‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 197 sur 276 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

aon des sentiromis du pays. Lasr^iibUcai&Sy les tuivaliers, les j^i^ièytériens ùteni tous leors eff<^ pour obtenir Féleelioii de membres de leur opinion. Des trois partis, le dernier eût été sans comparaison le plu0 paissant, si la division n^eût paralysé son

influence. Les plus rigides presbytériens, quoiqu'ils combattissent les avocats delà république comme étant des sectaires, s'opposaient également au retour du roi, parce qu'ils craignaient le rétablissement de Vepiscopat. Un bien plus grand nombre d'entre eux, qui continuaient de rester fidèles aux ligue et covenani solennels, se croyaient tenus par là même h replacer le roi sur le trône, mais a?ec les restrictions proposées lors du traité de File de'Wigfat. D^antres, et c'étaient les plus actifs et les plus influents, ne voyaient aucun danger h redouter d^un épiscopat modéfé ; et avides d'obtenir des honneurs et de ^avancement, ils tâchaient, par la ferveur de leur loyauté présente, de mériter le pardon de leurs fautes passées. Ceux-ci se joignirent aux cavaliers; leurs efforts réunis triomphèrent de toute opposition ; et dans la plupart des endroits, leurs adversaires ou reculèrent de* vant la lutte, ou furent rejetés par des majorités écrasantes K

Mais les républicains cherchèrent du secours d'un autre côté. Leurs émissaires pénétrèrent dans les quartiers des militaires, oh fis d^lorèrent la raine imminente de la bonne vielle cause, regrettèrent qa^on eût fait tant de sacrifices, r^ndu tant de sang en vain, et insinuèrent de nouveau aux officiers qu'ils perdraient les terres qu'ils avaient achetées, aux soldats qu'ils seraient licenciés et n'auraient pas leurs arrérages 2. Un esprit de mécontentement commença h se répandre dans plusieurs corps, et un grand nombre d'ofticiers se rendit à la métropole. Mais Monk, quoiqu'il Ht toujours profession d'être partisan du gouvernement républicain, se hasarda alors k prendre un ton plus hardi. La milice de la cité, au nombre de quatorze mille hommes, était déjà rassemblée sous ses oi:dres; il avait en pocbe une commission de Charles, qui le nommait lord-génÀal des armées des trois royaumes ; et il avait résolu, si les circonstances le forçaient h lever le masque, de proclamer le roi et d'appeler tous les sujets fidèles sous l'étendard royal. 11 ordonna d'abord aux ufliciers de

1. Thnrloe, vu, 860, 88t. Priée, 197. Lettre» de Carte, 11, 326. Clar, Pap. ni,

705, 714, 726, 7;M», 7;U, 733. 11 paraît que beaucoup de royalistes étaient trop actifs. « Quand on se plaignit à Monk, il s'en tira par une ]>laisanierie, disant que comme il y avait uu parti fanatique d'un cote, il y avait un parti frénétique de l'autre. >7S1, 7SS.

S. Thmloe, vn, 070.

m IIISTDIKE D'ANGLETERRE.

reioarner à leurs postes [9 mû] ; puis il fli présenter aux soldfttt la piomessede souiiiisaiaii au noiiYoaa parlemeot, et tout hommo qui refusa de la fure fol leiifojé immédiatement ^ £n mAme temps, les amis de la république résalttieiiid^oj^oser à lionk, Lambert, Tidele des soldats. Lambert, il est yrai, était prisonnier h la Tour, enfermé par onln» du conseil, parce qu'il avait refusé do (loiiiKM' cautinn de sn conduite paisible; mais h Taide dUino corde, il descendif par la fenêtre do sa chambre h coucher, fut reçu p.ir huit bateliers dans une barque, et trouva un asile sûr dans la cité. Les citoxens, toutefois, étaient trop loyaux pour écouter les suggestions du parti : il quitta sa retraite [13]^ se rendit k la hâte dans le Warwickshirey sollicita, mais en Tain, k eoopératiMi de Ludlow, rassembla parmi les régiments mécontents six compagnies de csTalerîe et quelques-unes d'infanterie, et espéra se voir sous peu de jours èt la tête de forces redoutables. Mais Inf^oldsby, qui, do régicide, était devenu royaliste, vint h sa reneoniro près do Davontry avec des forces égales [21 avril] : une coinpa^'nio de la cavalerie de Lambert, commandée ]»ar le jeune Hazlerig, passa a Fennemi; et les autres, lorsqu'il donna Tordre de charger, dirigèrent leurs pistolets vers la terre. L'infortuné général tourna bride aussitôt et s'enfuit. Ingoidsby le suiTit : la terre labourée donn» l'aTantage au obérai le plus fort ; le fugitif fat pris; et après un eflbrt infructueux pour éTeiBer la pitié de son ancien camarade, il se soumit à son sort. Il fat reooiH duit h la Tour au moment où les milices, les Yolontaires et les auxiliaires levés dans la cité passaient la revue du général dans Hydo-park. Les auxiliaires burent à genoux à la santé du roi; Lambert était alors traîné sous Tyburn ; et les spectateurs saluèrent avec des cris et des acclamations la disgrâce du prison* niera.

Le parlemeni-conTention (il fat ainsi appelé, parée qu^il n'a* Tait pas été conroqué* légalement) se réunit le Jour mnqiié» le 25 ayril. Les presbytériens, par une adroite manosuvre, por» tèrent au fauteuil sir Harbottle Grimstone, un des leurs; mais les

cavaliers, avec leurs adhérents, forinaionl une puissante majorité ; et le nouveau président, au Heu d'entreprendre d'arrêter le torrent, eut la prudence de s'y laisser aller. Mouk siégeait comme représentant du Devonsbire, son comté natal.

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