‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 167 sur 276 · Jonm. de Burton · texte numérisé non relu

Jonm. de Burton

404 HISTOIRE D'ANGLEÏEKKE.

violemiiumt porté à la barre. Mais, quand Tordre fat rétabli» il se trouva soutenu par Broghill, Whitelock et Glyun, et, avec eux» par toute la masse des hommes de loi et des créatures de la cour. Go lut récrit ; il était intitulé : « Humble adresse et remontrance, » protestait contre la forme existante de gouvernement, doFit la sûreté dépondail de Fodieuse institution des majors-généraux, et demandait que lo protecteur prît un titre plus élevé et gouvernât, comni»' on avait fait dans le passé, avec l'avis de deu\ chambres de parlement. L'opposiliun (elle se composait des officiers supérieurs, dos membres influents du conseil et de quelques représentants de comtés) suscita toute espèce d^obstades aux partisans de Tadresse; mais elle fut vaincue par le nombre; la chambre discuta successivement chaque article^ et le projet entier finit par être adopté [25 mars], mais avec rémission du mot remontrance» et sous le titre amendé de <x Humble pétition et avis »

Tant que le parlement fut saisi de la question, Cromwell garda en public la contenanro d'un homme qui n\aurait pas été intéressé au résultat ; mais en secret il était tourmenté par les reproches do SCS amis ot pai- les craintes de sa conscience. Il voyait pour la iircmicro fois rcuiiis contre lui les hommes qui l'avaient appuyé dans les différentes phases de sa vie, et qu'il avait attachés à ses intérêts par des mariages et de l'avancement. A leur tête était Lambert^ le commandant de l'armée d*Angle* terre, Tidole des soldats, et le premier après lui en autorité. Puis venait Desborough, son beau-frère, et major-général dans cinq comtés, et Fleetwood, mari de sa fille Bridget e*t lord-député dïïrlande^. Lambert, dans une réunion particulière dWflciers, proposa de faire avancer cimi rcgiments de cavalerie, et de forcer la chambre a confirmer « Tinslrumont et Tinslitution des majors-généraux. » Ce liardi conseil fut approuvé; mais le lendoinaiii matin ses collègues, qui avaient consulté le Seigneur dans leurs prières, résolurent d'en diflerer l'exécution jusqu'à ce qu'ils se fussent assurés de l'intention réelle du protecteur; et Lambert, averti par leur indécision , ne prit plus aucune part à

1. Journ. 19 janvier; 91, 2.?, i»!. ■?- févrior. Thurloe, VI» 74» 78. WhlteL 685,

fifiC. Ludlow, iT, 128. Journ. de liurton, m, IHO.

ii. Desborou^'h et Flcetwood passèrent du Collège des Jurisconsultes dans l'armée. Le premier épousa Anne, sœur du protecteur, le second, Bridget, sa lUle, et veuve d'Ireton. Suspectant ses principes, Cromwell le retint en Angle* terre, tandis que Henry CromweU, avec le rang de major général, avait le gOQvernemcut de l lrlaudê. Noble, i, 103; il, 343, 33G, 338.

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leurs réunions, mais observa en silence le cours des cvciicnients Les deux autres» au contraire, persévérèrent dans la plus active opposition, et ils ne se laissèrent pas séduire par les artifices du protecteur qai derani eux parlait arec mépris de la couronne comme d'un pur hochei, et de Pack et de ceux qui Tappuyaient comme d'enlànts aunpids il serait prudent de laisser un «grelot 2. »

L'opposition marquée de ces hommes avait donné de Péucrgio aux ofiiciors inférieurs, qui so formeront on consoil pormaïKMit sous les yeux mémos do Cromwell, votèrent contre le changement proposé, et, au nombre de cent, se rendirent auprès do lui pour lui faire conoaitre leurs sentiments ^ [28 février]. 11 répondit qu'il y avait eu un temps où ils ne trouvaient point à redire au titre de roi ; car Tarmée le lui avait offért avec Tinstrument primitif de gouvernement. H Pavait rejeté alors et n'en était pas plus amoureux maintenant. H avait toc^ours été. le a valet » des officiers, il ayait fait la besogne dont ils Tavaient chargé^ et avait sacrifié ses opinions aux leurs. Si le parlement actuel avait été convoqué, c'était contrairement h ses idées personnelles; si le bili, qui était si préjudicialib^ aux majors-généraux avait été soumis h la chambre, c'était contrairement à son avis. Mais les ofliciers avaient trop compté sur leur force ; le pays demandait qu'on mit fin à toutes mesures arbitraires; le châtiment de Naylor prouvait la nécessité de mettre un frein aux actes judiciaires du parlement, et on n^y pouvait parvenir qu'en in* vestissant le protecteur d'un surcroit d^autorité. Cette réponse fit plusieurs prosélytes; mais la majoritéVen tint obstinément -à sa première opinion K

Et cet esprit ne régnait pas seulement dans Farmée : dans toutes les assemblées, on entendait soutenir que relever la monarchie, c'était se condamner soi-même, se reconnaître coupable do tout le sang qui avait été répandu pour la renverser. Mais nulle part cette proposition n'excitait une plus profonde horreur que dans les conventicules des hommes de la cinquième monarchie. Dans leur croyance, le protectorat était une impiété, la royauté une usurpation saciilége de l'autorité qui appartenait au seul Roi,

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