‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 192 sur 276 · HISTOIIŒ IVANGLETEUUE · texte numérisé non relu

HISTOIIŒ IVANGLETEUUE

Pourquoi, demat)dai(>ni-ii8, devaient-ils quitter leurs quartîm pour faire place à des étrangers? Pourquoi deyaienMls être ren- Toyés de la capitale, lorsque leur solde était arriérée de plusieun semaines? Les royalistes s^eilbrçaient d'irriter les mutins, et

Lambert était aux aguets, préparé è se mettre à leur tête ; mais la distribiaiou d'uno somme d'argent apaisa leurs murmures; ils consentirent à se mettre en marche, et, le lendemain matin [3], le génénd 11 1 son entrée h la t«'te de son armée, et se rendit aux quai'tiers qui lui étaient assignés à Whitehall

Peu après son arrivée, il fut invité à venir recevoir les remerclments de la chambre. Un siège avait été placé pour lui en dedans de la barre [6] ; il se tint debout derrike , la téte découverte ; et , dans sa réplique au préiddent, il raliaissa ses propres services, exposa les réponses qu^il avait (àites aux adresses, avertit le parlement de ne point multiplier les serments et les engagements, les pria de ne donner aucune part de pouvoir aux cavaliers ou aux fanaticpies, et reconniianda h leurs soins Torga- • nisaliuii de l'Irlande et radtninistratiou de la justice en Ecosse. S il y avait dans ce discours beaucoup de choses faites pour plaire, il y en avait beaucoup aussi qui blessèrent* Scot fît la re- Qiarque que le serviteur avait déjà ap^s à d(mner des ordres à ses maîtres K

Comme membre du conseil d'état , il fut sommé d'abjurer la

maison de Stuart , conformément au dernier ordre du parlement.

. Il fit des difficultés. Sept des conseillers, ilt-il obser\'er, n'avaient poml encore abjuré, et il voulait connaître leurs raisons pour la satisfaction de sa conscience. L'expérience avait démontré que ces serments se violaient aussi aisément qu'ils se prêtaient, et c'était, selon lui, offenser la Providence que de jurer de ne jamais acquiescer à ce que la Providence pouvait ordonner. Il avait dionné les plus fortes preuveis de son dévouement au parlement : si elles n'étaient pas suffisantes , qu'on lui en démandât de nouvelles, il était prêt à les donner

1, Price, 755, 757, 758. Jauni. 30 janv. Skinner, i?ia-32L Philips, 594, 595, 59ti. Clar, Pap. m, GGG, 008. Pepys, i, 19, SI.

2. J(Wf».6fév. Nom, Hitt. Farlem. m, 1375. PhUips. 597. Price» 759, lie lord général Monk, son discours imprimé par J. Macock, 1660.

8. Gumble, 228. Price» 759, 760. Philips, 5S5. Vers cette époque, un paquet de lottros au roi, écrites par difrérentes personnes en difTérents chilTres, et confié aux soins d'uli M. Léonard, fut intercepté par Lockhari .à Uunkerque, et en- Toyépar lui au conseil. Quand on dit à ceux qui les •«raient écrites qn'eUes avaient été déohiftées, ils rirent d'abord de cette nouvelle comme d*iine ehese

(mmRE NEUVIÈME. ' 478

La sincérité do cette déclaration fut bientôt mise à répreuve. Depuis longtemps, le parti loyal augmentait dans la Cité, surtout parmi les presbytériens modérés. Aux dernières élections, le conseil de ville avait été rempli de membres d'une nouvelle espèce, et la déclaration qu'ils iireiit paraître demaQdait« un parlement complet et libre, conformément aux lois anciennes et fondamentales du pays. » Comme rassemblée qui siégeait à Westminster ne contenait aucun représentant de la Cité , il n*en lut pas question ; les taxes qu'elle ayaii imposées ne furent pas payées , et le conseil de yille, comme sUl eût été une autorité indépendante, reçut des adresses des comtés voisins et y répondit. Cette contravention, dans l'opinion des chefs parlementaires, demandait une punition ]n{)ni|)le et exemplaire, et il fut artificieusement sug^^éré qu'en faisant de Monk le ministre de leur vengeance, ils le brouilleraient avec leurs adversaires. A deux heures après minuit [9 février] , il reçut Tordre de se rendre dans la Cité , d'arrêter onze des princ^ux citoyens, d^enlever les poteaux et les chaînes qu'on avait récemment posés dans les rues , et de détruire les herses et les portes. Après un moment d'hésitation , il résolut d'obéir plutAt que de risquer de perdre sa commission. Les citoyens le reçurent avec des huées et des sifflets; les soldats murmurèrent; les officiers offrirent leur démission. Il répondit simplement que ses ordres ne laissaient rien à sa discrétion; mais cette réponse fut faite d'un ton sévère et d'un air sombre qui montraient, et probablement avaient* été pris pour montrer qull agissait ayec répugnance et remords ^

que les poteaux et les chaînes furent enlevés, Monk, dans uue lettre au préâdent, émit l'c^inion qu'on en avait fait assez pour dompter Fesprit récalcitrant des citoyens. Hais les chefe pariementaires n'étaient pmnt encore satisfaits : ils votèrent qu'il exécuterait ses premiers ordres , et la démolition des portes et des herses s'effectua. Les soldats proclamèrent hautement leur

impassible; mais ils furent bientôt détrompés par le déchifTrcur. tini leur ohvoya, par le fils de l'évèquo d'Kly, lu copie de leurs lettres en chillres, avec une explication interlinéaire exacte do cliacune. Ils furent étonnés et alarmés ; et, pour se soustraire aux coiuéquences de la décourerte, ils achetèrent de lui deux des lettres originales au prix de 3tK) liv. Comparez la Vie de Barwick, 171, et Ap^. 402, 412, 415, 423, avec la correspondance à ce sujet dans les Papiers Glarendon, III, 668, 681, 696, 700, 715. Depuis lors, toutes les lettres d'importance y assèrent par les mains de mistress Mary KnotchboUi abbesse du • couvent anglais de Gand.

] . Journ. 0 IV V. Triée, 761. Ludiow, 11,336. CZar. Pap. m, 674, 691. Gumble»

Skinncr, 231-237.

. mémlanlfliiml : le général , mortMIé et bonieux , quoiqu'il eût pour instruction do les mettre en quarlicis dàns la Cité, les ramena à W iiiti'li.'iU Là , en réllé< hissant h ce qui venait de se passer crut découvrir les preuves du dessein , d'abord de le couunetlre avec les citoyens, et ensuite do le mettre tout à fait h récari; car k cJuunbre, tanciia qu'il était si désagréablement occupé, avait reçu, avec une apparence de fayeur, une pétiUon du oéièiife IMw-tiod (Looe-Dieu) BarelNm, demanèuit qà^pm a'ad- Mil an pattamaQi m dans anemi emploi poUic fuiconque refii» aaîi d'abj urer les ftét&tkikmB de ClMurles Siuart ou 4e toute autee peraonne «eule. Or, c'était précisément le cas du général , et set soupçons furent conlii mes jtar les raisonnements de ses conseillers intimes. Avec leur assistance , une lettre au président fut préparée !<' soir même [10 février], et ap[>rouvee le lendemain matiîi par le conseil des officiers. Ces derniers s'y plaignaient d avoir été employés Gomme instruments d'un ressentiment per*iOBiiel contre les oiloyeas, et demandaient que le vendiedi sut- Yant tons les sièges Tacants de la chaidbre iosseni leupUs «Tant • " m dlsiointkwi el la eoiifocalâoii d^uB Boarea» parlement. Sans attendre de réponse , Monk retonma h Finsbary-Aelds : à sa requête , en convoqua un conseil de ville (ce corps avait été dia- i sous depuis peu par un vote du parlement), et les citoyens apprirent de la bouche du frénéral que si, la veille, il était venu parmi eu\ en ennemi par Tordre d'autrui, il venait aujourd'hui en ami de son propre mouvement ; que son objet était d'unir sa fortune à la leur, et d'obtenir pour la nation , avec leur aide, un parle* ment complet et Uinre* Ce discours fut accueilli par les plus yives aedamations. On sonna les doehes; on régala les soldats; nn àUnma des Inu de joie, et, entre antres dbectissw^ nuit, <m fit € rdlir le eronpîon, » plaisanterie traditkmnélln dnpnv longtemps en pratique dans la Cité. Scot et Robinson, qui avaient • ! été envoyés pour ramener le général à Whitehall, se sauvèrent en secret pour échapper à l'indignation de la populace \ \

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