefois, leur faiblesse relative, ils eurent soin de ne donner à Cromwell aucun sujet palpable d^offense. S'ils nommèrent des comités poiir réviser les ordonnances qu^il avait publiées, ils feignirent de les considérer comme des tèglemonts purement provisoires pour tenir lieu de lois jusqil^ci la rentrée du parleuu^nt. S'ils examinèrent en détail les quarantedeux articles (le a rinsIninuMit, )) s'ils en rejetèrent quelques-uns et en amendèrent d'auln s, l' un s mains profanes s'abstinrent do ceux qu'il avait déclarés saerc^s, a les quatre colonnes immuables sur lesquelles reposait la nouvelle constitution. » Cromwell , de son côté, ne dotinait aurun signe d'impatience, mais attendait tranquillement Tinstant oîi il avait résolu de rompre les desseins de ses adversaires. Ils procédèrent à la révision de et Tinstrument * » leurs travaux furent réunis en un bill , et le bill fut lu une troisième fbis [19 janvier 1654]. Rendant deut jours, le parti de la cour prolongea la discussion en proposant divers amendomeuts; le troisième [22], Cromwell convoqua le parlement dans la chaml)re [M'iuto. Le mécontentement et le mépris étaient peints sur sa pb} sionomie, et le ton de hauteur et d'incrimination qu'il prit leur fit sentir combien les représentants du peuple étaient inférieurs au représentant de Tarmée.

Ils se présentaient, dit-il, le président h leur tôle, comme chambre du parlement. Cependant, qu'avaient-ils fait comme parlement ? n ne s^était jamais donné , il ne se donnerait jamais pour orateur ; il leur dirait donc franchement qu^ils n'avaient rien fait. Depuis cinq mois, ils n^avaient pas adopté un bill, pas fait une adresse, pas eu une comuumication avec lui. En ce qui les concernait , il n'avait rien a faire qu'h prier Dieu d'éclairer leur esprit et de bénir leurs travaux. Mais n'avaient-ils donc rien fait ? Si : ils avaient encouragé les cavaliers h couiploter contre la république, et les niveleurs n intriguer avec les cavaliers. Par leurs dissensions, ils avaient aide les fanatiques à jeter la nation dans le désordre, et, par la lenteur de leurs mesures, ils avaient

l'Ecriture que le Chrisl ou le Saint-Esprit fût appelé Dieu; et on décida qu'il serait enfermé à la Gatehouse, et qu'on préparerait un bill pour le punir. La dissolution lui sauva la vie, et, s'étaâit mené à la cour supérieure, il recouvra lîi liberté; mais il fut arrêté de nouvoau en 1<!55, et envoyé à l'île de Scilly pour être enfermé toute sa vie au chAte.iu de iSaintc-Marie. Cromwell le remit «aliliwté en 1658; mais il fut de nouveau enypjé à Newgate en 166$, et U j mourut Umèm'< inne«<. Voyez Vita Bi4Hli,Vmé$éi Jour»> 18t ISdée. 1664) W'ood, ni, et Biog. Brit.

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