‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 205 sur 276 · Jwaï.dm4mx€ilmgû«t^.Bh0fMê9i · texte numérisé non relu

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UiÂPlTHË DIXIEME. 4%

B^ttODap de gens accueillirent cette amnisfie générale comme im bonheur national , propre à apaiser les dissensions et k réta- Mir la tranquillité; la grande masse des cavaliers la reçut atec des murmures et des plaintes. Elle trompait leurs plus chèrrs espérance? : ils so A'oyaiont laissos par oHo victimes de leur loyauté, sans réjiaratiim \un\i les injures qu'ils avaient essuyées, sans soulagement de la pauvreté h laquelle ils avaient été réduits ; tandis que, dans beaucoup de cas, leurs plus fortunés voisins du parti répul^Hcain conservaient la jouissance paisible do leurs richesses de fraîche date , fruit et récompense de la rérolte et de rinjttsttce^ Cda peut véritablement , s^écriaient-ils , s'appeler un acte d'oubli et d'indemnité , mais d'oubli de la loyauté , et d'Indemnité pour la trahison.

7* Leur mécontentement fut un peu apaisé par la scène tragique qui suivit, D<'[iuis des années, on avait eu soin de graver dans Tesprit de (lliarles que, connue fils, il ne pouvait pas pardonner le meurtre de son père; que, comme souverain, il ne devait pas conniver à rexécution publique d'un roi. Punir les régicides était, dans son opinion, un devoir sacré et indispensable^ et les exceptions établies par le dernier acte lui laissaient une ample latitude pour exercer sa Justice ou satisfaire sa vengeance sur le nombre primitif. Vingt-cinq avaient déjh été mis hors de te portée de tout tribunal terrestre, et dix-neuf avaient passé la mer pour échapper au sort qui les attendait dans leur patrie ^ Mais il en restait encore vingt-neuf, tous en prison, et plusieurs dVntre eux aussi couverts du sang du feu roi, et aussi criminels aux yeux du parti royal que les plus mal vus de leurs compagnons. Les fogitife furent condamnés par acte du parlement [9 oct.] ; les prt* eminiers iiirent traduits devant une cour de trente-quatre commissaûes.

La composition de cette cour était bien (Sntc pour intéresser la

1. TroÎB de ceux-ci, Whaley , Goflf et Dixwell, se cachèrent dans la NouveUe- Angleterre, où iU patsèrent leur rie dans une crainte continueUe a^H» couverts par les officiers du j > i , crnement. Il existe un récit iotéressant dû leurs aventures dans r Histoire de la baie du \Ta«sachusctts par Huntchinson, et dans l'histoire de ces «très-illustres et héroiuues défenseurs de la liberté, » publiée par Kzra Styles, S. T. D. LL. D., président du collège d'Yale ; Hartford, Etats-l'ris. ITîti. Trois autros, Corbot, Okey et Berkstead, furent arrêtés en HoUande| à riostance de Downing, et livrés par les Etats, en expiation de la manière dont ils avaient jadis traité le roi durant son exil. Ils furent exécatés en Wtu <1." r,.( t.' d'atiainâfr,, le 19 avril 1662. Ludlow, m, 82. Statê Trinh, v, I:î0l-l;ty5. l^M^J'^» 1V;iiitr«'s cherchèrent un refuge en

Suisse, où ils se crurent constamment eu dunuer d être assassinée des émis-

uim soudoyés te ooor tfAnglelem. hwBLùW, n\, iia-lSI.

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curiosité dos spectateurs, ou pour exciter réniotion des malheureux traînes h la barre. (Jue des cavaliers siégeassent coinnic jup's (le ceux qui avaient envoyé le roi a Téchafaud, on devait sy attendre; mais à cAté du chancelier, de Southampton et de râcholas , étaient assis Manchester et Robartes , deux des commaodanto parlemeiitaires; Say el HoUes, les chefs parlemeotaires ; Alkins el Tyml» jugea pailenie&taires ; Monk et Monta^ gue, deox dea lorda de (>omwen» et Ceoper, un de aea conseiHeiv les plus intimea. Ces hommes, a^ila n^aTaient pas de fait trempé leurs mains dans le sang du roi, avaient pris une part active aux événements qui avaient amené sa mort , ou avaient fortement soutenu les divers gouvernements révolutionnaires qui avaient exclu son fils et successeur du trône. Pour de telles offenses , ils auraient eu, dans d'autres circonstances y è défendre imt vie; mais ils ayaient (ait des protestations de repentir, et avaient élé choisis pour accomplir cette pénible tâche, afin de montrer Péten» due de la clémence royale et la sincérité de leur conversion.

La plupart des prisonniers cherchèrent à se rendre dignes de miséricorde par Tareu ingénu et repentant de leur crime ; les autres alléguèrent à leur justification qu'ils n'avaient eu aucune ujalveillance personnelle pour la royale victime ; qu'ils avaient regardé sa mort comme un acte solennel de justice nationale, et qu'ils avaient agi sous la sanction de Tautorité qui exerçait alors le pouvoir suprême dans la nation. La cour refusa d'écouter la seconde de ces excuses : il fut répondu à la première qu'adxyenz de la loi le fait était une preuve suffisante de la malveillance» et à la dernière qu^une assemblée irrégulière et illégale de vingtsix personnes, prétendant représenter les communes d^Angle* terre, ne pouvait être considérée comme Tautorité suprême de la nation.

Tous furent jugés coupables et condamnés k mort; mais il fut sursis il l i^xéculion de ceux qui s'étaient volontairemen livrés, et la question, conformément à l'acte d'indemnité, fut réservée à Texamen ultérieur du parlement. Les dix destinés au supplice étaient Harrison, Scot, Carew, Jones, Cléments et Scroop, qui avaient signé le fatal arrêt ; Gook, qui avait agi comme avocatgénéral dans le procès ; Axtele et Hacker, deux officiers qui avaient gardé le royal prisonnier, et Peters, le ministre, dont Féloquence chaleureuse et violente avait été souvent employée à préparer et à soutenir les acteurs de cette remarquable tragéilie. Lo langage do ces hommes, tant au tribunal qu'après leur cou-

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damnation ) offril des Craits du plus fougueux fanatisme. Four prouver la justice de leur cause, ils en appelèrent aux victoires

que le Seigneur avait données à leur épéc ; à leur Bible , qui enseignait le devoir de verser le sang de celui qui avait versé le sang de ses semblables, et à Tesprit de Dieu, qui avait manifesté n leur esprit que rexécution de Charles Stuart était un acte do justice nécessaire, un acte glorieux^ dont le bruit avait retenti chez la plupart des nations , et une reconnaissance solennelle de la haute suprématie que le Roi du ciel exerce sur les rois de la terre.

De pareils sentiments les soutinrent et les encouragèrent sur Féchafaud [13, 15, 16, 17, 19 oct.]. Lorsqu'on leur dit de se repentir, ils répliquèrent qu ils s^étaient repentis de leurs péchés, et qu'on les avait assurés du pardon. ÎMais ils n'osaient pas se repentir de la part qu'ils avaient eue à la murt du dernier roi ; car c'était offenser Dieu que de se repentir d'une bonne action. Ils étaient fiers de mourir pour une telle cause. Leur martyre serait le î^ectacle le plus glorieux dont le monde eût été témoin depuis la mort du Christ. Mais que ceux qui les avaient poursuivis tremblassent : la main du Seigneur était déjà levée pour venger leur sang innocent, et avant peu , la cause de la royauté ramperait devant celle de Tindépendance/ Ils proférèrent cette prédiction avec une assurance de pidphètes*, et se soumirent li leur destinée avec une fermeté de martyrs. Peters seul [larut s'effrayer h l'approche de la mort. Les exhortations de ses compagnons d'infortune ranimèrent son courage; un cordial énergique fortifia ses nerfs , et il rassembla assez de résolution pour dire qull se glorifiait de la causO; et qu'il défiait toute la fureur du bourreau ^.

Ces exemples ne satisfirent pas le ressentiment des royalistes, qui déploraient comme un malheur, que les plus odieux des régicides eussent échappé par une mort naturelle au sort ^e leurs complices. Il est vrai qu'ils avaient été condamnés; mais Tarret était le môme pour tous, tandis que la culpabilité plus grande de quelques-uns demandait des preuves plus particulières de répro-

1. Et l'on crut à la prédiction. D'après le journal de Whaley, de Goff et de DixweUyfl pôaft qu'ils regardaient 1 exécution des régicides comme le massacre des témoins prédit dans le Livre des Révélations, et que la prédiction d'une révolution en leur faveur devait s'accomplir dans l'aunee mystérieuse 1666. L'année passa, et leurs espérances forent déçues ; mais ils se consolèrent en se persuadant qu'il y avait une erreur dans la date de l'ère chrétienne, et que l'accomplissement do la pfoplkélio arriverait promptement. Voyez les Procès d'ctat de Ilowell, v, l3U;i.

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