‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 19 sur 276 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

daise, mais pour la retenir dans llle. Le souTerain réclamait ses services. H arait de noinbreQxgrie& contre ses sajets d'Angleterre et d'Ecosse; c'était ani Irlandais à manifester leur attachement

à sa personne, et, en se ralliant pour la défense du trAne, h empocher la destruction de leur religion. Des callioliqucs du paie, ils se tournèrent vers les chefs de mster, qui, déjà deterniinrs h tirer répée, n'avaient pas besoin de leurs exhortations. Celte nouvelle fut pour eux un sujet de triomphe ; ils approuvèrent le dessein do surprendre le château de Dublin, et promirent non-seulement de cocîiérer à Tentreprise, mais d'attaquer le même jour la plupart des garnisons anglaises dans les comtés du nord.

Après bien des consultations secrètes, Ântrim et ses amis résolurent de remettre rinsursection au jour de l'ouv^ture du parle* ment, dans le mois de novembre, afin de s'assurer k la fois du château et de la personne des lords justiciers, et de publier une déclaration au nom des deux chambres, portant que le pciijtlc irlandais voulait maintenir le souverain dans la possession de Ions les droits légitimes du trône; mais les délais ne s'aerordaient pas avec le caractère plus bouillant des anciens Irlandais, dont l'impatience était stimulée par les exhortations de Moore, et qui se pmuadaient qu'une fois qu'ils auraient commencé, le pale sui- Txail leur exemple. U avait été couTenu précédemment [26 sept.] que le moa?em«it combiné se ferait le 5 octobre ; ils résolurent maintenant de le faire eux-mêmes le 23. Le matin du 22, plusieurs des chefs se rendirent à Dublin ; mais il en manquait beaucoup, et sur deux cents honmies de confiance désigr és pour surprendre le château, il ne s'en présenta que quaire-vingts. Ils se décidèrent à attendre jusqu'au lendemain soir l'arrivée de leurs confédérés, et durant la nuit, le complot fut trahi par Owen O'Conolly à sir William Parsons. Quoique les portes de la ville eussent été fermées immédiatement, les principaux conspirateurs s'échappèrent, à l'exception de lord Macguire et de Macmahon^.

Leurs conférés de l'Ulster, ignorant la découYerte du complot, se soulevèrent au jour marqué. Chariemont et Dungannon furent surpris par sir Phelim O'Neil à la tête de son clan ; Mountjoypar O'Quin; Tauderage par O'Hanlan, et Newry par Macgin-

1. Voyez, pour la plupart de ces détails, lardalioii de Maegtnreaans Bor^ lase, Âfp» 9, et Nalson, 643-555. Il cache peut-être certaines cIiom s ; mais je n'ai aacan doute de son exactitude dans ce qu'il dit : ce (lu'il rai porte dt s intrigues def officiers confirme fortement l'information de lord Autrim. Consultes «nstl la lettre des lords jusUden et le témoignage de OonnoUy dana les Journaux des Lorda, 41SM16. «

38 UISrOIUE D'ANGLETERRE.

fiis. Daoé te cours de la semaine tout le pd^ys odtëft dails lé T7toiie , le Monaghan , le Lotigtord ^ le Leitrim , le Feir^aziagh , lë CaTan , le Donegal, le Dory et partie du Down , étaient en leur poutoir. Les indigènes des autres comtés colonisés suiriteiit bientôt cet eterfiple, et par de^rrés l'esprit d'insubordination et de révolte s'insinua dans les districts les plus tîdèles et les plus paisibles. Cependant les insurgés n'étaient encore que des bandes tinnultuousos de voleurs, pour la pliijtart sniis armes, qui se levaient en masse, pillaient quelque colonie voisine, et revenaient chei eux partager le butin. Toutes les fois qu'ils étaient rencontrés par des hommes armés, ils évitaient le combat, ou payaientxher lotit* témérité : leurs ennemis nO faisaient aucun quarti^, et pendtfiit lé mois dë noTembre sir Pii^im 0*Néil essuya plusieurs petteê bonsidérdbles

Soit (Jue les lords justiciers se sentissent au-dessous du poste qu'ils occupaient, soit qu'ils permissent à l'nîsurrecticuî de grossir, en vue îles confiscations qui devaient résulter de sa répression, ils ne déployèrent aucune énergie contre les rebelles, et guère plus de commisét-ation pour les soutTrances des loyalistes. Ils expédièi-ent un tapport aU roi et aU lord lieutenant, fortifièrent la Tille de Dublin, et, en sûreté dans so<: mturs, ils atteddirmit qii^il farhTftI dés secours d' Angleterro. Pendant de temps le pajs ourert était iibànddUné à la merci des insurgés, qui, se rappelant leurë injure^ et deltes de leurs pères, tondaient sur les ooloniës anglaisés, se Saisissaient des armes et des objets mobiliers des habitants, et tendaient les terres aux anciens propriétaires ou à leurs descendants. Les fugitifs avec leurs familles cherchaient en foulo un asile dans les garnisons les plus voisines, où ils languissaient, accablés de toutes !< > misères que cet état de déuûment soudain dotait tiécessaiiement produire ^«

1. Voyez les lettres daas l'Ormond de Carte, m, 3iJ, 39, 40, 44. «On n'entendit jamais parler d*uhe guerre pareiUe : il n'y a pas àe chef; une paroisse en pille uno autteî tevit^nt chez eUo partager le butin, et tout est fiiii ; et cela par un^ troupe de vauriens tout nus. > ibid. 47. Aussi les Mémoires de CUÛunLcami 6, 35, 36, 38. ' ^

St. «La partiè colonisée de Leitrim est tout en combustion; et ils ont pris tottléi les viUes, à l'exception de trois places fortes. Us ont rétabli 0'B«Qrkei vu que c'était j.adis la contrée d'O'Bourke. >■> Clanricartle, 17. . Bien qu'il n'3' an aucun seigneur du roj^aume qui agisse , ni aucun iiomme de qualité d'extraction aagluse, et que beaucoup d'anciefiis Idmidais tiennent Dsrine, cependant telle est l'étrancre défiance de ce temps et la lenteur avec laquelle on procède' que nous devons nous attendre à être détruits par des iKnnmes furieux et effrénés, n'ayant aucun moyen de défense, et beaucoup d cutrc nous étant en proie à de telles terreurs paniques, que les places fortes sont AbSlIlloiUléês mistance. » Page 89. voyex note (Â) à la ân du volume.

Pour jiutiflar Im midul^a, Im okdb nbeUmi {mUièvenl u«o déclaration fKurtant qu'ils avaient pris les armes pour soutenir la prérogatîTO royale, et défendre leur religion eontre les machina-*

tiDiis d'un parti du parleiucnt anglais, qui avait envahi les droits de la couronne, intercepté les grâces accordées par le roi h ses sujets irlandais, et sollicite en Irlande dos sigualiiros {joui- iiiio pétition tendant à la destruction totale de Tépiscopat proleslant et du culta cathoUquA. £n même temps, pour animer ek^mulUpUer leurs partisans, ils produisirant une iauase (ommission du roi, qui les autorisait èi avoir recoursaux armes» et une lettre d'Eeosfe, fpù aonontati la prochaine arrivée d'une armée de oovenantaires, venant, la BiUe d'une main et Tépée de Tautie» convertir ou dé» tmire les papistes idolâtres d'Irlande ^

Charles, après aToir donné communication de cette nouvelle au parlement écossais, et nommé le comte d'Ormond commandant des troupes dlrlande, revint en Angleterre. La sévérité des peines que le parlement venait d'intliger aux délinquants, peines qui n'étaient guère moins répréhensibles que celles de la chambre étoilée qu'il avait abolie» et sa néfl^ence à rembourser l'argent ^'il avait emprunté aux dtoyans , avaient causé dans la capitale une finie véaiâîon en faveur du roi. A son entrée il fut reçu proeessionneUement par le lord-maire, les dieriffii et les principaux citoyens; et après avoir dîné en public à Guildhall, comme il rentrait au palais, il fut salué do vives acclamations par les spectateurs [25 nov.]. Cette manifestation de loyauté lui lit hïm augurer de rattachement de ses sujets, et supporter avec plus de courage les nouvelles mortifications que lui avaient préparées ses adversaires au parlement. Us avaient depuis peu remarqué une défection alarmante dans le nombre de leurs adhérents, et ils voyaient q[ue les lu>mommiodérés, satisfaits des sacrifices déjà faits par leloi, 0(»uneBfNent k réclamer contre tout nouvel en^déteinent

1. Xnlson, II, oTi^, 5'1 . La commission supposée est ilnns Rushworth, iv, 400. L'autljenticité en a été contestée par les amis de Charles et uliirraee par ses enoemis. le n^héiite pas à la décUrâr Umm, Les relies ne TinVoquèrent jamais dans aucune de leurs remontrances ou de leurs apologies, et elle contenait des clati'^ps que le roi n'aurait jairinis autorisées; comme par exemple un ordre aux Ciiliioliquei. d' arrêter et saisir les meubles , terres et personnes de tous les protestants anglais. — Je dois ajouter ici que le voyage du roi en Ecosse fournisaux chefs poi'ul iirf's unf occasion d'empiéter sur la préri»-' i!i\ c royale. Les chambres* comme si elles étaient dert-uues indépendantes, donnèrent dtîs ordres tà oà elles n'auraient âii procéder que i)ar rôle de pétition : et dans ces ordres elles Introduisirent bientôt le mot ordaiji, les appelant ordonnances, eî fournissant ainsi des précédents pour retahlissenicnt subséquent de lois sans rassentiment royal. La première ordonnance fut pour la nomination de com-

mlsMÔrst atoprès dn ri^ en Ecosse, SOsyoat. L. 87S.

40 niSTOlllE O'ANGLLTKHK .

sur Tautorité royale. D'un autre côté, l'incideat d'Ëoosie, lea secrets avis des commissaires dans ce royaume, et la cwtitode que Charles avait été informé de ieurs intrigues clandesHiies avec Far-

mée dUnvasion, leur prouvaient qu^ils avaient été trop loin pour espérer leur par(l(3ii, et (iii'un autre gage était nécessaire pour les préserver de la vengeance du monarque offensé. Afin d'exriter une ferle sensation, et de préparer Tesprit public à leurs [)r()ehaines demandes,- ils résolurent de présenter au roi une remontranic sur rétat de la nation. £U6 commençait par affirmer Texistence d'uno coalition de papistea jésuites , d'éyôques , d'ecclésiastiques corrompus et de courtisans intéressés, dkmt le but commun était de détruire les lUiertés de rAngleterre; puis suivait uHe longue énumération de tous les griefe réds ou imaginaires qui avaient excité des plaintes depuis la mort de Jacques. A celle-ct succédait une liste des divers remèdes qui avaient été déjà apportés par la sagesse du parlement, ou qu il avait en vue, et le tout se terminait par la plainte de ce que les efforts des communes étaient généralenjent paralysés par les intrigues d'une faction malveillante qui entourait le trône, et par la ligue des lords papistes avec les évoques mécontents^ qui formaient un parti si puissant dans la chambre haute. Cette remontrance rencontra une vigoureuse oppositioU) et elle ne passa qu'après une discussion de douze heures, et seulement à la majcnîté de onze voix. Mais les patriotes eurent soin de poursuivre leur victoire. On dé<»éta [1** déc] qu'elle se* rait présentée au roi k son retour, et qu^elle serait imprimée, pour rédificalion du peuple. Charles, quoique offensé, ne fut pas surpris de ràprcté de son langage, ni de la faiblesse de ses allégations; mais il vit dans la publication une insulte d'un nouveau genre, un appel de Téquité du souverain aux passions des sujets, et il déclara, dans une réponse éloquente, mais modérée, due à la plume de Hyde, qu'il n'avait jamais refusé Tassentiment royal à aucun bill qui lui avait été présenté pour le redressement des abus; et que, de même qu'il avait garanti jusqu'à présent les justes droits de tous ses sujets, il les maintiendrait à l'avenir. 11 n'avait aucun désir de protéger de mauvais conseillers; mais le choix de ses ministres était un droit qu'il n^abandonnerait pas. S'il était des gens qui voulussent attenter h sa réputation et h son autorité, et amener les maux de Fanarchie et du désordre, il espérait, avec Taide de Dieu et de sou parlement, confondre leurs desseins et les en punir ^

1. Rushw. IT» 48S, 459. Jbum* 93 noy. 9, 3 déc. Clar. t, SlC-SSS, 886. >

Page 1